Réchauffement climatique : quelles températures en 2050 à Orléans, Tours, Blois ou Bourges ?

Après plusieurs vagues de chaleur enregistrées lors de l'été 2023, et jusqu'en octobre, sans compter la sécheresse qui persiste, le réchauffement climatique devient de plus en plus concret pour des millions de Français. Et nos paysages, comme nos modes de vie, sont sur le point de changer profondément.

Alors que doit s'ouvrir, le 30 novembre, la COP 28 à Dubaï, l'horizon climatique paraît bien sombre. L'année 2023 a été la plus chaude jamais mesurée à l'échelle du monde sur ses neuf premiers mois, battant une inquiétante floppée de records climatiques.

"L'effondrement climatique a commencé"

Avec une température mondiale supérieure de 1,4°C à l'ère pré-industrielle, nous avons été témoins de vagues de chaleur mortelles en Amérique du sud et en Inde, d'inondations monstrueuses en Libye et d'incendies jamais vus à Hawaï. Mais on n'a encore rien vu : la trajectoire actuelle nous emmène vers 2,5°C à 3°C, et le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu a estimé qu'il "fallait préparer notre pays à 4°C". Dans les termes du secrétaire général de l'ONU : "L’effondrement climatique a commencé. Notre climat implose plus vite que nous ne pouvons y faire face."

Plus près de chez nous, la France a été relativement épargnée malgré plusieurs vagues de chaleur et les inondations accompagnant la tempête Aline le 20 octobre. Mais il est certain que notre vie quotidienne sera durablement touchée par l'évolution des température, le changement des paysages et la montée des eaux.

Quelle température dans votre ville en 2050 ?

En Centre-Val de Loire, région enclavée peu concernée a priori par la montée des eaux, la température moyenne a déjà bondi de quelques degrés entre 1950 et 2020, et cela devrait se poursuivre. Dans la capitale régionale d'Orléans, l'écart à la normale en 2018 était de 1,4°C. Du jamais vu.

Et cette évolution devrait se poursuivre. Selon les projections DRIAS de Météo-France, la capitale régionale devrait passer d'une température de référence (mesurée entre 1976 et 2005) de 19°C à 21°C en milieu de siècle. Cela n'a l'air de rien, mais cela signifie que le nombre annuel moyen de jours "très chauds" (au-delà de 35°C) passerait de 1 à 3,7 et que la durée moyenne des vagues de chaleurs serait multipliées par quatre.

Dans l'infographie ci-dessous, vous pouvez également comparer ces chiffres à ceux des autres principales villes de la région.

L'autre certitude, c'est que la gestion de l'eau va devenir centrale, avec des phénomènes climatiques extrême plus fréquents, comme les inondations et la sécheresse.

"Il est possible qu'on vive une alternance de périodes de sécheresse intenses, et plus longues, et de précipitations hivernales intenses", indique Gonéri Le Cozannet, géologue du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) d'Orléans et co-auteur du rapport du GIEC de mars 2022. "Ce qui va avoir un impact à la fois sur les écosystème d'eau douce et sur notre propre utilisation de l'énergie nucléaire, qui a besoin d'eau." Or, chaque dixième de degré de réchauffement climatique rendra ces phénomènes plus intenses. Les grandes crues, comme celle de 2016, deviendront normales.

De fait, ce n'est pas seulement le bouleversement climatique lui-même qui va modifier nos paysages, mais nos propres choix pour nous y adapter, en ville comme à la campagne. Et donc, plusieurs scénarios sont possibles en fonction des politiques mises en œuvre. Privilégier l'agro-foresterie à la campagne ou les îlots de végétation en ville pourrait ainsi permettre de rendre l'urgence climatique, sinon confortable, du moins supportable.

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