Culture : les origines méconnues de nos régions racontées par un historien amateur

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Sa passion, c’est l’histoire. Alain Di Rocco n’entend pas faire œuvre d’archéologue ou d’universitaire. Il publie un livre consacré au développement des cités du Grand Est, depuis l’Antiquité celtique.

Alain Di Rocco n’est pas historien de métier, ni de formation. Ce francilien travaille dans le commerce, dans le 5ème arrondissement de Paris. "A l’école, je n’aimais pas particulièrement l’Histoire", raconte-t-il. "Ce qui me plaisait, c’était la géographie. Cela m’a conduit à voyager. C’est alors, vers 20/22 ans, que je me suis pris de passion pour l‘Histoire. L’écriture a suivi".

Les vérifications prennent beaucoup de temps. J'ai plus de 70 sources pour raconter la construction des villes comme Reims, Epernay, Chalons.

Alain Di Rocco, auteur.

Ses livres, il les veut faciles à lire. Il les publie aux éditions Beaurepaire. Après "Année 451, la victoire de l’Occident", et "Balades en ville, des origines au Moyen Age", il signe "Les origines méconnues de nos régions" où à la suite de la Normandie et de l’Ile de France, la Champagne et la Lorraine sont explorées depuis l’Antiquité. Des chapitres courts, des textes qu’il veut différents d’une thèse d’universitaire ou d’un récit d’archéologue, Alain Di Rocco a rédigé ses livres pour communiquer, faire partager sa passion.  

Plus de 70 sources

Habituellement, Alain Di Rocco consacre 18 mois à chacun de ses manuscrits. Confronté au confinement, il a pu cette fois livrer plus rapidement son ouvrage. "J’ai fait beaucoup de recherches en bibliothèques, en ligne", explique-t-il. "Les vérifications prennent beaucoup de temps. J’ai plus de 70 sources pour raconter la construction des villes comme Reims, Epernay, Chalons".

Habituellement, cet historien par passion se déplace dans les musées, Il travaille sur les archives, les rapports des archéologues de l’INRAP. Il préfère éviter les mots "trop techniques". Il veut être lu par le plus grand nombre.

Quand Reims s’appelait Durocortorum

Dans ce livre, Reims, notamment, est mis en lumière par l’auteur. Il revient sur le passé de la cité des Rèmes, et son développement depuis la forteresse des bords de la Vesle. "C’était la deuxième ville après Lyon (Lugdunum, sous l’Empire Romain), pendant la conquête romaine. Avec ses 600 hectares, la ville était plus vaste que Lyon. Elle avait prêté allégeance à César en donnant du blé. Durocortorum était une ville très importante, la petite sœur de Rome. Capitale de la Gaule Belgique, elle est tombée plus tard dans l’escarcelle du monde carolingien.  La période charnière est celle du baptême de Clovis", déclare-t-il.

Grâce à Lorànt Deutsch, beaucoup se sont intéressés à l'Histoire.

Alain Di Rocco, auteur.

La construction, le développement, l’urbanisation de Reims, c’est ce qu’Alain Di Rocco fait découvrir. La porte de Mars, le Cryptoportique, "ce marché, semi-enterré, le seul de la Gaule gallo-romaine" suscite son enthousiasme, tout comme l’amphithéâtre localisé sous l’église Saint-Thomas par les archéologues de l’INRAP.  

Reconnaissant envers Lorànt Deutsch

Alain Di Rocco regrette que les livres d’histoire ne soient pas d’avantage mis en avant dans les librairies. Cet autodidacte considère que l’Histoire est un sujet sur lequel il est "difficile de communiquer". C’est pourquoi il souligne le rôle de Stéphane Bern, qui avec son intérêt pour le patrimoine a donné envie aux Français de s’intéresser à cette matière.

Quant à Lorànt Deutsch, il lui reconnaît bien des mérites. "J’ai lu ses livres. Il a été critiqué par certains historiens, mais ce qu’il écrit n’est pas n’importe quoi. On apprend beaucoup de choses de manière plus ludique, avec des mots simples, comme je le fais. C’est plutôt bien ce qu’il fait. Il connaît bien son sujet. Grâce à lui, beaucoup se sont intéressés à l’Histoire".

Dans ce premier tome des origines méconnues de nos régions, Alain Di Rocco évoque aussi les recettes que les villes ont propulsées dans l’Histoire. Une manière également de susciter l’intérêt du lecteur. Son hobby pour l’Histoire et l’écriture le mène au roman. Outre les suites qu’il donnera à ses précédents ouvrages, il réfléchit à une fiction qui devrait se dérouler à la fin de l’Antiquité.