• MÉTÉO
  • SOCIÉTÉ
  • ECONOMIE
  • POLITIQUE
  • DÉCOUVERTE
  • FAITS DIVERS

Sexe, prostitution, langage cru : c'est le sulfureux menu strasbourgeois de Cannes 2018

Léo (Félix Maritaud) sur les berges de l'Ill. A l'arrière plan, l'immeuble de l'ESCA / © DR
Léo (Félix Maritaud) sur les berges de l'Ill. A l'arrière plan, l'immeuble de l'ESCA / © DR

Sauvage et A genoux les gars sont les deux films présentés au Festival de Cannes 2018 et  tournés intégralement à Strasbourg. Les deux longs métrages ont été soutenus et financés par la région Grand Est. Deux choix pour le moins audacieux et pas vraiment consensuels.

Par Renaud Hartzer

Strasbourg, une petite forêt dans le quartier de la Cité de l'Ill. De part et d'autre de la route, des garçons attendent, en posture plus ou moins suggestive,  de vendre leurs charmes, nuit et jour. Parmi eux, Léo (extraordinaire Félix Maritaud, déjà vu dans 120 battements par minutes), le héros fragile de Sauvage, présenté ce jeudi à la Semaine de la Critique, sélection parallèle du Festival de Cannes.

Intégralement tourné à Strasbourg

Premier long-métrage de Camille Vidal -Naquet, Sauvage a été intégralement tourné dans l'Eurométropole de Strasbourg, plus précisément Strasbourg et Entzheim pendant six semaines entre avril et mai 2017. "En fait je n'avais jamais mis les pieds à Strasbourg de ma vie" reconnaît le réalisateur, qui a passé trois ans d'enquêtes et de repérages auprès des prostitués du Bois de Boulogne à Paris. "Au départ, j'étais un peu inquiet parce que je ne connaissais pas", mais, en fin de compte, poursuit Camille Vidal-Naquet, "à Strasbourg, franchement, pour tourner un film, il y a tous les décors possibles et les styles de rues : des quartiers haussmanniens, des quartiers populaires, des quartiers plus modernes, des rues un peu à l'américaine avec des tags. Ca a été une très belle surprise pour moi." 


Seuls les initiés reconnaîtront quelques rues du tournage : les lieux ne sont pas identifiés pour cette histoire universelle qui raconte crûment, avec brio et sans fard le quotidien de Léo, prostitué et surtout jeune homme en quête éperdue d'amour.

Des scènes de sexe explicites

D'autres reconnaîtront peut-être à l'écran quelques visages de Strasbourgeois. "On a mélangé des comédiens professionnels, des comédiens un peu débutants et des gens qui n'étaient pas du tout comédiens, repérés par des casteurs à Strasbourg", explique le metteur en scène . "Il y a eu un plaisir de ces gens là qui se sont jetés dans le film et lancés dans ces rôles", y compris pour des scènes de sexe particulièrement explicites. Dans les second rôles, à signaler les comédiens strasbourgeois Marie Seux et Philippe Ohrel.

Le film au budget modeste "n'aurait pas pu voir le jour sans les deux financeurs" (la région Grand Est et l'Eurométropole, ndlr) précise Emmanuel Giraud, des Films de la Croisade. Sauvage a bénéficié d'une aide de 70.000 euros de l'Eurométropole et de 135.000 euros de la Région, soit 20% du budget total selon le producteur. La Région estime les retombées du film à 250.000 euros pour l'économie régionale.

Chaleureusement accueilli pour sa première mondiale à Cannes, le film concourt au palmarès final pour la Caméra d'or, qui récompense le meilleur premier film. Sauvage sortira sur les écrans français le 22 août. 

Extrait de Sauvage

"A genoux les gars" : fellation, gouaille et comédie

A genoux les gars, présentée à Un Certain Regard, section de la Sélection officielle, donne également dans le sulfureux. Le verbe sucer doit y être décliné une bonne centaine de fois (sans compter ses nombreuses variantes et autres synonymes) pour cette histoire survoltée (trop, peut-être) de Yasmina (Souad Arsane, à l'incroyable bagout), soeur de Rim (Inas Chanti), qui accepte de faire une fellation à Madjid, petit ami de Yasmina, dans un parking strasbourgeois tandis que son petit ami Salim filme la scène et menace de la diffuser sur le Net si elle ne recommence pas autant de fois qu’il le lui demandera.

Le film, réalisé par Antoine Desrosières,  réussit le tour de force de jouer la carte de l'humour féroce, ponctué de dialogues aussi mordants que cinglants, sur un sujet d'actualité des plus sensibles, la question du consentement sexuel, et de la maîtrise des images sur les réseaux sociaux. C'est précisément pour ces thèmes que la Région Grand Est a décidé de soutenir le film, à hauteur de 150.000 euros. A genoux les gars a été tourné en novembre-décembre 2016 à Strasbourg, Hoenheim, Bischheim et Haguenau. On y reconnaît de nombreux lieux familiers. Le film sortira dans les salles le 20 juin.


La B.A  de A genoux les gars
BA A genoux les gars





Sur le même sujet

Cannes sur culturebox

toute l'actu cinéma

Les avantages de l'achat groupé de fioul

Les + Lus