Les vendanges en Champagne commenceront le 10 septembre dans un contexte économique peu favorable pour le pétillant

Les vendanges en Champagnes commenceront le 10 septembre 2019 / © PASCAL PAVANI / AFP
Les vendanges en Champagnes commenceront le 10 septembre 2019 / © PASCAL PAVANI / AFP

Le début des vendanges en Champagne est annoncé pour le 10 septembre 2019. Cette année, le rendement autorisé est en baisse par rapport à l’année précédente. Une décision prise par le Comité Champagne (CICV) le 24 juillet pour faire face à une réduction de la clientèle.
 

Par Flore Caron

Comme chaque été, les vignerons en Champagne s’affairent à trouver des petites mains courageuses pour les vendanges. La date a été annoncée le 24 juillet 2019 : elles commenceront le 10 septembre. Cette année, face à une réduction de la clientèle, le Comité interprofessionnel des vins de Champagne (CIVC) a annoncé une baisse du rendement commerciale, c’est-à-dire de la quantité de raisin qui pourra être transformée en vin. Les ventes sont en effet passées de plus de 338 millions de bouteilles par an à travers le monde en 2007 à moins de 302 millions aujourd’hui.

Pour éviter une surproduction de raisin – et donc une chute du prix de celui-ci – le CIVC limite le rendement à 10.200 kg par hectare pour chaque vigneron. Environ 500 de moins que l’année précédente. Cette limitation permet de « maintenir un niveau de stock équilibré » d’après le Comité, mais ne plait guère aux vignerons indépendants.
 

Si le champagne est boudé par les français, surtout à cause de son prix, il fait en revanche un tabac à l’étranger, notamment en Angleterre. Depuis deux ans, les exports dépassent les ventes en France. Une des causes : le durcissement de la loi sur les promotions en supermarché depuis janvier 2019 mais aussi la crise économique de 2008.

Cet engouement à l’étranger ne rassure pas pour autant le CIVC puisqu’il n’est peut-être qu’éphémère. En Angleterre, les exports ont fructifié grâce à la crainte d’un éventuel Brexit dur. De gros stock ont été vendus aux distributeurs mais pas forcément encore aux consommateurs. De nombreuses incertitudes qui amènent le Comité à être prudent.
 

La colère des vignerons indépendants

Pour la Fédération régionale des Vignerons indépendants, cette nouvelle restriction est vécue comme un coup de massue. Eux sont à la fois producteurs de raisin, transformateurs et commercialisent leur propre vin. D’après le président Yves Couvreur, "elle ne profite qu’aux vendeurs de raisins ou aux négociants".

Généralement, la production du champagne s’organise en deux pôles : les producteurs de raisin d’un côté et les transformateurs et négociants de l’autre. Les deux entités se mettent d’accord sur les conditions pour éviter une surproduction et une chute des prix. Mais les vignerons indépendants, qui ne font pas partie de ce système, regrettent d’être logés à la même enseigne que les autres et s’inquiètent de cette nouvelle mesure.

« Nous avons beaucoup de charges fixes et on nous abaisse notre possibilité de vente », se désole Yves Couvreur. La plupart sont locataires de leurs terres et 35 à 40% d’entre eux sont également certifié bio ou haute valeur environnementale (HVE), ce qui augmente les charges de 15 à 20% par rapport à un vigneron non certifié d’après Yves Couvreur. Chez lui, les vendanges seront sûrement être plus courtes : pas question de ramasser du raisin qu’il ne pourra pas transformer en vin ensuite.

 

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