Présidentielle en Corse : Femu a Corsica ne donne pas de consigne de vote

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En 2017, le parti autonomiste avait appelé à choisir Emmanuel Macron au deuxième tour face à Marine Le Pen. Cinq ans plus tard, il s'abstient de tout soutien. La raison : l'ambiguïté supposée du président-candidat vis-à-vis de la Corse.

"C'est au candidat Macron qu'il appartient de convaincre les Corses qui se reconnaissent dans les idées que nous portons qu'ils ne seront pas une nouvelle fois trompés et méprisés s'ils décident de lui accorder leur suffrage"

En clair, Gilles Simeoni et Femu a Corsica n'appelleront pas à voter pour le président sortant, lors du deuxième tour, dimanche 24 avril. 

Cinq ans de déceptions

En 2017, rappelle le communiqué du parti autonomiste rendu public ce lundi 18 avril, Emmanuel Macron avait pourtant reçu son soutien. La raison, lui "donner une chance de mettre en application les engagements de rapprochement des prisonniers et de pacte girondin qu'il avait pris en tant que candidat"

Le problème, souligne Femu dans la foulée, c'est qu'"il a fallu attendre cinq ans et l'assassinat dans des conditions atroces et constitutives d'une affaire d'Etat d'Yvan Colonna pour que la promesse de rapprochement soit tenue"

Pour autant, il semblait qu'après la venue, en mars dernier de Gérald Darmanin un rapprochement se soit esquissé entre Paris et l'exécutif de Corse. Le nouveau monsieur Corse tenait un discours d'ouverture, et assurait que son interlocuteur au cours des négociations serait Gilles Simeoni.

On pouvait donc penser que Femu pourrait apporter une nouvelle fois son soutien à Emmanuel Macron, afin de laisser au processus la chance de se poursuivre après le scrutin, et pourquoi pas, d'aboutir.

Interférences dans le dialogue

C'était sans compter la suspension des discussions, avant même qu'elles ne débutent vraiment, à la suite de ce que Femu appelle dans son communiqué "des mobilisations populaires, et particulièrement de la jeunesse, sans précédent". Et de ce qu'Emmanuel Macron a qualifié pour sa part d'événements "inacceptables". En cause, les manifestations, le 4 avril dernier.

"Ce que j'ai vu ce week-end est inacceptable, y compris avec des responsables politiques en tête de cortège", déclarait le président le 4 avril dernier sur l'antenne de France Inter, avant de promettre qu'il n'y aurait "pas de discussion" sans "un retour à l'ordre préalable". Un bémol qui est mal passé chez les nationalistes. 

Pour autant, Femu a Corsica prend soin également de préciser dans son communiqué qu'il ne ferme pas la porte à une reprise des discussions. "Nous réaffirmons notre attachement à ce processus à vocation historique (...). Mais force est de constater que les seules déclarations du Président de la République sur les objectifs de ce processus sont restées ambiguës". 

Le parti nationaliste majoritaire aux dernières territoriales attend une clarification de la position de celui qui est en course pour un deuxième mandat. "C'est au candidat Macron qu'il incombe de dire publiquement, pendant les derniers jours de campagne, s'il est favorable à une solution politique globale, à un statut d'autonomie de plein droit et de plein exercice, à la reconnaissance du peuple corse et au respect des choix démocratiquement exprimés par celui-ci"

"En l'état (...), il ne peut donc être question  pour Femu a Corsica de donner une consigne de vote en sa faveur"

Doit-on comprendre que si Emmanuel Macron, dans les derniers jours de campagne, abordait la question corse dans une campagne qui en a fait peu de cas jusqu'ici, la position des autonomistes pourrait changer ? 

Ni-Ni

Pour l'heure, en tout cas, Femu n'appelle a voter pour personne. Le communiqué de presse du parti autonomiste exprime également clairement le rejet de tout vote pour Marine Le Pen, ce qui était plus attendu : "son programme, sa vision de la société, les orientations qu'elle propose pour la Corse sont aux antipodes de nos valeurs, de notre vision de la société, de nos choix politiques, et du combat historique mené par le peuple corse pour la reconnaissance de ses droits"

Une clarification attendue, mais pas superflue, au vu du vote spectaculaire de Marine Le Pen et du RN au premier tour en Corse...

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