Alsace : La métamorphose de la bibliothèque des Dominicains de Colmar

Depuis trois ans, c’est un chantier complexe au cœur de Colmar. L’ancien couvent des Dominicains du XIVème siècle et son cloître retrouvent leur lustre d’antan. A la fois bibliothèque et musée, le bâtiment promet aussi d'être fonctionnel. 

Un véritable havre de paix au coeur de Colmar. La vigne vierge va être conservée.
Un véritable havre de paix au coeur de Colmar. La vigne vierge va être conservée. © Stéphanie Mallauran/France Télévisions

C’est la bibliothèque des Colmariens depuis 1951. Et c’est aussi une bâtisse classée aux Monuments historiques. Le chantier encore en cours pour quelques mois aurait dû s’achever il y a deux ans. Mais les architectes ont dû faire face à des difficultés particulières en traitant les bâtiments qui s’étendent du 14ème au 18ème siècle. Le plus dur est fait et l’on peut d’ores et déjà admirer les premiers effets de la restauration, comme les charpentes en bois laissées à découvert qui magnifient les futures salles de lecture et de recherche.

Un lieu important dans l’appropriation et l’imaginaire des Colmariens 

Situés en plein centre-ville, les Dominicains auront une double vocation. A la fois bibliothèque avec une grande salle de lecture au premier étage et une salle dédiée aux chercheurs. Mais aussi un espace muséographique retraçant l’histoire du livre. Dès le hall d’entrée, des vitrines permettront aux visiteurs d’admirer les manuscrits anciens. 500 m2 destinés à la présentation permanente des collections du Moyen Age au XVIIIème siècle.

Livre de prière de la fin du Moyen Age
Livre de prière de la fin du Moyen Age © Mairie de Colmar

« Tous ces trésors seront mis en valeur dans le cadre d’un parcours muséographique qui sera accessible à tous, Colmariens et visiteurs, et surtout, qui sera gratuit », commente Michel Spitz, adjoint à la culture de Colmar.

Les Dominicains, c’est aussi un havre de paix avec un cloître du XIIIème siècle où un jardin va être aménagé. En se promenant dans l’aile ouest, les visiteurs vont découvrir l’atelier des relieurs. Une pièce où deux artisans perpétuent des savoirs-faire séculaires au service des collections. Cet atelier existe depuis 1951, et selon Rémy Casin, conservateur et responsable bibliothèque d’étude et du secteur patrimoine, « c’est une chance pour cette bibliothèque de disposer encore d’une équipe dédiée à l’entretien et la restauration des collections. D’autant que les relieurs participeront à des animations sur l’art du papier ou du cuir. »

26 entreprises engagées sur ce chantier

En trois ans, les équipes ont fait de belles découvertes telles les fresques du XVème siècle sur les murs du cloître. Mais le véritable trésor, c'est la remise au jour d’une sacristie, qui a pu être reconstituée mais qui n'était pas au programme du chantier de restauration.

« Il y a des parties qu’on ne connaissait pas bien, qui étaient documentées mais dont on avait des connaissances un peu abstraites. Ici dans cette sacristie, les découvertes se sont faites au fur et à mesure car on savait qu’on devait trouver un passage vers l’église, on savait qu’on devait trouver des voûtes. On en a trouvé six alors qu’on pensait qu’il n’y en avait que trois, et puis on a trouvé des morceaux provenant de ces voûtes et l’emplacement exact des piliers », explique Stéfan Manciulescu, architecte en chef des monuments historiques et maître d’œuvre.

Ces matériaux ont permis de reconstituer avec fidélité les dispositions anciennes de cet espace. L’architecte a pris le parti de reproduire les voûtes avec un départ en pierre, comme autrefois, mais de le poursuivre avec des éléments en charpente, pour une évocation de ce à quoi cette pièce ressemblait au XVème siècle. C’est la seule pièce voûtée du bâtiment.

La pièce a été découverte par hasard pendant le chantier. L'architecte en chef des Monuments historiques en a fait un écrin médiéval où seront exposés les manuscrits liturgiques les plus précieux.
La pièce a été découverte par hasard pendant le chantier. L'architecte en chef des Monuments historiques en a fait un écrin médiéval où seront exposés les manuscrits liturgiques les plus précieux. © Stéphanie Mallauran/France Télévisions

« C’est dans cet espace que s’achève le circuit muséographique, dans cet endroit où la densité des vestiges anciens est la plus importante » commente Stéfan Manciulescu, architecte en chef des monuments historiques et maître d’œuvre.

Le clou du spectacle, en somme. Les Dominicains devraient ouvrir au public pendant les fêtes de fin d’année. Un joyaux du patrimoine colmarien à découvrir.

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