Ardennes : conséquence de la sécheresse, la rareté de l’eau impacte aussi les cimetières

Les restrictions concernant l’usage de l’eau mises en place fin juillet, dans le sud des Ardennes s’appliquent désormais à l’intégralité du territoire du département. A Monthermé, l’eau a même été coupée dans les cimetières. Plus question d’y arroser les fleurs. Elles se meurent sur les tombes.

La sécheresse qui sévit, a conduit Alain Buquet, le Préfet des Ardennes à prendre des mesures restrictives, concernant l’usage de l’eau. Pas question d’arroser ses fleurs et son potager entre 9 heures et 20 heures, ni de laver sa voiture ou de remplir sa piscine !

La situation est telle qu’après avoir réservé ces interdictions aux communes du sud du département, aujourd’hui, l’ensemble des villes et villages sont concernés. Dans la pointe des Ardennes, autour des boucles de la Meuse, la commune de Monthermé n’a pas attendu l’entrée en vigueur de l’arrêté préfectoral pour y mettre en œuvre une mesure radicale. Depuis plusieurs semaines, l’eau y est donc coupée dans les trois cimetières de la cité de quelque 2.300 habitants. Aucune goutte d’eau ne sort plus des robinets de ces lieux de repos éternel.

 

On apporte son eau

 

Pour pouvoir continuer à arroser les fleurs déposées sur les tombes, un habitant de la commune se rend au cimetière avec l’eau de son domicile. "J’ai presque toute ma famille au cimetière", explique Patrick Golinval. "Cette mesure ne me plaît pas. J’apporte l’eau de chez moi, par mes propres moyens. J’ai une voiture, ça va", poursuit-il, "mais les personnes âgées qui n’en ont pas, n’arrosent pas". 

La décision prise par la maire de Monthermé, Catherine Joly ne suscite pas de polémique. Elle représente tout de même un désagrément pour certains. La maire s’explique : "On est quand même dans une commune très touristique. Il y a les transfrontaliers et les touristes. Certains parfois peuvent faire un usage de l’eau qui n’est pas forcément  celui qui est destiné à l’usage des cimetières".

 

Appel à la responsabilité des citoyens

 

A Charleville-Mézières, il n’y a pas encore d’interdiction formelle d’arroser dans les dix cimetières que compte la ville. Les fontaines laissent toujours couler l’eau. Ici, on parie sur le bon sens, le civisme de chacun. Les Carolomacériens peuvent donc continuer à venir arroser les pétunias et rosiers qui ornent les sépultures. Toutefois, la municipalité a procédé à l’affichage de recommandations. Sur les affichettes, on en appelle à un usage raisonnable de l’eau. 

"Cette eau est strictement réservée à l’arrosage des fleurs, et non pas à l’arrosage des tombes ou à tout autre usage", indique Salah Chaouchi, adjoint au maire en charge de l’écologie et du cadre de vie. "Nous avons décidé, dans nos cimetières de garder les robinets ouverts, avec des restrictions. C’est pour amener nos concitoyens à être responsables, plutôt que de fermer les robinets, comme certaines communes l’ont fait, et de pénaliser l’ensemble des usagers".

Cet été 2022, les vagues de canicule successives, l’absence de pluie ont conduit à cette situation. La sécheresse frappe les Ardennes, et pas seulement. Dans ce département, on est très vigilant. On compte sur le civisme de chacun, d’autant que les restrictions seront levées, quand la sécheresse ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

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