Strasbourg : "Plus écoutées mortes que vivantes" pouvait-on lire au coeur de la marche contre les violences conjugales

Plus de 2.000 personnes étaient présentes. Des femmes, bien sûr, mais aussi des hommes. Tous venus manifester contre les violences faites aux femmes. En Alsace, six d'entre elles sont mortes sous les coups de leurs conjoints, depuis le début de l'année.

Une trentaine de marche contre les violences à l'encontre de toutes les femmes étaient prévus à travers le pays. A Strasbourg, 16 associations y ont participé, au départ de la place de l'Etoile.
Une trentaine de marche contre les violences à l'encontre de toutes les femmes étaient prévus à travers le pays. A Strasbourg, 16 associations y ont participé, au départ de la place de l'Etoile. © J.Jung/France 3 Alsace
Vivre à l'abri des violences est un droit fondamental, un droit qu'ont les femmes aussi et qui, ces derniers temps, est trop souvent oublié. Les chiffres annoncés par l'association Nous Toutes 67 sont glaçants : 137 femmes sont mortes depuis début 2019 sous les coups de leurs conjoints ou ex-compagnons, soit une femme tous les deux jours. En Alsace, il y a eu Sandra, Stéphanie, Céline, Denise, une jeune maman de 31 ans à Colmar, et le 10 novembre dernier, Sylvie Auchter qui est morte sous les yeux de sa fille.  
    Alors pour envoyer un message fort au gouvernement et à la justice, plus de 2.000 personnes ont marché à travers Strasbourg. "Il faut mettre en place des lois afin que chaque plainte soit acceptée" nous dit Mathilde, porte-parole du collectif Nous Toutes 67 qui demande à la justice un peu plus de considération : "toutes les femmes de toutes les couches sociales sont concernées".

L'oppression systèmatique est inacceptable - Quentin, participant à la marche

Dans le cortège des amis de victimes, des familles touchées par la perte d'une fille, des hommes venus dénoncer le machisme et l'oppression dont les femmes sont victimes au quotidien. Pour Quentin: "les femmes constituent la moitié de notre société, les chiffres des victimes sont inacceptables".
 
En couple, entre collègues, entre amies, tous étaient là pour demander au gouvernement d'agir car les violences faites aux femmes ne sont pas une "affaire privée".
En couple, entre collègues, entre amies, tous étaient là pour demander au gouvernement d'agir car les violences faites aux femmes ne sont pas une "affaire privée". © J.Jung/France 3 Alsace
Tous attendent beaucoup du gouvernement qui promet, à deux jours des conclusions attendues du grenelle contre les violences conjugales des mesures "fortes". Pour Clémence, membre de Nous Toutes 67 "il faut des ordonnances d'éloignement systématiques, des bracelets électroniques et une aide financière pour former les associations et professionnels qui viennent en aide à ces femmes violentées". 

Ne plus jamais entendre quelqu'un dire "on ne savais pas" - La famille de Johanna, immolée par son concubin en 2016

L'écoute, la prise en compte et le soutien doivent être immédiats pour la famille de Johanna, mère de famille aspergée d'essence et brûlée vive par son concubin en 2016. "Elle avait déposée plusieurs mains courantes, elle voulait le quitter (...) Elle n'a pas été aidée. Il faut des actions concrètes".

La maman, une soeur, les deux enfants et un neveu de Johanna
La maman, une soeur, les deux enfants et un neveu de Johanna © J.Jung/France 3 Alsace

Une marche durant laquelle de nombreuses adultes évoquaient aussi l'importance de sensibiliser les plus jeunes au respect d'autrui pour éviter les gestes et comportements sexistes une fois grands.

Pour dénoncer un acte violent, un numéro d'écoute anonyme et gratuit existe : le 3919. Il est destiné aux femmes victimes de violence, à leur entourage, aux témoins ainsi qu’aux professionnels concernés.

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