Strasbourg : Extinction Rebellion bloque une rue pour alerter sur l'urgence climatique à la veille de la COP26

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Écrit par Noémie Gaschy
Gabrielle a du libérer la route au bout d'une dizaine de minutes, après discussion avec les policiers.
Gabrielle a du libérer la route au bout d'une dizaine de minutes, après discussion avec les policiers. © Karine Gélébart / France Télévisions

Comme partout en France ce samedi 30 octobre, des militants d'Extinction Rebellion ont bloqué une rue menant au centre-ville de Strasbourg. Avec un objectif : que les passants prennent conscience de l'urgence climatique et agissent. Ils n'attendent rien de la COP26 qui s'ouvre ce dimanche.

"Je suis terrifiée pour l'avenir de nos enfants à cause de la crise écologique". Gabrielle, 23 ans, a couché ses angoisses sur pancarte. Assise sur la route, au bout de la rue du Vieux-marché-aux-poissons, elle a bloqué l'accès au parking Gutenberg et donc au centre-ville de Strasbourg en début d'après-midi. Une action menée par Extinction Rebellion dans environ 200 villes en France, ce samedi 30 octobre.

Le lieu choisi par l'étudiante strasbourgeoise est symbolique, aux portes des commerces. La date, également. L'opération s'est tenue à la veille de la COP26 qui démarre ce dimanche à Glasgow, en Écosse. Avec ses camarades militants, elle a un message clair à destination des passants : arrêtez-vous et réfléchissez. Face à l'urgence climatique, changez vos habitudes, votre façon de consommer.

Si certains automobilistes ont pesté devant les désagréments occasionnés, d'autres ont salué la démarche. Des réactions partagées qui n'ont pas altéré la motivation de la poignée de militants d'Extinction Rebellion mobilisés. Pour eux, seule une prise de conscience des citoyens peut permettre d'enrayer le désastre écologique. Ils ne croient plus en les promesses des dirigeants politiques et n'attendent rien de la COP26. Nous leur avons donné la parole.

Gabrielle, 23 ans, étudiante en ingénierie

J'ai 23 ans, j'aimerais avoir des enfants mais je me pose des questions. Ce qui me fait peur, c'est l'effondrement de notre société. Je prends souvent l'exemple du pic pétrolier qui atteindra bientôt son maximum et je me dis qu'ensuite, il y aura tellement de différences entre ceux qui vont pouvoir se payer l'énergie et ceux qui n'y auront pas accès et devront quand même continuer à vivre dans un monde industrialisé... Ma préoccupation, c'est le climat dans lequel évolueront mes enfants si j'en ai un jour. J'ai peur de l'inaction. Si on se prépare au futur maintenant, ça ne peut qu'aller mieux car on prendra des initiatives pour s'adapter.

Marc, 48 ans, conseiller jeunesse et photographe

Il y a assez de littérature pour savoir ce que chacun peut faire selon ses possibilités : prendre les transports en commun, arrêter de manger de la viande... On peut trouver quoi faire si on a envie. Mais je pense que chacun doit agir là où il est le plus efficace, c'est-à-dire là où il a le plus d'influence et de compétences et faire ce qu'il sait faire pour avancer. C'est ça le plus urgent individuellement, se mettre au service du collectif. Il faudrait être naïf pour fonder des espoirs sur la COP26. C'est loin d'être la première, il y a eu beaucoup de blabla. Je crois que les dirigeants n'ont pas envie d'agir. Les promesses, ça sert à ne rien faire.

Camille, 32 ans, artiste

Il ne faut plus attendre qu'on nous dise d'au-dessus quoi faire. Il faudrait repenser notre rapport à la consommation, à la nature, à l'environnement et arrêter d'être dans un extractivisme perpétuel de ressources, des êtres humains, de tout ce qu'on a autour de nous. On ne peut plus rien faire pour le monde tel qu'on le connaît aujourd'hui, c'est trop tard, il va forcément changer mais on peut toujours enrayer les choses et se préparer. Ce changement peut être l'occasion de modifier notre rapport aux autres. Il faut qu'on s'organise, qu'on se parle les uns aux autres car à mon avis, c'est ce qui nous aidera à nous adapter, être soudés et créer de nouveaux réseaux humains. 

Jean, 30 ans, consultant digital

Il faut une prise de conscience individuelle avant de pouvoir aboutir à une prise de conscience collective plus large. Et quand je parle de prise de conscience, ce n'est pas seulement trier nos déchets. Il va falloir essayer de changer notre mode de vie, c'est ça le réel engagement, prendre conscience que collectivement, il va y avoir des efforts durs à faire. Et je ne pense pas qu'on peut attendre grand-chose des politiques pour le faire, malheureusement. 

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