Dans un communiqué transmis à nos confrères de Corse-Matin, une nouvelle organisation clandestine, GCC pour pour "Ghjuventù clandestina corsa" a annoncé sa constitution. Elle revendique 17 attentats perpétrés sur l’île.

Dans un communiqué - non authentifié - transmis à nos confrères de Corse-Matin, une nouvelle organisation clandestine a annoncé sa constitution. Cette dernière se nomme "GCC" pour "Ghjuventù clandestina corsa", un sigle retrouvé sur les lieux de nombreux incendies criminels survenus ces derniers mois. 

Le groupe clandestin se présente comme "le bras armé d'un mouvement révolutionnaire". "Nous marchons sur les traces du FLNC mais aujourd'hui il semble se détacher de la lutte alors c'est à nous, la jeunesse corse, de la reprendre afin de faire front à l'État français et à son mépris", écrivent les rédacteurs dans le communiqué transmis à Corse-Matin.

Revendications

Toujours selon les informations de nos confrères, l’organisation met en garde "les vendeurs de drogue" et les "spéculateurs". Mais aussi l'État, puisque le groupe réclame "la libération de Charles Pieri", ancien cadre de Corsica Libera et ex-leader présumé du FLNC, incarcéré depuis le 9 décembre dernier à Fleury-Merogis.

GCC demande enfin le "rapprochement des prisonniers politiques", l'instauration d'un "statut de résident" pour les habitants de l'île ainsi que "la vérité sur l'assassinat d'Yvan Colonna" survenu en mars 2022 à la prison d'Arles.

17 actions

L’organisation revendique 17 actions. La première remonte au 4 août 2022 : il s’agit de l’incendie d’une résidence secondaire située à Bastelicaccia. Dernière en date : un "avertissement à l’engin explosif" retrouvé devant le domicile des propriétaires d'un camping de Bonifacio. Entre les deux, des attentats dirigés contre des résidences secondaires ou encore des engins de chantiers, principalement en Corse-du-Sud.

En revanche, certaines actions qui portaient pourtant la marque "GCC" sont exclues de la liste des attentats revendiqués. On note notamment l’absence de l’incendie visant deux pelleteuses sur un chantier de l’entreprise Faggianelli à Alata le 13 décembre et celui de la résidence en construction à Pietrosella, le 4 février dernier.

La liste des actions revendiquées :

- Résidence Bastelicaccia : 4 août 2022.

- Résidence Porticcio : 17 août 2022.

- Résidence Balagne : 15 novembre 2022

- Résidence Olmeto plage : 19 novembre 2022.

- Résidence Olmeto plage : 19 novembre 2022.

- Résidence Santa-Maria-di-Lota : 20 novembre 2022.

- Résidence Capo di Feno Y. Mirand  : 2 décembre 2022.

- Bungalow Ghisonaccia : 5 décembre 2022.

- Engin route des Sanguinaires: 15 décembre 2022.

- Résidence Alata : 19 décembre 2022.

- Bungalow Capo di Feno Y. Mirand : 24 décembre 2022.

- Résidence Alata: 5 janvier 2023.

- Engin de chantier Propriano : 9 janvier 2023.

- Résidence Coggia: 10 janvier 2023.

- Villa Millelli: 18 janvier 2023.

- Résidence Serra-di-Ferro : 22 janvier 2023.

- Engin explosif Bonifacio (Camping Campo di Liccia) : 27 janvier 2023.

Contexte "d'apaisement"

Cette annonce intervient alors que le parquet national antiterroriste s'est saisi de tous les dossiers concernant les maisons et engins de chantier incendiés où le tag "GCC" a été retrouvé.

Le communiqué est, par ailleurs, rendu public au lendemain de la visite en Corse du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin à l'occasion de la commémoration de 25 ans de la mort du préfet Erignac. Une visite marquée par un discours qualifié d'"apaisement", et d'une reprise du dialogue avec les élus corses programmée le 24 février.