Aube : prolifération des moustiques, un épandage par hélicoptère pour la limiter

Le nombre de moustiques pourrait exploser dans l'Aube après les pluies diluviennes des dernières semaines. Les prairies inondées sont leurs lieux privilégiés d'éclosion. Un épandage par hélicoptère a eu lieu les lundi 26 et mardi 27 juillet, à l'initiative du syndicat des eaux de l'Aube (SDDEA).
L'épandage anti-moustiques a été pratiqué par voie aérienne, au moyen d'un hélicoptère.
L'épandage anti-moustiques a été pratiqué par voie aérienne, au moyen d'un hélicoptère. © Syndicat départemental des eaux de l'Aube (SDDEA)

D'abord, de violents orages. Puis, l'arrivée des moustiques. Ce ne sont pas les sept plaies d'Égypte : nous sommes en effet dans le département de l'Aube. 

Et le Syndicat départemental des eaux de l'Aube (SDDEA) veut limiter cette prolifération de moustiques. Ses missions, outre le maintien de la potabilité de l'eau courante, comprennent en effet la lutte contre cet insecte assoiffé de sang qui se rappelle désagréablement à nos oreilles.

Les lundi 26 et mardi 27 juillet 2021, le SDDEA était à pied d'oeuvre pour éliminer les larves de moustiques dans les nombreuses eaux stagnantes générées par les récents orages. Son hélicoptère a pratiqué un épandage sur la vallée de l'Aube, plus précisément entre Plancy-l'Abbaye et Brienne-le-Château (voir sur la carte ci-dessous).
 


Il s'agit d'une opération préventive : la population de l'Aube ne s'est pas encore (trop) plainte des moustiques. Mais sur les réseaux sociaux, une veille du SDDEA a permis de relever une "gêne en région parisienne", d'où  cette action menée après une "cartographie exhaustive sur le bassin de la Seine"

L'attaché de presse Julien Delhostat a suivi en détail cette opération, mais c'est l'autre attachée de presse du SDDEA, Aurore Grasset, qui a répondu aux questions de France 3 Champagne-Ardenne. "C'est la première année où l'on traite l'été, à cause de la météo favorable aux larves de moustiques." La précédente avait eu lieu au mois de mars 2021.
 

Larves de moustique dans de l'eau stagnante collectée par un agent du SDDEA.
Larves de moustique dans de l'eau stagnante collectée par un agent du SDDEA. © Syndicat départemental des eaux de l'Aube (SDDEA)


"Il a plu beaucoup et il fait chaud, résultat il y a des éclosions massives et rapides." D'où cette "démoustication de confort", si on peut l'appeler ainsi : c'est pour éviter de (trop) se faire piquer quand par exemple on court en forêt ou autour d'un barbecue le soir, l'objectif n'est pas de lutter contre le moustique-tigre et ses maladies.

À noter qu'il ne s'agit pas d'une éradication totale mais de juste "limiter la gêne", rappelle Aurore Grasset. Car aussi agaçant soit-il, le moustique est utile. Julien Delhostat soulignait qu'il s'agit du premier maillon de la chaîne alimentaire, en plus d'être un important pollinisateur et de "filtrer" l'eau...
 

Une mare d'eau stagnante, véritable nid à moustiques...
Une mare d'eau stagnante, véritable nid à moustiques... © Syndicat départemental des eaux de l'Aube (SDDEA)


L'épandage est réputé "non-dangereux, via un produit homologué par l'Europe" (le bacille de Thuringe). "Il n'y a pas de danger, ni pour la santé humaine, ni pour celle des animaux", tient à souligner Aurore Grasset. 

Après cet épandage, une surveillance reste de mise pour savoir si il faut répéter l'opération. "Mais vu que la météo est un peu capricieuse..." On pourrai croire que le produit d'épandage serait lessivé, qu'il y aurait de nouvelles eaux stagnantes, que tout serait à refaire. Mais a priori, l'espèce de moustique concernée (Aedes vexans) serait en train de finir de se "réveiller", rendant un nouveau passage inutile.
 


À savoir : la démoustication "est l'affaire de tous". Quelques recommandations à portée de tout le monde : "vider les coupelles d'eau stagnante, mettre des moustiquaires sur les réservoirs d'eau, en mettre aux fenêtres également, favoriser la présence prédateurs comme les hirondelles ou les chauves-souris, imprégner les vêtements d'anti-moustique..."
 

Le cas du moustique tigre

Aurore Grasset le rappelait, "on n'a pas eu de signalement à ma connaissance". La ville de Troyes et le département de l'Aube n'ont pas (encore) été "colonisés" par le moustique tigre (même s'il y a déjà été détecté). Le SDDEA gère la surveillance de cette espèce invasive et problématique.

Des pièges ont été installés dans les "secteurs à risque" comme l'agglomération troyenne, le lac de Géraudot, le port de Nogent-sur-Seine... ou encore Nigoland, d'après le SDDEA. Et toute personne peut signaler la présence du moustique tigre, via un formulaire en ligne.

Si en cette fin du mois de juillet, vous ne l'avez pas encore croisé, c'est normal. Le moustique-tigre est de sortie entre août et septembre...
 

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