Mort de Naomi à Strasbourg: "nous voulions que tout le monde le sache", explique sa famille

Joints au téléphone par France 3 Alsace, la soeur et le père de Naomi, jeune Strasbourgeoise décédée quelques heures après son appel au Samu, expliquent pourquoi il ont tenu à rendre public l'enregistrement de la conversation et ce qu'ils attendent de l'enquête.

Naomi Musenga.
Naomi Musenga. © Facebook
Naomi Musenga, 22 ans, est décédée au Nouvel hôpital civil de Strasbourg, le 29 décembre 2017, quelques heures après son appel à l'aide au Samu, qui a tardé à la prendre en charge. Appel téléphonique dans lequel on entend la jeune maman expliquer qu'elle "va mourir" et l'opératrice lui répondre avec mépris. 


Première conséquence du retentissement médiatique de la mort de Naomi : l'opératrice, employée par les hôpitaux universitaires de Strasbourg n'exerce plus les mêmes fonctions en attendant les résultats de l'enquête interne de l'hôpital attendus dans trois semaines. "Une première analyse laisse à penser que les conditions de traitement de l'appel n'ont pas été conformes aux bonnes pratiques, mais seule l'enquête pourra le déterminer", a confié Christophe Gautier, le directeur des hôpitaux universitaires de Strasbourg, à France 3 Alsace.

Cette notion de non-assistance à personne en danger m'a beaucoup bouleversé, le mépris aussi, dans un pays comme le nôtre, si développé. Naomi ne méritait pas ça.


La famille de Naomi a écrit au procureur de la République pour réclamer l'ouverture d'une enquête judiciaire, mais n'a pas formellement déposé plainte. "On a demandé l'enregistrement parce que l''on ne comprenait pourquoi Naomi a dû attendre si longtemps pour être prise en charge, explique Louange Musenga, sa grande soeur. L'enregistrement nous a choqués. on ne s'attendait pas à ça. Avant même qu'on décide de le publier, on se disait que ce n'était pas normal. On sait qu'elle était seule quand elle a appelé, qu'elle avait des saignements."

"Au-delà de la colère, c'était difficile à supporter. Quand j'ai vu la réaction de ma mère, on avait l'impression que sa fille mourrait une deuxième fois. Dans l'appel, il y a des personnes qui rigolent entre elles, elles font semblant de ne pas comprendre le nom (...). On se demande comment une personne humaine peut poser ce genre de question à une personne qui est en train de mourir. Il fallait que tout le monde sache."



"Pourquoi y a-t-il eu des ricanements à ses appels de détresse? Pourquoi une autopsie n'a pas été pratiquée rapidement? Est-ce que notre fille aurait pu être sauvée? se demande Polycarpe Musenga, le père de Naomi. Et de poursuivre : Cette notion de non-assistance à personne en danger m'a beaucoup bouleversé, le mépris aussi, dans un pays comme le nôtre, si développé. Naomi ne méritait pas ça."

En décembre 2017, Naomi avait une petite fille de 17 mois; Elle faisait des missions d'intérim et souhaitait reprendre ses études dans la mode. 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers société affaire naomi musenga justice