"En 10 minutes, on a perdu le travail d'une année" : quand la grêle détruit les cultures d'une jeune ferme maraîchère

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Écrit par Irvin Blonz

Quelques mois seulement après son ouverture, une ferme-maraîchère en libre-cueillette de fruits et légumes a été durement touchée par un orage de grêle à Troyes (Aube). 90 % de la récolte en extérieur est abîmée. Pour éviter le gâchis, la solidarité s'organise. De nombreux cueilleurs se déplacent pour sauver ce qui peut l'être.

Des poireaux effeuillés, des poivrons éventrés, des tomates percées de tous les côtés. Lorsqu'il parcourt ses cultures, Alexandre Dezobry gérant d'une ferme maraîchère à Troyes (Aube) ne peut que constater les dégâts causés par la grêle du mardi 6 septembre.

Ses légumes, cueillis en libre-service par les particuliers, n'ont pas tenu le choc. "On a perdu environ 90 % de la récolte en extérieur. Ceux sous serres ont été épargnés, mais les structures ont été fragilisées". Les portes de ses quatre tunnels sont renfoncées vers l'intérieur, les barres en fer tordues. Le gérant s'en est fait l'écho sur sa page Facebook. 

Jamais ce maraîcher n'aurait imaginé traverser un orage aussi violent début septembre. "Il a grêlé pendant 10 minutes, mais ça a suffit pour perdre le travail de toute une année !". Cet aléa climatique vient ternir une saison qui était plutôt bonne jusque là. "On a lancé notre activité il y a seulement quelques mois, début mai. On commençait à se faire une clientèle et ça fait mal de subir un coup d'arrêt comme celui-là.

L'approvisionnement maintenu grâce à d'autres cueillettes libre-service

La cueillette à la ferme de l'Espérance devait se poursuivre jusqu'à début novembre, avec la récolte des courges notamment. Mais impossible de s'arrêter complètement, l'urgence c'est aussi de pouvoir continuer à payer le salaire des cinq salariés de l'exploitation. "On va heureusement pouvoir compter sur la solidarité des autres producteurs du réseau "Chapeau de paille" (réseau des cueillettes à la ferme en France). Ils vont nous fournir des légumes qu'on vendra en magasin pour qu'on puisse quand-même terminer la saison." 

Et pour les légumes abîmés, pas question de les laisser pourrir. Depuis mercredi, la ferme propose des "paniers anti-gaspi" à 5 euros en boutique et des réductions de 30 % à 50 % sur la cueillette en libre-service. La conserverie les Pots de Caro va aussi transformer une partie des tomates abîmées en sauces et coulis. 

Quand on voit la solidarité, ça donne envie de se bouger et de repartir sur une nouvelle récolte l'an prochain."  

Alexandre Dezobry

gérant d'une ferme maraîchère en libre-service à Troyes

"On invite les gens à venir sauver ce qui reste, pour faire du coulis et des conserves. Et je dois dire qu'on a été agréablement surpris par l'engouement et la solidarité des gens. On n'arrête pas depuis hier, beaucoup ont répondu à notre appel. Quand on voit ça, ça donne envie de se bouger et de repartir sur une nouvelle récolte l'an prochain."  

Pour protéger sa récolte, Alexandre réfléchit à des filets anti-grêle, ou à l'agrivoltaïsme qui pourrait lui permettre de protéger une partie de sa récolte tout en produisant de l'électricité. En attendant, c'est une partie du chiffre d'affaires de l'année qui est perdue. 

Besoin de plus de protection contre les aléas climatiques

Difficile de donner un chiffre, d'autant qu'Alexandre n'a pas assuré sa récolte extérieure contre les aléas climatiques. "Je ne me suis peut-être pas assez informé sur les garanties des assurances et comment ça fonctionne, mais ce serait intéressant pour des jeunes agriculteurs comme moi de bénéficier de mécanismes de protection plus efficace, car ces épisodes pourraient se multiplier avec le réchauffement climatique". Le maraîcher aubois pense à des soutiens sur la trésorerie, ou des assurances pour la récolte plus accessibles financièrement pour les agriculteurs qui s'installent. 

La ferme de l'Espérance n'est pas la seule victime de l'orage du 6 septembre. Il a fait des dégâts a plusieurs endroits de la Champagne-Ardenne. A Charleville-Mézières (Ardennes), le séquoia bicentenaire du lycée Chancy a perdu plusieurs grosses branches, cassés par la force du vent. Un périmètre de sécurité avait été établi mercredi matin près de l'entrée de l'établissement, où se trouve ce conifère impressionnant. 

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