Municipales 2020 : le maire d'Orléans Olivier Carré a-t-il vraiment tenu "92% des engagements pris" ?

Dans une conférence de presse tenue le 27 janvier, Olivier Carré affirmait avoir atteint jusqu'à "92% des engagements" pris avec les Orléanais par Serge Grouard, désormais son adversaire. Qu'en est-il réellement ?

Olivier Carré, maire d'Orléans
Olivier Carré, maire d'Orléans © Eric Malot / MaxPPP
En 2015, Olivier Carré, alors premier adjoint d'Orléans, reprenait les rênes de la ville après la démission de Serge Grouard, élu l'année précédente. En 2017, il était également élu à la tête de la Métropole.

Désormais à un peu plus d'un mois des élections municipales, Olivier Carré a tiré un bilan positif de son mandat, arguant que "92%" des promesses formulées en 2014 avaient été tenues. Des promesses qui étaient donc celles de l'ancien maire, désormais rival de l'équipe d'Olivier Carré pour l'élection municipales. Sans compter l'ancienne adjointe à la culture, Nathalie Kerrien, elle aussi dans la course.

 

Grands travaux, impôts et sécurité

Parmi ses 125 grandes propositions, le programme de 2014 entérinait l'abandon du projet Arena, et annonçait "une pause dans les grands travaux" au profit de la "rénovation des quartiers". Depuis 2019, la pause est bien finie. Au mois d'août, la Métropole a dévoilé l'avancement de dix-sept grands chantiers, dont le centre événementiel CO'Met et son budget de 110 millions d'euros. Pourtant, ces projets ont été lancés, à ce jour, sans augmenter le taux d'imposition, ni aggraver significativement l'endettement de la ville. Ce dernier, dont le taux approche les 1000 € par habitant, est plus faible que celui de Tours et reste loin du record régional de Saint-Amand-Montrond, à hauteur de 2872 € par habitant.

Du côté des quartiers, la restructuration de l'Argonne se poursuit, et de nouveaux éco-quartiers sont en projet, comme aux Groues et au Sanitas. En revanche, d'autres projets, comme la création d'un parking souterrain au théâtre et la solution des problèmes de circulation pour les vélos sur le pont Georges V, ont été abandonnés.

Côté sécurité, les promesses de renforcement des patrouilles et de vidéo-surveillance, chères aux élus de droite, semblent avoir été tenues elles aussi. Entre 2015 et 2019, la ville peut se prévaloir d'une baisse de la délinquance de proximité de 24,5%. L'agenda culturel de la ville a globalement été tenu, avec la mise en place de nouveaux festivals, comme le Roads Orleans dédié au street-art au mois d'avril, ou le salon du livre francophone en octobre.

 

L'environnement, l'invité surprise de l'élection 2020

A ces 125 grands projets s'ajoutent 400 "interventions de proximité", à savoir une vague de rénovations et de travaux à travers Orléans, comme la transformation et l'élargissement de la rue des Carmes. A mi-mandat, "30 à 40%" de ces dernières étaient accomplies, et le programme devait être "largement terminé" avant les élections. C'est en ajoutant ces interventions de proximité à 125 mesures proposées avant et pendant le mandat qu'Olivier Carré arrive à ces fameux 92% de promesses tenues.

Mais le sujet abordé seulement de façon marginale en 2014, et qui relativise l'impact positif de ce bilan, c'est la place occupée par les problématiques de l'environnement, amplifiée mondialement par le parcours de Greta Thunberg et les incendies historiques en Australie. Au micro de France 3, Olivier Carré évoque sa politique de logement et surtout la "rénovation thermique" des logements, notamment les plus précaire du point de vue énergétique, et "les mobilités, avec une place faite aux circulations douces, comme le vélo".

Pris à partie, comme les autres candidats, par l'association Alternatiba, Olivier Carré a signé le pacte de l'organisation écologiste en s'engageant sur certaines actions. L'écologie sera-t-elle un point déterminant de la campagne et, au-delà, du mandat du prochain maire d'Orléans ? Réponse d'ici un petit mois.

 

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