Procès de l’attentat de Strasbourg : "Chérif Chekatt a été tué au combat, c’était un exemple", assure le terroriste Michaël Chiolo

Ce jeudi 7 mars 2024, un ancien codétenu de Chérif Chekatt était entendu en tant que témoin dans le procès de l’attentat du marché de Noël de Strasbourg. Michaël Chiolo, auteur de l’attentat de la prison de Condé-sur-Sarthe et ultraradicalisé, n'a pas hésité à glorifier son attaque.

C’est un homme qui se définit comme "appartenant à l’Etat islamique" qui a été entendu ce jeudi 7 mars par la cour d’assises spéciale de Paris. Michaël Chiolo, 32 ans, purge une peine de 30 ans de prison pour homicide et attend son procès pour l’attentat de la prison de Condé-sur-Sarthe commis sur deux surveillants en 2019.

Pull bleu foncé, barbe fourni, il entame son récit pour rendre hommage à son ami Chérif Chekatt, qu’il a côtoyé en détention entre septembre 2014 et mars 2015 à la maison d’arrêt d’Epinal. "Chérif était un frère, un ami proche. Il a fait partie des personnes que j’ai le plus aimées, le plus respectées. Il a renoncé à l’arrogance, saluait tout le monde, honorait les musulmans et leur venait en aide", commence-t-il depuis le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais).

Quand j’ai appris qu’il a été tué au combat, mon cœur s’est mélangé de joie mais aussi de tristesse

Michaël Chiolo

Au sujet de Chérif Chekatt

Donnant l'impression qu'il récite un texte, il continue : "Chérif aimait énormément l’islam, donc l’Etat islamique. Quand j’ai appris qu’il a été tué au combat, mon cœur s’est mélangé de joie, car c’est la meilleure des morts, mais aussi de tristesse, car j’ai perdu une des personnes qui étaient les plus chères à mes yeux. Certains parlent d'un fou, d'un extrémiste. Mais c'était un exemple."

S'ils n'ont pas partagé la même cellule, Chérif Chekatt et Michaël Chiolo se sont rencontrés dans le quartier arrivants à Epinal et se croisaient en promenade. Sur cette période, le Mosellan se souvient. "C'est quelqu'un avec qui j'avais un bon feeling. Il y a tout de suite eu un lien très fort entre lui et moi."

Les prémices d'un projet d'attentat dès 2014 ?

C'est à ce moment que le Strasbourgeois aurait fait part à son ami de son projet de commettre une action. "Déjà, à l'époque, il avait en tête de s'en prendre à la France d'une manière ou d'une autre."

"Vous l'avez encouragé dans son projet ?", lui demande la présidente Corinne Goetzmann. "Non, à l'époque, j'étais en attente de mon procès et je n'avais pas encore prêté allégeance [à l'Etat islamique, ndlr]", répond Chiolo. "Alors avez-vous essayé de le dissuader ?", relance la présidente. "Non."

Après le départ de Chérif Chekatt, les deux hommes ont continué à entretenir des liens, l'Alsacien lui envoyant des lettres, des livres et des vêtements tandis que le Mosellan était à l'isolement. Jusqu'au mois de décembre 2018 et l'attentat du marché de Noël de Strasbourg. "Quand j'ai vu l'attentat aux infos, j'étais sûr à 70% que c'était lui."

Je glorifie totalement l'attentat

Michaël Chiolo

"Je glorifie totalement l'attentat de Chérif Chekatt. Si j'avais été là, j'aurais participé avec lui", assume sans broncher Michaël Chiolo, qui avait indiqué avoir voulu "venger Chérif Chekatt" lors de son attentant à Condé-sur-Sarthe trois mois après celui de Strasbourg. "Si j'ai agi, c'est surtout pour Allah. J'ai parlé de Chérif parce que je savais que ça aurait un impact médiatique beaucoup plus important", explique-t-il aujourd'hui.

Dans une diction toujours limpide, très sûr de lui, Michaël Chiolo valorise son ami, ses idées, ses actes. Quand un avocat lui demande s'il a un mot pour les victimes de l'attentat de Strasbourg, Corinne Goetzmann l'interrompt. "Vous ne voulez pas encore lui offrir une tribune ?". Non, les victimes et leurs proches présents dans la salle d'audience n'en ont pas besoin.

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