Un restaurant inondé deux fois en deux mois : "je n'ai pas pu retenir mes larmes", raconte la propriétaire

L'auberge du Baechel-Brunn à Merkwiller-Pechelbronn a de nouveau été inondée jeudi 22 février pendant une journée de fortes précipitations. C'est la deuxième fois en l'espace de deux mois. Le sinistre a également touché une quinzaine de maisons et plusieurs bâtiments communaux de ce village du nord de l'Alsace. Le phénomène a été plus violent que la fois précédente.

Les belles histoires du dimanche
Découvrez des récits inspirants de solidarité et d'altruisme, et partez à la rencontre de la générosité. Émotions garanties chaque dimanche !
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "Les belles histoires du dimanche". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

Deux inondations en deux mois, Esther Limmacher a encore du mal à y croire. Avec son époux Thomas, ils tiennent l'auberge du Baechel-Brunn à Merkwiller-Pechelbronn, une institution gastronomique dans ce coin de l'Outre-Forêt, tout au nord de l'Alsace.

Le couple a débuté l'année 2024 les pieds dans l'eau. Une première inondation du restaurant le 2 janvier 2024. Du jamais vu, jusqu'à hier soir, le 22 février 2024, jour de fermeture du restaurant et de précipitations intenses. De quoi faire sortir de son lit le Seltzbach qui coule juste derrière l'auberge.

"L'eau est arrivée moins rapidement, mais en plus grande quantité, on l'a vue monter progressivement dès 14 heures et jusqu'à 20 heures" raconte Esther. Une ascension irrémédiable, comme dans un mauvais rêve, malgré les pompes à eau, malgré la solidarité des habitants, venus prêter main-forte, malgré l'intervention des pompiers.

80 cm d'eau dans la cave à vin, idem dans les chambres froides et la cuisine du restaurant. Dans la soirée, l'eau est repartie comme elle est venue.

Restent les dégâts, bien plus grands que la première fois. "Il y a de la boue partout, tout est humide et sale, ça pue " déplore Esther. Ce matin, devant ce spectacle, les nerfs lâchent. "Je n'ai pas pu retenir mes larmes, je suis dans un état pas possible, on ne sait pas par où commencer, le nettoyage, la paperasse, j'ai passé la matinée au téléphone".

Les pertes sont conséquentes. Les chambres froides étaient pleines. Il faut tout jeter et annuler les réservations du week-end, près d'une centaine. Le restaurant restera fermé ces trois prochains jours.

"La route principale était inondée, on avait 30 cm d'eau sur la route, c'est pire que la dernière fois"

Dominique Schneider, maire de Merkwiller-Pechelbronn

Une quinzaine de foyers du village ont vécu le même scénario."Hier soir, c'était catastrophique" confirme Dominique Schneider, le maire de Merkwiller-Pechelbronn. "La route principale était inondée, on avait 30 cm d'eau sur la route, c'est pire que la dernière fois".

L'accueil de la mairie, les ateliers municipaux et la poste communale ont également été inondés. De mémoire d'habitants, la crue du Seltzbach n'a rien d'inhabituel, mais pas dans de telles proportions. "Les sols étaient gorgés d'eau, ils n'absorbaient plus rien", estime le maire.

"Mes beaux-parents qui tenaient le restaurant avant nous ont déjà connu des inondations, mais pas de phénomène aussi impressionnant", raconte Esther qui aimerait que les élus trouvent des solutions. 

Mais le maire semble bien démuni. "Il a deux ans, j'avais demandé aux services de l'Etat de réaliser un curage de la rivière. Ils ont refusé pour ne pas perturber la faune et la flore". L'édile promet de revenir à la charge. "Par endroits, il y a jusqu'à 40 m³ de sable, je ne sais pas si cela suffira à régler le problème, mais peut-être que ça peut l'atténuer".

Difficile de réagir face à des phénomènes aussi brefs que brutaux. Dans l'immédiat, le maire a demandé pour sa commune la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. "De quoi mieux indemniser les habitants et accélérer les procédures " précise-t-il.

Chacun espère la fin de cette série noire mais désormais, à Merkwiller-Pechelbronn, chaque ciel menaçant fait redouter le pire.