Pommes : une récolte précoce et des fruits plus petits à cause de la sécheresse

La sécheresse et la guerre en Ukraine frappent de plein fouet les producteurs de pommes. Dans les Ardennes, la récolte a débuté, sur fond d’incertitude sur les prix. Les cueillettes qui pratiquent la vente directe doivent aussi veiller aux prix.

Il y a une vingtaine d’années, dans les vergers ardennais, la floraison des pommiers avait lieu fin avril. Mais cette année, elle a commencé avec 10 à 15 jours d’avance. Résultat : la récolte, elle aussi, est très précoce. Le département des Ardennes compte une dizaine de producteurs de pommes. A Suzanne, dans les crêtes pré-ardennaises, les Vergers Courtois y entament leur première cueillette. Elle a commencé en milieu de semaine dernière.

"La récolte a débuté tranquillement. Elle se fait en deux, trois ou quatre fois", explique Laure Courtois, productrice. "La maturité donne le temps. Au premier passage, on cueille 20% des fruits, les plus mûres et les plus rouges. Dix jours plus tard, on arrive à 50% de la récolte totale".

Les pommes sont plus petites. Les poires Conférence ont souffert aussi du manque d'eau.

Laure Courtois, productrice de pommes, dans les Ardennes

La famille Courtois a développé ce verger de 10 hectares, dans les années 60. Elle y produit des Boscop, des Jonagored, mais aussi des poires, des cerises et des prunes. A côté de son verger, la famille Courtois exploite une ferme classique avec de l’élevage et des céréales. "Pour les pommes, on va retrouver une année normale en quantité, après une année 2021 où le gel avait sévi", raconte Laure Courtois.

 

Le manque d’eau

Le département des Ardennes est confronté à la sécheresse. Un arrêté préfectoral a d’ailleurs imposé des restrictions pour la consommation de l'eau. Dans les vergers, la sécheresse due au réchauffement climatique a un impact réel que l’on peut constater sur les fruits. "Les pommes sont plus petites. Les poires Conférence ont souffert aussi du manque d’eau. Plus petites, elles n’ont pas le calibre habituel", explique Laure Courtois.

Cette année, les producteurs ont été confrontés à une hausse des coûts, avec notamment la hausse du SMIC pour les cueilleurs. "Il a été multiplié par trois, et c’est le plus gros poste, en terme de coût de production", dit Laure Courtois. C’est une préoccupation, car qu’en sera-t-il des prix ? L’incertitude est réelle, car à ce problème est venu s’ajouter celui de la désorganisation du marché.

Les clients veulent des pommes pour la rentrée des classes.

Thibault Deville, gérant de la cueillette de Muizon.

En Europe, Pologne et Belgique figurent parmi les producteurs de pommes importants. Jusqu’à ces derniers mois, la production des pays de l’Est partait vers la Russie, mais avec le déclenchement de la guerre en Ukraine, le marché est déstabilisé. C’est désormais vers la France que les pommes cultivées dans les pays de l’Est vont être vendues. Une concurrence qui ne sera sans doute pas sans conséquence sur les prix versés aux producteurs, et bien sûr aux consommateurs.

Récolte plus que précoce dans la Marne

A la cueillette de Muizon, près de Reims, dans la Marne, c’est fin juillet qu’ont été cueillies les premières pommes. "Ce sont des Galmac", explique Thibault Deville, le gérant de la cueillette. Dans le village marnais, il possède quatre hectares de verger. Il en tire 40 tonnes de pommes à l’hectare. "C’est une variété très précoce", poursuit-il. Mais lui aussi confirme que cette année, la production est en avance. " On a déjà trois variétés à cueillir, des Red Star, notamment et des Gala. Le gros de la récolte est prévu pour le 10 septembre. Les clients veulent des pommes pour la rentrée des classes".

Ses arbres ont été confrontés à la sécheresse. "On essaie d’arroser un peu en limitant, mais c’est vrai que les pommes sont plus petites. Comme on est des indépendants, on fixe nos prix nous-mêmes". Pour conserver ses clients, Thibault Deville a décidé de proposer ses fruits au prix de 2021. Toutes variétés confondues, son kilo de pommes est vendu 1,95€. Plus les gourmands en achètent, plus les prix baissent, jusqu’à 1,30€ pour 100 kilos de pommes.

En 2021, le Ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté Alimentaire indiquait que la pomme était le fruit préféré des Français. Il précisait que "1519 milliers de pommes de table ont été produites, dans les vergers de l’hexagone, en 2019."

 

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