Fêtes clandestines à Strasbourg : l'impuissance des forces de l'ordre et l'inquiétude des autorités de santé

Décidément, les week-ends se suivent et se ressemblent et ça ne devrait pas s'arranger. Les fêtes clandestines se multiplient à Strasbourg comme dans le reste de la France. Elle sont difficiles à tracer, organisées via snapchat. Les autorités de santé en appellent au bon sens.

Les embrassades sous le pied du grand sapin de Strasbourg pour la nouvelle année n'auront évidemment pas lieu cette année même si les services publics craignent une certaine désobéissance le soir du réveillon et les jours précédents
Les embrassades sous le pied du grand sapin de Strasbourg pour la nouvelle année n'auront évidemment pas lieu cette année même si les services publics craignent une certaine désobéissance le soir du réveillon et les jours précédents © Jean-Marc Loos / MaxPPP

"Ce sont des actes irresponsables!", fulmine encore Sylvain André, du syndicat Alternative Police, pour qualifier la fête clandestine organisée ce samedi dans un restaurant de la Meinau à Strasbourg et qui a rassemblé une centaine de personnes. L'organisateur, un trentenaire visiblement dépassé par l'invitation lancée sur le réseau social snapchat, est poursuivi pour mise en danger de la vie d'autrui.

"Ce réseau social est très problématique pour nous, explique encore Sylvain André, car on peut difficilement identifier les personnes, ni remonter les filières. Heureusement que pour samedi, quelqu'un a appelé le 17 parce qu'encore une fois, on ne peut pas anticiper". C'est la deuxième fête organisée en deux semaines à Strasbourg, un phénomène national qui inquiète évidemment les forces de l'ordre, qui redoutent des débordements le soir du réveillon.

 

Objectif : défier les forces de l'ordre

"La préfecture a demandé des unités de forces mobiles supplémentaires pour Strasbourg, j'espère qu'elle sera entendue par le gouvernement, ajoute Sylvain André. Le taux de présentiel a été monté à 80% des effectifs, ce qui est énorme. Nous sommes satisfaits aussi de l'arrêté pris par la préfecture concernant l'interdiction de la vente, de l'achat et de l'utilisation des engins pyrotechniques, ça donne un cadre légal aux agents pour agir. Le problème, c'est le couvre-feu. C'est une mesure tout à fait compréhensible sur le plan sanitaire mais certains vont évidemment vouloir sortir pour défier les forces de l'ordre, pour en découdre, d'autant que les policiers en ce moment font l'objet de défiance de la part d'une partie de la population," regrette le syndicaliste.

Des échauffourées en prévision donc. Dans un contexte sanitaire tendu. L'Agence régionale de santé en appelle au bon sens. Les chiffres ne sont pas bons du tout. Le taux d'incidence augmente, est même supérieur à la moyenne nationale. "La dynamique épidémique est marquée par un plateau à un niveau élevé, précise-t-elle dans un communiqué et le système de soins reste soumis à une forte pression, entraînant la déprogrammation de certains soins non urgents."

 

"Pas de bisou!"

"Je pense même que les chiffres sont sous-estimés précise Laure Pain, médecin, conseillère médicale pour l'ARS Grand Est. Les gens ne se font plus dépistés. Ce samedi, on a reçu seulement 100 personnes à l'aubette à Strasbourg. On réitère l'opération de dépistage le 19 décembre, mais on ne se leurre pas. Les gens ont peur d'être positifs et donc de ne pas pouvoir fêter en famille, d'autres redoutent que trop de dépistage positifs n'entraînent un reconfinement précoce". Des campagnes organisées aussi dans le Haut-Rhin du 16 au 19 décembre.

Mais puisque les Français ont visiblement l'intention de se rassembler sans se faire dépister, le médecin tient à faire quelques rappels de bon sens."Pas plus de six adultes, le soir de Noël et deux tables distinctes : une pour les adultes, une pour les enfants et les ados, qui sont très souvent asymptomatiques. Port du masque obligatoire, et à table bien penser à organiser plusieurs services en décalé pour que les personnes âgées n'enlèvent pas leur masque en même temps que les autres. Respect aussi de la distance physique, mettez les personnes âgées en bout de table avec deux mètres de distance, pensez à aérer 10 minutes toutes les heures et surtout pas de bisou! Evidemment on ne partage pas le même bol à l'apéro, on marque son verre, bref le respect très strict de tous ces gestes barrières est indispensable". Et de conclure par un cri du coeur à destination des soignants.

"Les hôpitaux sont toujours en tension, il faut penser aux soignants qui n'en peuvent plus alors que nous ne sommes pas sortis de la deuxième vague!" Le mois de janvier s'annonce tendu, les campagnes de dépistage se poursuivent avec une session déjà planifiée le 4 janvier à Strasbourg.

 

 

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