Culture de cannabis : le gérant de la jardinerie Auxine à Colmar condamné à 5 mois avec sursis

Plants de cannabis chez un particulier, à Strasbourg, éclairés par une lampe à sodium, en 2002. / © AFP. Thomas Wirth
Plants de cannabis chez un particulier, à Strasbourg, éclairés par une lampe à sodium, en 2002. / © AFP. Thomas Wirth

Un gérant de jardinerie, à Colmar, était accusé d'avoir prodigué des conseils et vendu du matériel  - parfaitement légal - à certains de ses clients, cultivateurs de cannabis. Il écope d'une peine de 5 mois avec sursis. Son salarié a, lui, été relaxé. Il décide de faire appel de cette décision.

Par AR

Poursuivi pour complicité d'acquisition, détention et d'emploi non autorisé de stupéfiant, le gérant de la jardinerie alternative Auxine - fermée depuis - située rue des Frères-Lumière, à Colmar, a été condamné ce jeudi matin à 5 mois de prison avec sursis et 10 ans de mise à l’épreuve. Il a choisi de faire appel de cette décision.
 

"La peine est quand même légère, 5 mois de sursis, confiscation de certains scellés insignifiants par rapport à l'ensemble des pertes financières, je ne sais pas si c'est intéressant de faire appel ou pas, explique le gérant Christian Kelhetter à France 3 Alsace. Dans un sens politique, ce serait intéressant, puisqu'on a 200 confrères en France [dont au moins trois autres en Alsace, ndlr]. Ce serait dommage que la même mésaventure leur arrive."
 

Jugement beaucoup plus clément que les réquisitions du ministère public, en août, qui demandait 12 mois de prison avec sursis assortis d’une mise à l’épreuve et 10.000 euros d’amende. C'est la première fois qu'un gérant de jardinerie est mis en cause en Alsace pour complicité dans une affaire de stupéfiants.
 

"Le meilleur moyen de lutter contre le trafic"

Interrogé par France 3 Alsace avant l'audience, l'avocat du gérant, Joseph Breham, s'était exprimé sur cette affaire en précisant que son client avait vendu du matériel tout ce qu'il y a de plus légal (lampes à sodium, ventilateurs, engrais...).

"J'ai un peu l'impression que l'on veut faire de mon client la victime expiatoire de lois rétrogrades marchant à sens contraire de l'histoire. Sur le fond du dossier, mon client a toujours parfaitement reconnu ce qu'il avait fait. (...) Mon client a justement permis éventuellement l'autoproduction, l'autoconsommation. Ce qui est donc tout sauf du trafic, et ce qui est le meilleur moyen de lutter contre le trafic."

Deux autres personnes étaient mises en cause dans cette affaire : un salarié qui a été relaxé. Le troisième prévenu, qui sous-louait un local commercial à l’arrière de la jardinerie a été condamné à 3 mois de prison avec sursis et 10 ans de mise à l’épreuve pour usage et détention de cannabis.

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