PHOTOS - Le carnaval d'Offenbourg bat son plein depuis 6 heures du matin, “Narri, Narro !”

Jeudi gras à Offenburg / © F. Grandon
Jeudi gras à Offenburg / © F. Grandon

C'est jeudi gras aujourd'hui, ou "schmotziger Donnerstag" ("jeudi sale" littéralement) dans la tradition des carnavals allemands : le coup d'envoi d'une semaine de festivités et le point d'orgue du carnaval Outre-Rhin. Reportage à Offenbourg au son des "Narri, Narro !".

Par Florence Grandon

Ça y est, les fous sont lâchés, ils ont pris les rênes de la ville d'Offenbourg pour une semaine de carnaval, de transgressions et de rires. Ils se sont tous donné rendez-vous jeudi gras, à 6h du matin, sur la Lindenplatz, la zone piétonne du centre-ville, entre travaux de voirie et rue piétonne rénovée.


Acte I - le réveil des habitants

Le gardien de nuit, lanterne à la main et cor autour du cou arpente les rues du centre-ville à partir de 5h pour réveiller les habitants, qui sortent en pyjama ou chemise de nuit dans la rue. Tous convergent ensuite vers la Lindenplatz, à moitié endormis et silencieux. Peu à peu, les tambours se font entendre, des éclats de voix et des crécelles animent les ruelles. Quelques feux d'artifices éclairent la nuit. La ville se réveille progressivement.
Le gardien de nuit réveille les habitants pour jeudi gras à Offenburg jeudi 8 février 2018 / © F. Grandon
Le gardien de nuit réveille les habitants pour jeudi gras à Offenburg jeudi 8 février 2018 / © F. Grandon
Habitants en pyjama / © F. Grandon
Habitants en pyjama / © F. Grandon


Acte II - le baptême

Plus de 300 personnes, petits et grands se ressemblent autour des associations carnavalesques, montées sur une tribune avec leurs masques et leurs déguisements. La Althistorische Narrenzunft Offenburg s'avance, une poupée dans les bras. Le premier "enfant carnaval" est baptisé, après la lecture d'un poème retraçant les événements de l'année passée : les grands travaux et les problèmes de circulation qui gênent les habitants sont au centre des préoccupations des carnavaliers. Du coup, le poupon est nommé "Lindenplatz Pfäschterle" (petit pavé de la Lindenplatz, en badois). Et la foule reprend en choeur "Narri, Narro", pour acclamer le Fastnachkind.
Le père du poupon, le parrain, la sage-femme portant l'enfant carnaval baptisé Lindenplatz Pfäschterle et un fou de l'association Althistorische Narrenzunft Offenburg / © F. Grandon
Le père du poupon, le parrain, la sage-femme portant l'enfant carnaval baptisé Lindenplatz Pfäschterle et un fou de l'association Althistorische Narrenzunft Offenburg / © F. Grandon
Veef und Andres, les parents de l'enfant carnaval / © F. Grandon
Veef und Andres, les parents de l'enfant carnaval / © F. Grandon

Puis c'est au tour des sorcières de la Offenburger Hexenzunft de monter sur scène, avec leur poupon. Il est à son tour baptisé, et se prénomme "s'grün Stadt-Busle" (petit bus vert), en hommage aux nouveaux bus verts de la ville d'Offenbourg, mis en service en novembre dernier et qui ont chamboulé les habitudes des habitants : certains arrêts ont été déplacés et plusieurs lignes ont été grandement modifiés. "Narri, Narro !"

L'association Hexenzunft avec le poupon "s'grün Stadt-Busle" / © F. Grandon
L'association Hexenzunft avec le poupon "s'grün Stadt-Busle" / © F. Grandon

Il y a trop de lumières cette année !

Barbara et son fils Lorenz habitent Offenbourg. Pour eux, le carnaval c'est une fête traditionnelle à laquelle ils prennent part chaque année, mais pas à tous les événements. Lorenz a du se lever très tôt ce matin, et ses yeux ne sont pas encore complètement ouverts."Une fois qu'on est debout, ça va", assure-t-il. Barbara explique que d'habitude la place est plongée dans le noir. Mais là, "avec la rénovation complète de la Lindenplatz et le nouvel éclairage, ça change toute l'ambiance, et ce n'est plus pareil : on ne voit pas bien les feux des sorcières, c'est dommage !'.
 

Barbara et Lorenz / © F. Grandon
Barbara et Lorenz / © F. Grandon


Acte III - la polonaise

Les carnavaliers, les enfants et tous les fêtards se mettent alors à faire la polonaise (en français ce serait la chenille), en chantant et en se tenant par les épaules. Pour bouger aussi parce qu'il fait un peu froid.
Feux d'artifice et polonaise / © F. Grandon
Feux d'artifice et polonaise / © F. Grandon
La polonaise / © F. Grandon
La polonaise / © F. Grandon


Acte IV - la soupe de haricots

Et pour continuer de se réchauffer, les associations carnavalesques offrent la soupe de haricots à tout le monde. Pourquoi des haricots ? "Offenburg est renommée "Bohnenburg" (la ville haricots) pendant toute la durée du carnaval, et les habitants sont des "Bohnenbürger" explique Thomas Decker, Zunftmeister (chef de la clique Althistorische Narrenzunft Offenburg). La clique a prévu 240 litres de soupe, et en quelques minutes, les habitants affamés la terminent. La boulangerie de la place sustentera les autres. Pendant que les deux associations repartent en fanfare avec leurs poupons, pour les présenter au maire de la ville. La journée sera longue, et se terminera par un bal ce soir.

Bohnensuppe, soupe de haricots / © F. Grandon
Bohnensuppe, soupe de haricots / © F. Grandon
Bohnensuppe, soupe aux haricots / © F. Grandon
Bohnensuppe, soupe aux haricots / © F. Grandon
Fétards à Offenburg / © F. Grandon
Fétards à Offenburg / © F. Grandon
La boulangerie rassasie les carnavaliers / © F. Grandon
La boulangerie rassasie les carnavaliers / © F. Grandon


Ambiance de jeudi gras à Offenburg :
 

 

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