Assemblée nationale : le Premier ministre interpellé sur le cas de Pierre Alessandri

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Écrit par A.Altimare
Jeudi 7 octobre, le tribunal d’application des peines de Paris a rejeté la demande de remise en liberté surveillée de Pierre Alessandri.
Jeudi 7 octobre, le tribunal d’application des peines de Paris a rejeté la demande de remise en liberté surveillée de Pierre Alessandri. © AFP

Condamné à la réclusion criminelle à perpétuité en 2003 pour l'assassinat du préfet Claude Erignac, Pierre Alessandri a une nouvelle fois vu sa demande de rapprochement refusé par la chambre d'application des peines de Paris le 7 octobre dernier.

Trois jours avant une session extraordinaire de l'Assemblée de Corse sur le cas de Pierre Alessandri, le député de la 2e circonscription de Haute-Corse, Jean-Félix Acquaviva, a interpellé le Premier ministre sur le sort des prisonniers dits politiques insulaires à l'Assemblée nationale, ce mardi 19 octobre.

Au micro, Jean-Félix Acquaviva détaille les différentes demandes d'aménagement de peine de Pierre Alessandri, "un des trois membres du commando dit Erignac". "À chaque fois, le parquet antiterroriste a fait appel pour aboutir à un refus obstiné."

Le 7 octobre dernier, la chambre d'application des peines la chambre d'application des peines de Paris a infirmé la décision du juge d'application des peines qui avait accordé, fin juin, une semi-liberté probatoire à une libération conditionnelle au détenu de 63 ans. En effet, dans la foulée, le Parquet national antiterroriste avait fait appel suspensif de cette décision. "À l'instar des prisonnier Alain Ferrandi et Yvan Colonna, le traitement de Pierre Alessandri est politique et motivée par une vengeance aujourd'hui décomplexée", commente le député. Il décrit une "peine de mort déguisée qui se cache derrière une perpétuité réelle et à tout prix."

S'adressant au Premier ministre, Jean-Félix Acquaviva demande : "Quand allez-vous permettre le rapprochement de ces hommes en Corse ? De même que l'exercice de leur droit à la réinsertion et tourner le dos à la vengeance et la haine, consolidant enfin les voies de la paix construite dans l'île ?"

"L'État n'est pas ici pour se venger"

Pour le chef du gouvernement : "tous les représentant de la République doivent respecter les décisions de justice, et c'est ce que je fais. […] Il ne m'appartient pas de commenter les décisions de justice. Elles s'appliquent à moi comme à vous. Et je ne peux pas laisser dire qu'elles seraient l'instrument d'une vengeance de l'État. L'État n'est pas ici pour se venger."

Jean Castex rappelle que "dans quelques mois, ou quelques semaines", une commission composée de 300 personnes, dont des magistrats et de représentants de force de l'ordre et de fonctionnaires, se rassemblera pour établir une révision de la liste des détenus particulièrement surveillés. "Nous prendrons en toute objectivité et toute impartialité les décisions qui s'imposent."

Le Premier ministre souligne : "l'État conservera à l'égard de la Corse sa totale impartialité. Au contraire, il souhaite s'engager avec les élus de l'île sur le chemin d'un développement comme il le fait avec l'ensemble des territoires de la République."

Condamné à la réclusion à perpétuité en 2003

Pierre Alessandri, arrêté avec Alain Ferrandi en 1999, a été condamné en 2003 à la réclusion criminelle à perpétuité, comme Yvan Colonna, pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, le 6 février 1998. Depuis plusieurs années, ils contestent le refus de leur rapprochement dans une prison corse, qu’ils jugent "discriminatoire" et synonyme de "vengeance d’Etat". Les deux hommes, incarcérés à Poissy, sont depuis quatre ans arrivés au terme de leur période de sûreté, et donc fondé à demander leur libération conditionnelle.

Néanmoins, avant tout rapprochement dans l'île, la levée de leur statut de "détenus particulièrement signalés" (DPS) est nécessaire. Si en mars 2020, la commission pénitentiaire locale de Poissy avait émis un avis favorable à cette levée, le Premier ministre, Jean Castex, l’avait refusée le 21 décembre.

Trois jours plus tôt, il avait écarté le garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, de toute décision relative "aux conditions d’exécution des peines et au régime pénitentiaire" des détenus impliqués dans des dossiers qu’il aurait, en tant qu’ancien avocat ayant défendu Yvan Colonna, eus à traiter.

En Corse, une forte mobilisation - toutes tendances confondues - s'est organisée pour demander la levée de leur statut de DPS. Le 30 janvier dernier, environ 2.000 personnes s'étaient rassemblées dans les rues de Corte. Trois semaines plus tard, une quinzaine de jeunes avait occupé la préfecture de région en signe de protestation. Les CRS étaient intervenus pour les évacuer. Cinq manifestants avaient été blessés.

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