Pour plus de pâtes à partir de blé dur français, le gouvernement investit 11 millions d'euros

Les professionnels français des céréales ont lancé ce jeudi un "plan de souveraineté" pour le blé dur, qui sert à faire les pâtes alimentaires et la semoule, pour relancer la production nationale et reconquérir des parts de marché sur le marché intérieur et à l'export.

"Le blé dur est une culture à risques, une culture qui, malheureusement, subit beaucoup d'aléas, une culture qui a été un peu délaissée", a souligné le président de la filière Intercéréales, Jean-François Loiseau, lors d'une intervention au Salon de l'agriculture.

Les surfaces consacrées à cette culture ont été divisées par deux en moins de 15 ans, poussant l'organisation rassemblant producteurs, négociants et transformateurs à construire un plan pour relancer la production, chiffrée à 45 millions sur cinq ans.

L'État contribuera à hauteur de 11 millions d'euros, a annoncé le ministre de l'Agriculture et de la Souveraineté alimentaire Marc Fesneau, soulignant que c'était "un crève-cœur" de voir cette filière "plutôt en décroissance".

Le Centre-Val de Loire : un gros producteur de blé dur 

Le blé dur est dans une situation singulière. Sur le papier, la France, 2e producteur européen derrière l'Italie, n'en manque pas. Mais, sur 1,3 million de tonnes de grains produits par an (surtout en Occitanie et Centre-Val de Loire), près d'un million d'euros est exporté vers d'autres pays de l'Union européenne et le Maghreb.

En parallèle, les deux tiers des pâtes alimentaires consommées en France sont importées, principalement d'Italie et d'Espagne. "On ne transforme pas assez notre blé dur en France. Il faut produire plus en France, alimenter les usines", mais aussi "continuer à exporter", en reprenant des parts de marché sur le Canada (premier producteur mondial), le Mexique et la Turquie, a déclaré à l'AFP le président d'Intercéréales.

Si la production nationale continue à baisser, les industriels des pâtes basés en France risquent de se fournir davantage à l'étranger voire "de partir ailleurs", met-il en garde. Le plan de la filière, explique-t-il, s'attache notamment à chercher "des semences moins consommatrices de chimie", c'est-à-dire de pesticides, "plus résistantes à la sécheresse ou à certaines maladies".

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