L'université de Strasbourg lance une consultation pour baptiser ses amphithéâtres aux noms de huit femmes

L'université de Strasbourg lance une grande consultation, du 10 mars au 6 avril 2023, afin de baptiser huit de ses amphithéâtres aux noms de huit femmes. Seuls neuf lieux universitaires strasbourgeois portent le nom d'une femme contre 78 pour les hommes.

Une semaine après la journée internationale des Droits des femmes, l'université de Strasbourg lance une consultation auprès de sa communauté, du 10 mars au 6 avril 2023, afin de baptiser huit de ses amphithéâtres au nom de huit femmes. Initiée par Isabelle Kraus, vice-présidente Egalité, parité, diversité, et Nicolas Matt, vice-président Patrimoine de l'université, elle débouchera sur différentes inaugurations qui se dérouleront à l'automne. 

Les noms proposés devront répondre à plusieurs critères. Il faut tout d'abord que les femmes soient décédées, qu'elles aient travaillé ou étudié à l'université de Strasbourg, et qu'elles aient contribué au rayonnement de l'université, de l'Alsace ou de leur pays par leurs travaux.

Pour la première fois, la Direction des affaires logistiques intérieures de l'université a effectué un recensement des noms de femmes présents sur le campus. Résultat, sur 1.328 lieux répertoriés, seuls neuf portent le nom d'une femme contre 78 pour les hommes. L'objectif est donc de "sortir de l'ombre et parler des parcours de femmes" qui ont participé au prestige de l'établissement strasbourgeois. 

Le projet reconduit pour plusieurs années

Les amphithéâtres nommés seront localisés sur le site de l’Esplanade, au Palais Universitaire, à l’Escarpe, à l’Institut Le Bel et dans les trois IUT des sites de Schiltigheim, Haguenau et Illkirch.

Le projet est né dans le "cadre d'une politique en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes menée depuis 2009", précise Isabelle Kraus. "Notre idée au départ était de baptiser des amphithéâtres avec des noms de femmes pour la journée internationale des droits des femmes. Nous avons finalement opté pour un projet pérenne". 

Nous voulions faire référence au 8 mars, et donc avoir huit femmes, pour huit amphitéâtres

Isabelle Kraus, vice-présidente Egalité, parité, diversité de l’Université de Strasbourg

Pour le lancement de cette opération, seuls huit lieux seront nommés. "Nous voulions faire référence au 8 mars, et donc avoir huit femmes, pour huit amphithéâtres de l'université", ajoute la vice-présidente. Dans les années futures, les noms qui n'ont pas été retenus pour l'inauguration de cet automne, serviront à la nomination d'autres lieux universitaires. 

À la suite de la consultation, les IUT, qui se verront eux aussi attribuer trois de ces huit noms, feront part de leurs préférences. Quant à l'équipe de présidence, elle se réunira pour choisir les femmes qui verront leurs noms figurer dans divers lieux du campus. 

Une démarche insuffisante ? 

L'objectif affiché par l'université est de rendre hommage à des talents féminins "qui sont là, qui existent". Ces noms permettront aussi à la communauté étudiante de "s'identifier à ces femmes". Une "très bonne initiative", selon Aliénor Laurent, vice-présidente du collectif Osez le féminisme 67. "Cela va dans notre sens. À l'automne dernier, nous avions d'ailleurs rebaptisé plusieurs rues de Strasbourg avec des noms de femmes illustres", ajoute-t-elle. 

La démarche est toutefois insuffisante, selon le collectif. "Il y a actuellement 78 noms d'hommes sur des lieux universitaires strasbourgeois, il faut donc accélérer le mouvement pour atteindre les 50%. Il y a beaucoup de femmes universitaires qui ont réalisé des travaux importants et dont les noms ont presque été oubliés", déplore Aliénor Laurent. 

De son côté, l'université affirme que le changement de noms de ses amphithéâtres prend du temps. Selon elle, si la pose d'une plaque est simple, il faut entreprendre diverses démarches logistiques et administratives pour faire reconnaître le changement de nom d'un lieu.