Féminicide à Wissembourg : 250 personnes à la marche blanche en hommage à Christine Bailly

A Wissembourg, près de 250 personnes ont participé ce jeudi 8 octobre, dès 13h30, à une marche blanche en souvenir de Christine Bailly, décédée sous les coups de couteau de son ex-compagnon en septembre. Un dernier hommage, à l’appel de la famille avant ses obsèques. 
 
Des participants à la marche blanche, en hommage à Christine Bailly le jeudi 8 octobre 2020.
Des participants à la marche blanche, en hommage à Christine Bailly le jeudi 8 octobre 2020. © Marie Heidmann/France Télévisions
Beaucoup d’émotion dans les rues de Wissembourg ce jeudi 8 octobre. Près de 250 personnes ont défilé en hommage à Christine Bailly, qui a succombé sous les coups de couteau de son ex-compagnon samedi 26 septembre dernier à son domicile. Ses proches, collègues, anciens collégues, des amis de ses enfants et des anonymes ont répondu à l’appel lancé par sa famille. Dans la foule, se sont mêlés des Wissembourgeois venus témoigner de leur soutien et ceux qui l’ont connue et appréciée.

Sandra Fischer-Junck, maire de Wissembourg, a également participé à la marche : "C'était important d'être présente, en tant que premier magistrat mais avant tout en tant que femme, en tant que représentante des femmes. J'espère vraiment que justice sera faite. Un homme n'a pas le droit de disséminer une famille, de tuer un être, parce qu'elle ose dire non".
 
Des collègues de Christine Bailly, venues avec des roses blanches, devant l'Ehpad Stanislas de Wissembourg.
Des collègues de Christine Bailly, venues avec des roses blanches, devant l'Ehpad Stanislas de Wissembourg. © Marie Heidmann/ France Télévisions

Le départ de la marche a eu lieu à 13 h 30, devant l’Ehpad Stanislas, 7 rue de la montagne à Wissembourg, où Christine Bailly a travaillé comme aide-soignante pendant 32 ans. Les participants ont ensuite marché dans le centre ville.
 
Les enfants de la victime, Perrine et Nicolas Bailly en tête du cortège.
Les enfants de la victime, Perrine et Nicolas Bailly en tête du cortège. © Marie Heidmann/ France Télévisions.
Cette marche visait à rendre un dernier hommage à Christine Bailly, et il s’agissait aussi de sensibiliser à l’horreur des féminicides. Le cortège s'est rendu devant l’église protestante Saint-Jean de Wissembourg où se sont déroulées les obsèques à partir de 14h30. Aucune prise de parole n'a eu lieu avant ce temps de recueillement.

L'église pouvait comptenir 120 personnes et un comptage a eu lieu avant l'entrée dans le lieu Saint. "À tous ceux qui nous ont témoigné leur soutien, de quelque manière que ce soit, nous adressons nos plus profonds remerciements", écrivent encore les enfants de la défunte, Perrine et Nicolas Bailly. A l'issue de la marche, Nicolas, le fils, a prononcé quelques mots. "Avant d'être une victime, c'était une femme, une épouse, une aide-soignante, une maman et une mamie formidable". 
Marche blanche dans le centre ville de Wissembourg, ce jeudi 8 octobre vers 14h.
Marche blanche dans le centre ville de Wissembourg, ce jeudi 8 octobre vers 14h. © Marie Heidmann/ France Télévisions

Une cagnotte pour soutenir les enfants

Le triste sort subi par sa famille suscite un élan de soutien. Trois amies proches de Nicolas et Perrine, Marlène, Mathilde et Marie-Lise ont lancé une cagnotte en ligne sur Leetchi afin de les soutenir financièrement dans les démarches auxquels ils sont confrontés. Son ex-compagnon a été lui mis en examen pour assassinat. L’homme âgé de 50 ans a avoué son crime, et affirme avoir agi sous le coup d'une impulsion. Christine Bailly est la 68e victime de féminicide en France depuis le 1er janvier 2020.

Rappel des faits

Le corps sans vie de Christine Bailly avait été retrouvé gisant dans une mare de sang à proximité du garage de l'habitation familiale samedi 26 septembre. Cette mère de famille, aide-soignante à l'Ehpad Stanislas, a été frappée d'au moins trois coups de couteau. Agée de 58 ans, la victime avait entretenu pendant plusieurs mois une liaison avec un homme de 50 ans. C'est la famille de ce dernier, sans nouvelles, qui avait donné l'alerte. A son domicile, les gendarmes ont retrouvé des écrits évoquant une "trahison" et le funeste projet. Un homicide incompréhensible pour les voisins de la quinquagénaire, décrite comme "discrète", et qu'ils n'avaient pas perçue comme particulièrement menacée ou en danger. 
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