Strasbourg : des bourdons aux plantes sauvages, les citoyens invités à faire l’inventaire de la biodiversité ordinaire

Bourdons, plantes sauvages, oiseaux, chauves-souris vous captivent ? L'Eurométropole de Strasbourg relaie le programme de sciences participatives du Muséum national d’histoire naturelle et vous propose de contribuer à l’inventaire de la biodiversité dans votre commune.

Bourdon en train de butiner une fleur
Bourdon en train de butiner une fleur © Christian Watier / Max PPP

Le programme d'inventaire de la biodiversité en France, lancé en 2018 par le Muséum national d'histoire naturelle, est relayé par l’Eurométropole de Strasbourg (EMS) à partir de ce printemps 2021.

Tous les citoyens et citoyennes qui le souhaitent peuvent participer au programme Vigie Nature porté par le Muséum national. Il leur suffit de s'inscrire sur le site de l'Eurométropole pour contribuer à une meilleure connaissance et protection de la biodiversité locale. Pas besoin d'aller bien loin, au contraire, l'idée est de relever ce qui vit dans sa rue, dans son jardin. Quatre grands domaines ont été retenus par l'EMS. 

A Strasbourg, l'idée de mettre plus de nature en ville n'est pas neuve. "Remettre de la nature en ville a commencé avec le zéro phyto en 2008" rappelle Mina Charnaux, chargée de mission Ville nature à l'Eurométropole de Strasbourg. "On a laissé la nature reprendre plus de place en ville, en supprimant les pesticides ou via Strasbourg, ça pousse par exemple, mais jusqu'à présent, on n'avait pas encore proposé de protocoles d'observation à tous les citoyens."

Il y a déjà eu des inventaires ponctuels en Alsace, réalisés par des observateurs bénévoles bien informés ou des scientifiques, comme le comptage des insectes sur une zone de prairies ou le comptage des oiseaux du jardin, le temps d'un week-end. "Les bénévoles de la LPO ou du GEPMA utilisaient déjà les protocoles de Vigie nature, mais cette fois, la démarche couvre une ou deux saisons, voire toute l'année et s'adresse à tout le monde. Il s'agit d'un suivi, pas de la photographie d'un moment." précise la spécialiste en écologie urbaine "et c'est le grand public qui intervient."

Les écoles et les gérants d'espace verts aussi

Pour les professeurs des écoles et les enseignants ou professeurs qui veulent faire participer leurs classes, des webinaires sont mis à disposition par le Muséum d'histoire naturelle. Il leur suffit de se créer un profil, mais l'EMS est prête à aider les enseignants à se lancer. "Si la demande s'en fait sentir, nous pourrons organiser des temps de formation spécifiques ou répondre aux questions d'organisation. On veut se faire relais, mais aussi facilitateur."

Pour ceux qui gèrent les espaces verts (communes, entreprises, CTS, universités...) cinq formations sont prévues dans le cadre de la charte "Tous unis pour plus de biodiversité " qui existe depuis 2012. Ils seront accompagnés pour la gestion des prairies ou espaces verts publics ou privés dont ils ont la charge. Là aussi, des formations pourront être mises en place dans les communes ou entreprises. Une fois leurs observations enregistrées, les chercheurs étudient ces résultats et font des préconisations aux gestionnaires, pour améliorer la biodiversité des sites qu'ils gèrent. 

Devenir des observateurs utiles

Via le programme Vigie Nature, la collectivité propose à chacun et chacune de participer à la recherche en observant son milieu. Les données collectées seront analysées par des scientifiques afin d'améliorer la connaissance générale de la biodiversité. Pour lancer cette opération avec le grand public, l’Eurométropole de Strasbourg donne rendez-vous aux intéressés -courant mai, la date reste à préciser - pour échanger sur les sciences participatives et les quatre protocoles retenus à ce stade (bourdons, vigie-chiro, birdlab et sauvages de ma rue) à travers un webinaire. Faire avancer la recherche et protéger la biodiversité locale, devient ainsi l'affaire de tous.

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