CARTE. Sécurité : "c'est un soulagement", neuf nouvelles brigades de gendarmerie annoncées en Champagne-Ardenne

Le président de la République a annoncé, ce lundi 02 octobre, la création de 237 nouvelles brigades de gendarmerie. En Champagne-Ardenne, il y en aura neuf (cinq fixes, et quatre mobiles) dans les 4 départements, la Marne, la Haute-Marne, les Ardennes et l'Aube qui est la mieux dotée.

Plus de gendarmes d'ici 2027 dans les zones rurales et péri-urbaines du pays. C'est l'annonce du jour faite par Emmanuel Macron, en direct du Lot-et-Garonne, ce lundi 02 octobre 2023. 

Il y en aura 237 nouvelles, dont neuf pour la seule région Champagne-Ardenne. Il s'agit de la concrétisation d'un engagement présidentiel, explique le ministère de l'Intérieur dans un communiqué envoyé aux rédactions. "En 2022, le président de la République avait pris l’engagement de créer 200 nouvelles brigades de gendarmerie sur l’ensemble du territoire national. Cette mesure visait à la fois à renforcer le service public de la sécurité dans nos territoires, alors que près de 500 brigades avaient été supprimées au début des années 2000, mais également à adapter le maillage territorial de la gendarmerie aux évolutions de la démographie et de la délinquance."

Le communiqué ajoute que "ces nouvelles brigades, qui seront fixes ou mobiles, proposeront aux habitants des services publics tels que l’accueil du public, des victimes, la prise de plainte et renforceront la présence des forces de l’ordre sur l’ensemble du territoire". Dans la région, cinq seront fixes (moyenne de dix gendarmes), et quatre mobiles (moyenne de six gendarmes). De quoi permettre aux autres brigades d'intervenir moins loin de leur secteur, et d'être un peu plus disponibles pour les enjeux locaux. Les préfets des différents départements concernés avaient fait remonter vers Paris les doléances des élu(e)s.

Il va falloir quelques années pour recruter les militaires, construire les casernes concernées, et acquérir des véhicules. Ce qui, mécaniquement, amènera de nouveaux foyers à emménager dans ces communes, stimuler la consommation et la disponibilité de différents services. Mais les réactions locales pleuvent depuis les différents départements concernés (voir la répartition sur la carte ci-dessous).

Ardennes

Il existe 30 brigades de gendarmerie dans le département. Deux nouvelles doivent voir le jour :

  • brigade fixe d'Auvillers-les-Forges (arrondissement de Charleville)
  • brigade mobile de Revin (arrondissement de Charleville)

Lionel Vuibert, le député (Agir) du département, avait annoncé la création de la brigade d'Auvillers en avant-première, quelques jours auparavant. "Ces dernières décennies ont plutôt vu une disparition de brigades et de forces de l'ordre sur le terrain", témoignait l'élu. "Avoir la création d'une brigade en milieu rural, à Auvillers-les-Forges, c'est vraiment une excellente nouvelle."

La nouvelle devrait être également bien reçue à Revin. Notre reporter Florence Morel s'y était rendue en reportage et rapportait "que les services y étaient de plus en plus rares". On compte 5 825 âmes dans cette ville.

Aube

Il existe 24 brigades de gendarmerie dans le département. Trois nouvelles doivent voir le jour :

  • brigade fixe de Mailly-le-Camp (arrondissement de Troyes)
  • brigade fixe de Marigny-le-Châtel (arrondissement de Nogent)
  • brigade mobile partagée entre Ervy-le-Château et Chaource (arr. de Troyes)

L'arrondissement de Troyes reçoit plus de détachements de gendarmes, qui s'installeront dans les communautés de communes d'Arcis-sur-Aube et d'Ervy. Le maire (LR) de Troyes, François Baroin, se satisfait de cette annonce (c'est lui qui avait porté la demande de création de quatre brigades auprès du ministère) par voie de communiqué.

"François Baroin tient à se féliciter de cette décision qui vient répondre aux évolutions et aux enjeux démographiques, économiques et sécuritaires de notre département." Il salue le meilleur appui dont bénéficieront les forces de police et gendarmerie déjà en place. Mais il "restera toutefois attentif à la mise en œuvre de ces annonces sur notre territoire". L'édile, également, "maintient son engagement et sa mobilisation pour permettre de disposer des moyens adaptés aux problématiques agricoles, environnementale et saisonnière sur les différents secteurs ruraux du département, car la sécurité est la première des libertés et des priorités".

Marne

Il existe 36 brigades de gendarmerie dans le département. Deux nouvelles doivent voir le jour :

  • brigade fixe de Jonchery-sur-Vesle (arrondissement et agglo' de Reims)
  • brigade mobile de Châlons-en-Champagne (arrondissement et agglo' de Châlons)

La députée (LREM) de la Marne, Laure Miller, est "réjouie" de cette annonce, explique-t-elle dans son communiqué de presse. "Ces annonces constituent la mise en œuvre de la loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur votée grâce à la majorité présidentielle en décembre 2022. Après l'annonce de 10 policiers nationaux supplémentaires à Reims,cette brigade vient encore renforcer la présence des forces de l’ordre sur le territoire pour lutter plus efficacement contre la délinquance. Je me félicite de cette implantation, que j’ai activement soutenue avec bon nombre d’élus du territoire, qui viendra renforcer l’action des gendarmes et ainsi protéger plus efficacement nos concitoyens au quotidien."

Haute-Marne

Il existe 23 brigades de gendarmerie dans le département. Deux nouvelles doivent voir le jour :

  • brigade fixe d'Eurville-Bienville (arrondissement et agglo' de Saint-Dizier)
  • brigade mobile de Chaumont (arrondissement et agglo' de Chaumont)

Jointe par France 3 Champagne-Ardenne, la maire (DVD) d'Eurville-Bienville (également troisième du podium lors des élections sénatoriales de septembre), est très contente. C'est elle qui avait formulé la demande auprès du ministère, et elle a appris la nouvelle aujourd'hui. Même si "je savais depuis la fin de la semaine dernière que c'était très bien parti. Mais je n'avais pas encore eu de réponse officielle."

Quelques fois, lorsqu'on demande des interventions, il faut parfois 40 minutes aux gendarmes pour arriver ici.

Virginie Gerevic, maire de Eurville-Bienville

Lors de l'annonce, elle siégeait dans une commission quelconque en compagnie de la nouvelle préfète, Régine Pam, en poste depuis août. "On est allées en discuter quelques minutes dans son bureau quand l'annonce est tombée." L'édile fondait de grands espoirs dans l'implantation de cette nouvelle unité de gendarmerie. "Pour rassurer la population, et pour avoir un maillage un peu plus cohérent en Haute-Marne : on dépend de la brigade de Joinville. Elle a un territoire très, très étendu. Quelques fois, lorsqu'on demande des interventions, il leur faut parfois 40 minutes pour arriver ici. Cela va nous bénéficier, tout comme aux nombreuses communes nous entourant qui rencontrent : on a un bassin de vie assez important."

Elle se dit même "vraiment soulagée. On est dans un territoire rural, certes, mais on n'est pas épargné par la petite délinquance, mais ni plus ni moins qu'ailleurs : c'est partout. Toutes proportions gardées, au regard de la population de la Haute-Marne. La population peut se montrer épuisée, énervée par cette situation." Mais plus pour longtemps. La mairie dispose d'un terrain en sortie de commune, sur la route qui donne accès à la N57, et au-delà, vers Saint-Dizier. Ne reste plus qu'à construire la caserne, et avant ça, remplir des dossiers et demander des subventions pour la financer.

Prochaine étape pour l'édile de cette commune d'un peu plus de 2 000 âmes : l'installation de caméras de vidéosurveillance (qui aura lieu avant l'arrivée des gendarmes). Tous les accords ont été recueillis, il ne reste plus qu'à l'installer. Le projet aura mis deux années à se concrétiser.

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