Coronavirus : une nuit avec le service de réanimation de l'hôpital d’Ajaccio

Le service de réanimation du centre hospitalier d'Ajaccio. / © JCC / FTVIASTELLA
Le service de réanimation du centre hospitalier d'Ajaccio. / © JCC / FTVIASTELLA

Le service de réanimation du centre hospitalier d’Ajaccio est en première ligne de la lutte contre le Coronavirus. Une équipe de France 3 Corse ViaStella a passé une nuit avec le personnel soignant. Rencontre. 

Par Audrey Altimare

Sur l’héliport du centre hospitalier d’Ajaccio, les flashs d’une dizaine de portables s’allument. Ceux des personnels des services réanimation et des urgences. Il est 20 heures, les acclamations et les ovations arrivent de toute la ville. 

Et les soignants remercient. « Ça nous donne de la force, c’est beau à voir. Ça fait plaisir et on ne s’habitue pas à ce qu’autant de gens nous soutiennent. C’est vrai que la réanimation et les urgences on est en première ligne avec le Samu mais on n’oublie pas nos collègues dans les autre services. Eux aussi sont confrontés au Covid, et c’est dur pour eux aussi. Tout ça, c’est pour tous les soignants de l’hôpital », livre Graziella Guillaume, infirmière au service de réanimation. 


Le grand angle de Marc-Antoine Renucci et Franck Rombaldi :
Grand angle : une nuit au service de réanimation de l'hôpital d'Ajaccio
Equipe - Marc-Antoine Renucci ; Franck Rombaldi


Entre les balcons et l’héliport les échanges de cris durent quelques minutes. « C’est grâce à eux que l’on garde le moral et notre motivation », complète la jeune femme.
 

« Jusqu’à 7 heures demain »


20h05. Le petit groupe rejoint son service. « Jusqu’à demain 7 heures », précise Delphine, infirmière au service de réanimation. C’est le moment des soins pour les patients. En début de soirée, ils sont sept à être pris en charge pour une infection au Coronavirus, et deux pour d’autres pathologies

La crise a bouleversé la vie personnelle de la quinzaine de soignants qui y travaillent. Laurent Serpin, le chef du service, explique qu’il n’a pas vu ses enfants depuis 15 jours. « Mais ils sont grands », plaisante-t-il. Les habitudes de Delphine ont été bousculées. La jeune femme est mère d’une adolescente de 12 ans et d’un petit garçon de sept ans. « Ils ont la chance d’avoir leur papa à la maison. C’est lui qui gère », sourit-elle. Quand l’infirmière rentre chez elle, s’est pour se reposer. « Quand on est à la maison, on désinfecte tout et on évite les contacts… On se fait quelques bisous, mais c’est dans le cou », explique-t-elle. 


Entretiens :


Un sacrifice normal pour Laurent Serpin. « Si on ne met pas sa vie de côté dans ces moments-là, c’est qu’on n’a pas choisi ce métier avec toute la réflexion qu’on aurait dû y mettre », estime-t-il. Tous prennent soin les uns des autres. « On est une équipe et on a pris un rythme avec des repos obligatoires. Même quand les collègues veulent revenir pour aider, on leur interdit. Il faut qu’ils se reposent pour être à 100% avec moi quand ils sont en service », précise-t-il.
 

Tonnerre


Dimanche, 12 patients atteints du Covid-19, dont six en réanimation, ont été évacués à bord du porte-hélicoptères Tonnerre de la Marine nationale afin d’être soignés à Marseille. « C’est historique, on n’a jamais vécu ça. Ici des équipes se sont mobilisées exprès pour cette opération. Les filles qui y ont travaillé sont bourrées d’énergie et motivée », confie Delphine.

Dans le service, tout le monde sait que ces patients reviendront en bonne santé. « On y croit », souffle l’infirmière. 

Il est 1 heure du matin au centre hospitalier d’Ajaccio. La réanimation s’active. Deux nouveaux patients, suspectés d’être infectés par le Coronavirus viennent d’être admis. Le travail reprend. 

 
 

« Ça nous soude encore plus »


Comme de nombreux hôpitaux, celui d’Ajaccio manque cruellement de respirateurs artificiels. Sur Internet, de nombreuses cagnottes en ligne ont été lancées pour tenter d’y remédier. « De voir tous ces messages de soutien, ça nous touche et ça nous soude encore plus », reprend Laurent Serpin. 

Il sait que la mission de ses équipes n’est pas prête de se terminer. « Nous, on demande juste à soigner des patients et à sauver des vies », précise-t-il humblement. 

 


Dans une semaine, la capacité d’accueil de son service devrait être portée à 26 lits. 




 

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