Découverte à Nîmes : les fouilles du chantier du stade provisoire mettent au jour le riche passé de la ville au Néolithique

Des dizaines de sépultures, plus d’un millier de structures archéologiques : entamé à l’automne, le chantier de fouilles du stade provisoire de Nîmes a déjà livré bien des découvertes. Et fait ressurgir un pan d’histoire moins connu de la cité du Gard : son riche passé néolithique.

C'est un chantier de fouilles monumental de 4 hectares qui est en cours depuis le début de l’automne au mas des Vignoles à Nîmes (Gard). 1200 structures archéologiques y ont déjà été découvertes. Le jour où nos reporters Martin Villaret-Giraud et Audrey Guiraud se sont rendus sur place, un squelette très bien conservé venait d’être mis au jour.  

Hommes, femmes et enfants du Néolithique

Et ce n’est pas le seul : plusieurs dizaines d’individus, hommes, femmes, enfants et adolescents reposent sur le site, comme l’explique Jean-Yves Breuil, directeur adjoint scientifique et technique à  l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) :  

Pour l’instant on a deux grands groupes qui se distinguent : un groupe de sépultures d’il y a 6000 ans et un autre plutôt de la fin du Néolithique, il y a 4000 ans.

Jean-Yves Breuil, directeur adjoint scientifique et technique à l’INRAP

Révélations sur les habitudes de vie  

Les recherches ont en effet essentiellement révélé la présence de vestiges du Néolithique : rites funéraires, mais aussi artisanat et habitat, à l’image de l’ensemble que nous décrit Maxime Remicourt, archéologue à l’INRAP :

Ici, on a une espèce de grande cave silo. Il faut imaginer 50 centimètres de sol en plus, avec probablement une maison au-dessus. Elle servait à déposer de grands vases de stockage pour les céréales ou encore la viande séchée… Tout pour le quotidien, en fait.

Maxime Remicourt, archéologue à l’INRAP

Une vingtaine d'archéologues déblaient et tamisent la terre à la recherche de traces ou de cavités témoignant du passé de la cité gardoise.  

Enjeu patrimonial

Consciente de l’enjeu culturel et patrimonial de ces fouilles, la mairie en finance la totalité, soit plus d'un million d'euros, "sinon on aurait très mauvaise conscience", explique Marie Bourgade, déléguée à l'inscription de Nîmes au Patrimoine Mondial de l’UNESCO et aux monuments antiques.

Le passé bientôt à nouveau enseveli

Prévu pour durer 8 mois en tout, le chantier devrait s’achever en avril 2022. Ensuite, place à la construction du stade provisoire de football, en attendant le nouveau complexe des Costières, non loin de là.

Place à la Nîmes du XXIème siècle

A l'horizon 2025, une halle des sports verra aussi le jour au cœur de cette ZAC (Zone d’Activités Commerciales) du mas des Vignoles située à côté du centre commercial Cap Costières, le long de l'autoroute A9, pour un coût global de 24 millions d'euros. Une nouvelle page de l’histoire de la ville.