20 rues réaménagées à Strasbourg pour apaiser et sécuriser les abords des écoles

Adopté en mai 2021 par la Ville de Strasbourg, le plan "piéton" comptabilisera vingt "rues scolaires" à la fin de l'année 2023. Ce dispositif qui interdit l'accès aux voitures avec des fermetures complètes ou partielles de la voirie, a pour objectif de protéger les enfants et d'encourager l'accès aux écoles à vélo ou à pied.

Fini les moteurs de voitures allumés pendant que vous déposez vos enfants à l'école. À la fin de l'année 2023, Strasbourg comptera vingt "rues scolaires" avec pour objectif de sécuriser les abords d'une quarantaine d'écoles et d'apaiser la circulation.

Adopté en mai 2021, le Plan piéton voulu par la municipalité écologiste prévoit des fermetures complètes ou partielles de plusieurs voiries à la circulation des voitures. Une dizaine a déjà été inaugurée, le reste arrivera dès la rentrée scolaire 2023. "Le bilan est très positif là où nous avons fait des évaluations. 85% des parents d'élèves se déclarent très satisfaits", se réjouit Sophie Dupressoir, conseillère municipale à la ville "cyclable et marchable".

Malgré ces résultats positifs, la Ville affirme qu'elle continue à effectuer des ajustements pour rendre ces rues scolaires plus efficaces. "Nous travaillons sur le plan de circulation, des stationnements de reports, la mise en place d'arceaux pour encourager à venir à vélo", ajoute l'élue.

Priorité à la sécurité des enfants

L'une des premières rues à avoir bénéficié de ce dispositif est celle de l'Abbé Wetterlé dans le quartier Contades, avec l'installation d'une borne de sécurité nommée SIRAC. Elle s'abaisse grâce à un badge détenu par les riverains et peut être programmée pour laisser passer des véhicules à certains horaires seulement. 

Peu sont les parents qui y trouvent à redire. "C'est moins dangereux, beaucoup de parents viennent à pied ou à vélo", affirme l'un d'eux avant de déposer son enfant au groupe scolaire Edouard Branly. "C'est allier l'utile à l'agréable, c'est pas mal. Cela ne pose pas de soucis pour les riverains car ils ont un badge", affirme un autre.

En effet, des dérogations sont possibles pour les riverains qui possèdent un parking dans les rues concernées. "Ce dispositif ne me dérange pas, car on trouve plus facilement de la place lorsqu'on rentre de chez nous le soir", explique une habitante du quartier Contades. 

Des automobilistes mécontents

Pour d'autres, le dispositif des "rues scolaires" n'est pas adapté à la vie urbaine. "Sécuriser ces rues aux heures d'entrées et de sorties d'écoles, je suis tout à fait d'accord. Mais bloquer la rue 24h sur 24, c'est absurde, sinon cela devient une impasse. C'est une politique globale anti-voiture", déplore un automobiliste strasbourgeois. 

Un parent d'élève ajoute : "Avec les bornes on ne peut pas passer. Une fois j'ai essayé de me garer sur des places de parking devant un immeuble, mais l'une des voisines n'était pas très contente. Vu que j'enchaîne avec le travail, je ne peux pas venir à vélo, mais j'y pense".

"Protéger nos enfants est une priorité"

Sophie Dupressoir, conseillère municipale en charge de la ville cyclable et marchable

De son côté, la mairie de Strasbourg assume et demande un effort aux automobilistes. "Tout le monde peut être d'accord que protéger nos enfants est une priorité. Ça les protège des risques d'accidents mais aussi de la pollution. Pour les riverains, cela reste accessible s'ils ont un parking", rappelle Sophie Dupressoir.

Des dispositifs adaptés localement 

Depuis la première expérimentation devant le groupe scolaire Saint-Jean à Strasbourg en mars 2021, où les voitures étaient interdites de 8h10 à 8h50, d'autres dispositifs ont été mis en place aux abords d'autres établissements. 

Certaines rues sont totalement piétonnisées avec une fermeture complète à la circulation des véhicules motorisés. D'autres sont inaccessibles partiellement avec la mise en place de barrières pivotantes, ou encore des bornes SIRAC. 

Toutefois, la fermeture complète de la rue reste privilégiée par la municipalité car elle est la moins coûteuse. "Une borne SIRAC coûte près de 80.000 euros pour la collectivité", indique la conseillère municipale. Mais pour rendre une voirie aux piétons, il ne faut pas qu'il y ait d'accès riverains à des garages. Une difficulté qui ne devrait pas freiner la municipalité qui s'est engagée à créer dix "rues scolaires" chaque année d'ici la fin du mandat. 

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