Strasbourg : les eurodéputés reviendront au Parlement européen pour la session plénière de juin

Près d'un an et demi après la dernière session organisée à Strasbourg, les eurodéputés retrouveront sauf en cas de "force majeure", l'hémicycle du Parlement européen en juin. Ce point a été acté entre les chefs des groupes politiques et le président de l'institution ce mercredi 12 mai.

L'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg.
L'hémicycle du Parlement européen à Strasbourg. © Alexandre MARCHI/MaxPPP

Les eurodéputés effectueront leur grand retour au siège du Parlement européen (PE) à Strasbourg, à l'occasion de la session plénière de juin prévue du 7 au 10 juin. Les présidents des groupes politiques du PE ont acté la décision ce mercredi 12 mai lors d'une réunion avec David Sassoli, président de l'institution. "Le président du Parlement européen a communiqué aux présidents des groupes politiques que, sauf force majeure, le Parlement européen sera de retour à Strasbourg pour sa session plénière de juin", a tweeté le porte-parole du Parlement, Jaume Duch. L'annonce a été évidemment accueillie avec joie par Jeanne Barseghian. "Je suis ravie de cette confirmation", se félicite la maire (EELV) de Strasbourg. "Il était temps, il est urgent que le parlement siège dans sa ville-hôte, et que les activités puissent reprendre."

Quelques heures avant, des réactions très positives avaient d'ores et déjà été partagées. "Le ciel se dégage enfin, pour la première fois les Présidents de groupe évoqueront le retour des sessions du Parlement Européen à Strasbourg cet après-midi", s'est ainsi réjouie l'eurodéputée Anne Sander sur les réseaux sociaux. "Je suis très heureuse que le Parlement retrouve son lieu de travail, de rencontre, fournisse un travail serein, loin des bureaux et des lobbies de Bruxelles", a déclaré l'eurodéputée (Renew Europe) Fabienne Keller, contactée ce mercredi matin. "Vous nous avez manqué. Nous nous réjouissons d’accueillir à nouveau les députés européens, assistants parlementaires et toutes les personnes qui travaillent pour cette belle institution dans notre capitale européenne", s'est aussi enthousiasmée Céline Geissmann, adjointe à la maire de Strasbourg.

En mode hybride

"Le format de cette session n'est pas encore défini", précise la maire de Strasbourg. Un rendez-vous en visioconférence avec David Sassoli aura lieu dans une dizaine de jours pour le déterminer. "Il est possible qu'il soit hybride, avec une partie des députés et fonctionnaires présents et d'autres connectés à distance. J'imagine que cela dépendra aussi de l'évolution des chiffres du Covid19", indique-t-elle.

"Certes, ce serait une session dans une configuration minimale mais cela marquerait le retour des députés au sein de la ville dans laquelle bat le cœur démocratique de l’Europe", a relevé Jean-Philippe Vetter. Le président du groupe LR au conseil municipal de Strasbourg rappelle "que plus de 20 000 emplois directs et indirects dépendent de la présence du Parlement à Strasbourg et, qu’au-delà de cet aspect économique, il s’agit de respecter les traités qui font de Strasbourg le siège du Parlement européen". Une session classique serait ensuite envisagée en juillet.

Depuis plus d'un an, aucune session plénière ne s'est tenue au Parlement européen de Strasbourg en raison de la crise sanitaire. La dernière en date remonte au mois de février 2020, avant l'éclatement de la pandémie de Covid-19 et la mise en place de mesures de confinement. Les débats se poursuivent en distanciel, pilotés depuis Bruxelles. 


Strasbourg "symbole vivant" de l'histoire de la construction européenne

Dimanche 9 mai, Emmanuel Macron a profité de sa présence à Strasbourg, à l'occasion du lancement de la Conférence sur l'avenir de l'Europe, pour souligner face aux chefs des institutions européennes le "symbole vivant" représenté par cette ville dans l'histoire de la construction européenne. "C'est ici que bat le coeur de la démocratie européenne", a-t-il affirmé, souhaitant que la session plénière de juin marque son retour dans la capitale alsacienne. David Sassoli, déclarait "ne pas douter que le Parlement européen pourra revenir très bientôt à Strasbourg" mais sans avancer de date.  

Le chef de l'Etat a également signé ce jour-là le nouveau contrat triennal avec les collectivités territoriales pour renforcer la dimension européenne de Strasbourg. Doté de 189 millions d'euros, il vise à améliorer l'accessibilité de la ville pour les eurodéputés et fonctionnaires européens, créer un poste à Bruxelles pour défendre la place de Strasbourg auprès des institutions européennes ou encore financer des projets dans la recherche, la culture, la démocratie et les droits humains. 

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