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A Strasbourg, une mise en scène choc de militants antispécistes contre la pêche et l’exploitation des animaux marins

Une vingtaine de militants se sont mobilisés samedi 30 mars à Strasbourg pour dénoncer l'exploitation des animaux marins par l'homme. / © Aurélia Abdelbost / France 3 Alsace
Une vingtaine de militants se sont mobilisés samedi 30 mars à Strasbourg pour dénoncer l'exploitation des animaux marins par l'homme. / © Aurélia Abdelbost / France 3 Alsace

A l'occasion de la journée mondiale pour la fin de la pêche, des militants de l'association 269 Life France ont réalisé à Strasbourg une mise en scène choc samedi 30 mars. Certains sont allés jusqu'à s'hameçonner la joue pour dénoncer la pêche et l’exploitation des animaux marins.

Par Aurélia Abdelbost

Un pêcheur vêtu d'un anorak vert fluo, équipé de sa canne à pêche, se tient place Kléber à Strasbourg samedi 30 mars. Au bout de sa ligne se trouvent non pas des poissons mais des êtres humains, un hameçon leur transperçant le visage, avec dans leurs mains des poissons morts (en plastique) et du (faux) sang étalé autour d'eux.
 
Un hameçon transperce le visage de ces quatre militants qui dénoncent la souffrance que subissent les poissons. / © Aurélia Abdelbost / France 3 Alsace
Un hameçon transperce le visage de ces quatre militants qui dénoncent la souffrance que subissent les poissons. / © Aurélia Abdelbost / France 3 Alsace

En perçant leur corps, ces quatre militants de l'association 269 Life France ont décidé de taper fort pour interpeller les passsants et les sensibiliser à l'exploitation des animaux marins, une première en France selon l'association. "On mise sur le principe d'empathie pour que les gens comprennent ce que les poissons subissent", explique Chloé Ka, porte-parole de 269 Life France. Elle précise : "Les animaux aquatiques sont des êtres sensibles, mais ils sont tellement éloignés de nous mammifères qu'ils subissent une forme d'invisibilité". 

Des actions sont aussi organisées à Paris, Montpellier ou Marseille ou dans d'autres pays samedi 30 mars, dans le cadre de la journée mondiale pour la fin de la pêche. "1000 milliards d’[animaux marins] sont tués chaque année par décompression et suffocation", selon 269 Life France. 
 

"Vous cautionnez leur massacre"

"Interpeller", "faire réagir", le but est atteint. Les passants s'arrêtent pour observer la mise en scène. Des militants se sont enchaînés en ronde et tiennent des pancartes aux messages forts : "Vous cautionnez leur massacre" ou encore "Et vous, préférez-vous mourir par suffocation ou étouffer sous le poids de vos congénères?". Au total, une vingtaine de personnes participent à l'action.
 


"Franchement c'est fort ça fait réagir", souligne Aurélie Diem, 20 ans qui passe par là. Un avis partagé par Carole Balmer, 58 ans : "C'est bien présenté, il y a le bruit de la mer en fond, des personnes se tiennent immobiles et on peut bien lire les panneaux". Mais pour d'autres le message n'est pas assez clair : "On préfererait avoir des explications détaillées plutôt que cette mise en scène ", font remarquer Déborah et Philippe Webert, 45 et 48 ans. 
 

Qu'est-ce que l'anti-spécisme ?

Le principe défendu par les militants, l'antispécisme, est loin d'être connu de tous. "Nous sommes contre l'idée que sous prétexte que l'être humain serait une espèce supérieure, il aurait le droit d'exploiter tous les animaux de la terre", indique Jim Buhler. Le spécisme c'est "mépriser volontairement et sans nécessité les intérêts fondamentaux des autres sous prétexte qu’ils sont d’une autre espèce", détaille l'association sur son site internet.

Même sans partager cette façon de penser, certains comprennent leur action. "Je pense que la démarche de changer ses habitudes de consommation commence par un soucis de santé puis tout doucement on adhère à la cause animale", lance une passante. Certaines personnes remercient les militants, d'autres trouvent la mise en scène "exagérée" ou ne comprennent pas le message. "Des personnes nous soutiennent, d'autres ont du mal à remettre en cause leurs habitudes, leurs valeurs et leur réaction peut être agressive ou certains prennent la fuite", témoigne Jim Buhler, militant de 21 ans. Quand on touche à l'asssiette, les réactions peuvent être vives. 
 

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