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Daniel Paléni possède plusieurs voitures qu'il a restaurées avec patience et précision. Aujourd'hui, installé près de Troyes, il nous présente une Triumph TR4 de 1964, sa première auto qu'il a acquise il y a plus de vingt ans. L'auto est aujourd'hui dans un état irréprochable, elle est superbe. 

Méticuleux

Quand on rencontre Daniel pour la première fois, dans les environs de Troyes, on se rend très vite compte qu'on a affaire à un personnage méticuleux, minutieux, qui ne laisse rien au hasard. Dans la conversation, il a le souci du détail et aime expliquer le pourquoi du comment. Son garage est bien rangé, ses voitures protégées, les carrosseries sont impeccables, ça brille! C'est un perfectionniste. Toutes ces qualités, il les a mises au service de sa passion en restaurant cette magnifique Triumph TR4 de 1964. La voiture n'a plus une ride aujourd'hui, un petit bijoux.  
 
 

Pour découvrir la Triumph TR4 de l'intérieur, faites tourner la photo 360°

Depuis l'enfance

Très jeune, Daniel est attiré par la mécanique. Dans les années 50, alors que ses parents ne possèdent pas de voiture, son voisin est à la tête d'un atelier de réparation automobile et roule dans une superbe Hotchkiss. L'enfant est fasciné, pour toujours. Des années plus tard, le Troyen passe avec succès son CAP de mécanique auto puis se perfectionne au lycée de Gray en Haute-Saône pour se spécialiser dans l'injection et le diesel. Il débute tout naturellement sa carrière au garage Morin Auto à Troyes pendant quatre années. Une opportunité lui fait changer de direction professionnelle, il fait finalement toute sa carrière dans les télécommunications.

Mais sa passion première ne l'a jamais quitté. Un de ses collègues est passionné de voitures anciennes et lui transmet sans trop d'effort le virus. Au début des années 90, soutenu par son ami Michel Piat, il se lance et décide d'acquérir un modèle français d'avant-guerre de marque Georges Irat. Daniel se déplace chez un collectionneur mais lui achète finalement une tout autre voiture. Le prix plus abordable et l'évocation des sixties le font craquer pour cette belle Triumph TR4. D'autres voitures suivront dont bien sûr une Georges Irat.  

La Triumph TR4 en 10 photos

 

Une dynastie de TR

La Triumph TR4 succède en 1961 aux roadsters TR2 et TR3 qui participent à la renommée de la marque dans les années 50 en proposant de petits roadsters sportifs à coût mesuré. Elle revêt des lignes plus anguleuses que ces devancières, elle est dessinée par le designer italien Giovanni Michelotti. La TR4 est animée par un 2,2 litres à quatre cylindres de 105 ch. Elle connaît un joli succès notamment en Europe et sera vendue à plus de 40.000 exemplaires.

La série TR se perpétue jusqu'au début des années 80 avec la TR8 peu avant la disparition de la marque en 1984. Aujourd'hui Triumph appartient au groupe BMW. Renaîtra-t-elle un jour à l'instar de Mini ? 
Triumph TR4 1964

Une voiture sportive ?

Pour Daniel, la TR4 ne démérite pas au niveau des performances mais n'est pas véritablement un modèle sportif. "Le moteur est viril certes, mais si on la compare à de véritables modèles sportifs cela n'a rien à voir. Le moteur n'a pas la brillance des modèles italiens de l'époque comme la Giuletta pourvu d'un moteur en aluminium plus vif mais aussi beaucoup plus délicat. La TR4, c'est plutôt un bon compromis entre sport et loisir. C'est une voiture simple d'usage, dotée d'une mécanique robuste qui offre de belles performances avec un couple qui procure beaucoup de souplesse. C'est une voiture homogène comme les anglais savent faire à l'époque avec beaucoup de charmes et d'agrément. C'est l'auto idéale pour rouler cheveux au vent".

Pour l'anecdote, le moteur 4 cylindres de la Triumph a équipé d'autres véhicules à quatre roues.  En effet, Standard propriétaire de Triumph passe un accord avec Ferguson. Le moteur de la Triumph est adapté pour équiper des tracteurs agricoles ! De quoi inviter les détracteurs de la Triumph (en existe-il ?) à décrier la vocation sportive de la voiture ! 
Le moteur 4 cylindres de la Triumph sera adapté pour équiper des tracteurs de marque Ferguson.  / © Xavier Claeys / France 3 Champagne-Ardenne
Le moteur 4 cylindres de la Triumph sera adapté pour équiper des tracteurs de marque Ferguson. / © Xavier Claeys / France 3 Champagne-Ardenne

Restauration à 100 %

Daniel ose à peine l’avouer mais il a mis 15 ans à restaurer sa TR4. Lors de l’achat de la voiture, son état d’origine ne nécessitait pas une restauration lourde. Mais de fil en aiguille, il s’est pris au jeu et a tout démonté de A à Z. Il  a voulu « aller jusqu’au bout » arguant qu’avec les années, il y aurait été contraint un jour ou l’autre. 

Le collectionneur explique que la restauration d’un tel véhicule n’est pas trop difficile même pour un profane qui a quelques connaissances en mécanique : « tout est démontable, accessible et on retrouve à ce jour toutes les pièces nécessaires pour un coût raisonnable. »

Aujourd’hui à la retraite, l'Aubois a mis le pied sur l’accélérateur. Il rénove en ce moment une Citroën D Spécial, achetée il y a 2 ans, qu’il compte terminer d’ici la fin de l’année.

Mais ce n’est pas tout. Daniel est investi dans le monde associatif. Il est le coordinateur des délégués régionaux de la Fédération Française des Véhicules d'Epoque et délégué pour la Champagne-Ardenne. Il  passe beaucoup de son temps à démêler les problèmes des autres collectionneurs et à organiser des manifesations automobiles. Une retraite à temps plein pour satisfaire son insatiable passion. 
© Xavier Claeys / France 3 Champage-Ardenne
© Xavier Claeys / France 3 Champage-Ardenne

 

Overdrive et Surrey Top

La voiture de Daniel est équipée de deux options intéressantes. Un petit levier sur la côté gauche du volant permet de faire baisser le régime moteur sans changer de vitesse. Il s'agit de l'overdrive. Cette vitesse surmultipliée électromécanique permet de réduire le bruit et surtout de faire des  économies de carburant. Une option  dans l'air du temps! 

La Triumph TR4 de Daniel possède le Surrey Top. Un système d'arceau permet d'équiper le cabriolet d'un toit rigide escamotable. Ainsi en hiver, le roadster redevient un coupé. Ce concept précède celui adopté par Porsche avec sa célèbre et exclusive série Targa sortie en 1965 et toujours d'actualité aujourd'hui. 
L'option Surrey Top permet d'adapter un toit rigide les jours d'hiver.  / © Xavier Claeys / France 3 Champagne-Ardenne
L'option Surrey Top permet d'adapter un toit rigide les jours d'hiver. / © Xavier Claeys / France 3 Champagne-Ardenne

Facile à vivre

Daniel utilise sa TR4 essentiellement aux beaux jours. Il n'hésite pas à s'engager sur de longs périples de plus de 500 km tant la voiture s'avère fiable et facile à conduire dans le flux de la circulation moderne. En 2016, accompagné de son épouse, il a pris un immense plaisir à parcourir les routes sinueuses de la Corse. Seul inconvénient, le roadster ne permet pas d'emporter moult bagages. Inutile d'envisager le transport de tenues de soirées pour voyager ! Nul n'est parfait et rouler dans cette belle anglaise impose bien quelques sacrifices ! 
© Xavier Claeys France 3 / Champagne-Ardenne
© Xavier Claeys France 3 / Champagne-Ardenne