Bas-Rhin : une association propose un sac d'urgence pour fuir les violences conjugales

Dans le Bas-Rhin, l’association Viaduq67 a constitué un pack d’urgence de première nécessité, le PPN. Un sac à dos avec tous les produits d’hygiène basiques pour les victimes de violences conjugales. Ce kit doit les aider à quitter leur conjoint en cas de danger.
 

En 2019, 600 femmes victimes de violences conjugales ont poussé la porte de l'association Viaduq67.
En 2019, 600 femmes victimes de violences conjugales ont poussé la porte de l'association Viaduq67. © Vanessa MEYER/MaxPPP
Pour inciter les victimes de violences conjugales à quitter leur domicile au plus vite, l’association Viaduq67 met en place un dispositif très concret. Il s’agit d’un PPN, un pack de première nécessité. L’idée est venue d’une réflexion plutôt crue se souvient Melissa Yesigul-Sayar, secrétaire générale de Viaduq France-Victimes 67, "une dame nous a dit c’est bien tout ça mais comment je change ma serviette hygiénique".

Ce sac à dos contient 15 produits d’hygiène primordiaux, en vrac : dentifrice, déodorant, tampons, savon, brosse à dents, serviettes de bain. Souvent dans la précipitation, les victimes n’ont pas le temps d’emporter une trousse de toilette. Plus qu’un soutien matériel, il y a une dimension psychologique. "Lorsque la personne arrive dans sa chambre d’hôtel avec toute sa solitude, elle n’a pas ce problème en plus... Il y a des gens pour s’occuper d’elle, pour la prendre en charge et lui faciliter la vie", insiste la secrétaire générale de Viaduq67.
 
Le pack de première nécessité comporte notamment une brosse à dent, du savon, du dentifrice et des tampons.
Le pack de première nécessité comporte notamment une brosse à dent, du savon, du dentifrice et des tampons. © Association Viaduq67

70 sacs disponibles dans les lieux de prise en charge

Quitter un conjoint violent demande du courage. Partir du domicile ne suffit pas, il ne faut pas y retourner. Alors une plaquette de l'association est glissée dans le pack avec tous les interlocuteurs du dispositif à contacter si besoin. Pour l’heure, 70 sacs sont à la disposition des victimes dans tous les lieux de prise en charge, tribunaux, commissariats, gendarmeries et espaces associatifs. Une dizaine a déjà été utilisée depuis juin.

"Si déjà une femme peut en bénéficier, c’est bien", se félicite Sabrina Bellucci, la directrice de l’association. Selon elle, il faut "porter la charge de l’effort à la place des victimes". L’entreprise strasbourgeoise Cawé, spécialisée dans le textile, a apporté sa contribution. Mille euros pour élaborer tous les packs.

Après les femmes, les enfants

En 2019, 600 femmes victimes de violences conjugales ont poussé la porte de Viaduq67. L’association est toujours à la recherche de nouveaux financements et lance un appel aux collectivités locales pour participer au dispositif. Le projet d’une trentaine de PPN pour enfant est à l’étude. Un pack d’urgence constitué cette fois de petits pots, de couches, de lait, de jouets et de livres.
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