Ruralité : l'ouverture d'un café multiservices ramène un peu de vie et du pain au village de Ferreux-Quincey, dans l’Aube

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Depuis le 15 janvier 2022, "Chez Duk" a ouvert ses portes, à Ferreux-Quincey (Aube). Au coeur du projet : un bar-restaurant mais aussi du pain, déjà un relais colis et bientôt un relais poste. De quoi redonner vie à ce village de 410 habitants.

A 10 kilomètres de Nogent-sur-Seine et 15 de Romilly-sur-Seine, dans l'Aube, "la commune de Ferreux-Quincey est sur un axe passant", dit le maire Maxence Meunier. Seulement, ce village aubois de 410 âmes avait bien besoin de revitalisation, notamment depuis que le boulanger avait arrêté de faire ses tournées. Maxence Meunier est agriculteur, "attaché au lieu". Quand la possibilité de redonner vie au village s’est présentée, le conseil municipal n’a pas hésité.

Dans l’ancien café qui avait fermé, il a fallu faire quelques travaux, mais les pouvoirs publics (Etat, Région, Département) ont mis la main à la poche. Les un peu plus de 50 000 euros nécessaires pour la rénovation ont été financés à 70%. "Une vraie bouffée d’oxygène", raconte le maire, "car le problème dans les petites communes, c’est que les budgets sont serrés".

Bon accueil des habitants

La mairie avait organisé une réunion publique et "les habitants sont venus en masse. C’est concluant", souligne le maire après cette première manifestation d’un bon accueil. "Chez Duk" a donc ouvert ses portes le 15 janvier dernier, dans un local de 150 mètres carrés, remis à neuf. Jeremy Depuydt est aux manettes. A 37 ans, c’est lui qui a pris la gérance de l’établissement.

Dans ce village où résident notamment des personnes âgées, sans toujours le moyen de se déplacer, retrouver un dépôt de pain, mais également un lieu pour se rencontrer a répondu à un véritable besoin.

"On redonne de la vie sociale. Avec la Covid, des personnes qui se connaissaient depuis des années, ne se voyaient plus. Ceux qui travaillent à l’extérieur ne s’intéressent pas toujours aux voisins. Avec le café, elles se sont revues, ou rencontrées", dit-il.

Un plat chaque semaine

Jeremy Depuydt vient de Sézanne, dans la Marne. Il a déjà travaillé dans la restauration. Son projet, c’est donc de proposer de la petite restauration, car il est tout seul pour faire tourner son entreprise. "Andouillette de Troyes à la sauce Chaource", "Hamburger à l’emmental français", ou encore "Rumsteack avec sa sauce au Brie", il entend à côté du bar, fidéliser une clientèle autour notamment de produits locaux.

L’épicerie, le relais colis et le relais poste d’ici la fin du mois de mars, les services, "Chez Duk" vont se multiplier. Toujours pour redonner vie au village, Jeremy Depuydt aimerait mettre en place des jeux de société, des films ou matchs à regarder ensemble à la télé.

On redonne de la vie sociale. Avec la Covid, des personnes qui se connaissaient depuis des années, ne se voyaient plus. Ceux qui travaillent à l'extérieur ne s'intéressent pas toujours aux voisins. Avec le café, elles se sont revues ou rencontrées.

Jeremy Depuydt, gérant de "Chez Duk".

On vient déjà "Chez Duk", des villages alentours. La clientèle est variée et apprécie ces services rendus à la population. Jeremy Depuydt est heureux d’être ainsi "à son compte, d'être son propre patron".

Dans le local loué par la mairie à prix "compétitif", pour cinq ans, un souffle nouveau est passé. Depuis l’ouverture du café multiservices, la bibliothèque de la commune attenante qui n’ouvrait qu’une heure par semaine va étendre son ouverture. C’est tout un petit territoire rural qui retrouve du dynamisme.

L'association "1.000 cafés"

Cette réouverture d'un café n'aurait pas vu le jour, sans l'association "1 000 cafés" du groupe SOS qui regroupe 500 associations et se présente comme première entreprise de l'économie sociale et solidaire en Europe. Créé en 1984, SOS se consacre à la lutte contre l'exclusion sous toutes ses formes. La ruralité est un des terrains d'intervention de "1 000 cafés".

Les actions concernent les communes de moins de 3 500 habitants. Ainsi, dans l'Aube, le village de Pâlis bénéficie également du soutien de l'association pour rouvrir un établissement. A Ferreux-Quincey, le maire avait été informé des actions de "1.000 cafés". Une fois le dossier instruit, une petite annonce a fait le reste pour trouver le gérant. L'accompagnement qui a précédé l'ouverture de "Chez Duk" se poursuivra, car le but de "1 000 cafés" est de développer une activité durable. Et en cas de difficultés, un renflouement peut être envisagé.

L'impact de la crise sanitaire

 

SOS qui bénéficie du soutien de l'Agence Nationale de Cohésion des Territoires et de partenariat avec une dizaine d'entreprises privées comme la Maif ou la SACEM, investit en moyenne 20 000 euros dans chaque opération. L'association "1 000 cafés" est mobilisée sur la réouverture de cafés, mais depuis le mois de septembre 2021, l'association a élargi son champ d'action. De nombreux petits établissements, en zone rurale, ont été fragilisés par la crise sanitaire. Un programme d'accompagnement a été mis en place afin d'éviter qu'ils ne disparaissent.

Dans le Grand Est, les  projets de 17 communes ont été sélectionnés dont deux dans les Ardennes, un en Haute-Marne, et 40 sont à l'étude. 1 200 dossiers de candidatures, provenant de toute la France, ont été adressés à "1 000 cafés" depuis son lancement. Plus de 100 projets ont déjà été sélectionnés. Il n'y a pas que dans le Grand Est que la ruralité est en quête de revitalisation.