Les magasins de troc font le plein de vendeurs et de clients dans les villages

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Écrit par Muriel Kaiser
Dans les magasins de troc, les clients trouvent de tout : des meubles imposants jusqu'aux plus petits bibelots.
Dans les magasins de troc, les clients trouvent de tout : des meubles imposants jusqu'aux plus petits bibelots. © Xavier Ganaye

Rund Um. Les magasins de troc connaissent un beau succès, même à la campagne. Le principe : chacun peut y vendre ses affaires et acheter celles des autres. Un concept qui s'inscrit dans la tendance du seconde main.

"Bonjour ! Qu'est-ce que vous nous amenez de beau ?" lance Camille Secula, employé du magasin Happy Troc à Blotzheim. Il accueille les villageois de Blotzheim et alentours qui souhaitent vendre des objets. "D'abord, on vérifie l'état, on regarde si les objets fonctionnent bien. Et si on estime que c'est facilement vendable, on prend", explique Camille, qui est aussi le père du gérant. Pour estimer un objet, il se base sur le prix d'origine qu'il baisse - "puisqu'il s'agit de produits déjà utilisés, de seconde main" - et propose un prix au vendeur, "de sorte à laisser une marge pour le magasin", poursuit Camille. Outre cet aspect financier, les particuliers sont plutôt motivés par l'écologie. "Peu importe le prix que l'on reçoit, je suis contente de savoir que mes objets vont avoir une seconde vie", explique Fabienne Ziegler. Livres, meubles, vaisselle, bibelots... se retrouvent alors dans le magasin. Pour les objets les plus imposants, l'équipe se déplace à domicile pour estimer et les chercher. 


La force du magasin de troc : proposer de tout à des petits prix. Rémy Ziegler vient autant vendre ses objets que venir en chiner d'autres. Il a même un rayon de prédilection : l'horlogerie. "Je possède 45 horloges et viens régulièrement ici pour voir ce qu'ils proposent. Ils en ont de très belles, à des prix intéressants". Nicola Nucci, lui, se balade entre les meubles. "Ils sont beaux, qualitatifs, j'ai déjà repéré une étagère à vin qui me plaît bien". Et pour attirer une clientèle plus jeune, Marie et Christophe Secula, les gérants du magasin, ont aménagé un large espace dédié au numérique. Ordinateurs, téléphones, consoles ou encore jeux vidéos... là encore, les prix dérisoires comparés au neuf attirent beaucoup de monde.
 


Le magasin a ouvert en octobre 2020 et malgré les périodes de fermeture liées à la crise sanitaire, le bilan est plus que positif. "Nous avons de plus en plus de vendeurs et de clients", déclare Marie Secula. Pour le mois d'octobre 2021, le magasin a établi 350 contrats de vente, un chiffre en constante augmentation. Pour les gérants, ouvrir un magasin de troc correspond à leur mode de vie depuis toujours. "On a baigné là-dedans et c'est aussi ce qu'on transmets à nos enfants. Ils ont déjà envie de venir vendre leurs jouets et en acheter d'autres, d'occasion !" lance Marie, en riant. Surtout, pour le couple, cette activité fait sens. "Le magasin répond à plein d'enjeux contemporains. L'aspect économique, écologique bien sûr mais aussi humain". Jacqueline Valla, fidèle cliente, confirme : "ici, les gens sont sympa et les employés n'hésitent pas à venir nous renseigner. Je viens une à deux fois par semaine, et je trouve toujours de quoi acheter !" déclare-t-elle, tout sourire.


Le couple Petrini, a, quant à lui, 20 ans d'expérience. Sandrine gère le magasin Troc Richwiller et Patrick est sur la route tous les jours pour estimer et chercher les meubles chez les particuliers. Deux à trois fois par mois, il fait même des vide-maisons. A Mulhouse, Josette Langlois a fait appel à lui avant un éventuel déménagement. "A mon âge, j'ai besoin que le magasin vienne chercher les meubles directement chez moi. Et financièrement, c'est intéressant", déclare-t-elle. En dépôt-vente, les vendeurs touchent 55% de la somme et le magasin, 45%. Pour estimer les biens de sa cliente, Patrick Petrini se base sur ses années d'expérience. "On sait très bien ce qui marche ou ce qui ne marche pas. Par exemple, le rustique est complètement passé de mode. Ce sont des meubles assez difficiles à vendre, avec peu de demande. Au contraire, le moderne est prisé. On paiera donc plus pour des meubles laqués, de type industriel..." explique le gérant.

Le mobilier et la décoration constituent 80% du chiffre d'affaires de Troc Richwiller. Au magasin, le couple Petrini emploie 7 personnes. Il peut compter sur de nombreux clients fidèles, qui viennent parfois de génération en génération. Les gérants ne peuvent que confirmer la tendance de la seconde main : "on reçoit tellement d'objets qu'on a besoin de s'agrandir. On recherche des locaux plus grands pour pouvoir stocker davantage de biens et proposer toujours plus à la vente", car le magasin se renouvelle très rapidement. C'est pourquoi certains clients, comme à Bloztheim, viennent chaque semaine chiner des nouveautés.
 

 

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