Ils sont plusieurs dizaines à dormir chaque nuit sur les pelouses des parcs strasbourgeois. Des demandeurs d'asile, pressés de se présenter à l'ouverture des portes de la préfecture, et obligés de dormir dehors faute de place dans les centres d'hébergement. Nous avons passé une nuit avec eux.
Le rendez-vous est donné dans un trois-pièces presque encore vide, à Strasbourg. Un appartement tenu par l'association Foyer Notre-Dame. On y rencontrera Roman et sa famille, qui y vivent depuis un an, mais sans y être vraiment tranquilles. Avant ils étaient sans-papiers, sans statut. Mais mardi la bonne nouvelle est tombée : ils ont été reconnus réfugiés par la France. Désormais, ils peuvent commencer à reconstruire une vie, un espoir auquel ils ne croyaient plus vraiment.
"C'était difficile au début. On avait du mal à payer un hôtel, et quand on pouvait, il y avait rarement la possibilité de se faire à manger. C'était vraiment dur, surtout pour nos enfants. Mais depuis qu'on habite dans ce logement, les choses sont beaucoup plus faciles pour nous."
Cette famille peut s'estimer chanceuse, car beaucoup n'ont pas un toit au dessus de leur tête. Pour preuve, ces dizaines de personnes qui dorment dans les parcs de Strasbourg, place de la République, pour être proches de la préfecture, ou aux Contades. Tous sont des demandeurs d'asile, tous reçoivent chaque mercredi, la visite des membres de Médecins du monde. Car même si l'Etat a l'obligation de loger tous ceux qui posent un dossier, les centres d'accueils débordent. De nombreuses personnes se retrouvent donc sur le carreau, dans la rue, sur les pelouses. Strasbourg fait d'ailleurs face à une situation d'urgence. Depuis début janvier, 1300 nouvelles demandes d'asile ont été déposées. L'équivalent de l'année 2011 dans sa totalité.