Handicapée, elle est empêchée d'utiliser une place de parking pour personne à mobilité réduite devant son logement

Atteinte d'une maladie neuromusculaire qui paralyse ses muscles, Laetitia Rebord est handicapée. Six mois après son emménagement dans un logement adapté à Kembs (Haut-Rhin), elle accuse le syndicat de copropriété de l'empêcher de se garer sur une place pour personne à mobilité réduite.

C'est un conflit de voisinage à peine croyable. Laetitia Rebord, habitante de Kembs (Haut-Rhin), a emménagé en 2021 dans la résidence senior Villas Soléane pour bénéficier d'un logement plain-pied. Un environnement adapté pour vivre avec son handicap qui la paralyse à 80 %. Cette quadragénaire est atteinte d'amyotrophie spinale, une maladie génétique rare qui entraîne une perte de force musculaire.

Elle estime être empêchée, par le syndicat de copropriété, de se garer sur une place de parking extérieure destinée aux personnes à mobilité réduite (PMR). Sa voiture est conçue pour accueillir un fauteuil roulant électrique qu'elle conduit grâce à un joystick en bouche.

Le garage fermé mis à sa disposition n'est pas assez grand pour y stationner. "Ce n'est pas aux normes PMR, je ne peux pas descendre du véhicule dans ce garage", explique Laetitia Rebord. 

Six mois après avoir pris possession de son logement, elle constate les premiers conflits. "Le syndicat ne voulait pas qu'on se gare sur cette place PMR et nous l'a fait comprendre assez vite. Toutefois, j'ai un véhicule adapté à mon handicap qui me permet de descendre via une rampe sur le côté droit. Les membres du syndic incitent même des personnes sans carte de stationnement handicapé à se garer sur la place en question pour nous embêter", regrette-t-elle.

Le pot de fleurs de la discorde

Cette place PMR n'est, en effet, réservée à personne, car c'est une place dite "visiteurs". Laetitia Rebord affirme avoir écrit à de multiples reprises à sa propriétaire pour lui demander de louer ou d'acheter une place adaptée sur le parking privé de la résidence. "Nous n'avons jamais eu de retour malgré nos multiples courriers envoyés en accusé réception. Le syndicat de copropriété nous a dit qu'il n'y avait plus aucune autre place PMR disponible à l'achat ou à la location. Nous n’avons donc pas d'autres choix que d'occuper celle-ci".

Elle estime ne pas monopoliser la place, mais ne peut pas faire autrement que de l'occuper. "Si une personne en visite a une carte PMR, il n'y a aucun souci, je peux lui laisser la place. Mais depuis deux ans, les gens qui s'y garent n'ont aucune carte d'invalidité. C'est donc une façon de me nuire", ajoute-t-elle.

Ce pot de fleurs a été installé pour m'empêcher de me garer

Laetitia Rebord, habitante de Kembs

Alors qu'elle et son mari pensaient pouvoir gérer la situation, le syndicat de copropriété a installé, le mercredi 5 juillet, une jardinière en béton sur le trottoir, à quelques centimètres de la place en question. "Ce pot de fleurs a été installé pour m'empêcher de me garer ici. L'espace qui me permettait d'installer la rampe d'accès pour entrer dans mon véhicule n'est plus disponible. Je dois désormais traverser des plantes et des copeaux de bois pour regagner le trottoir", précise-t-elle.

"En plus de vouloir m'empêcher d'accéder à mon véhicule, le syndicat rend la place inaccessible  d'autres personnes handicapées. C'est donc de la discrimination", estime l'habitante de Kembs. Une semaine plus tard, l'un des membres du syndicat est venu sceller le pot de fleurs en y mettant des vis au fond du bac. "Il s'assure que l'on ne peut plus le bouger. Je suis quand même dans mon droit, j'ai une carte de stationnement".

Selon elle, seul le budget pour l'achat de pots de fleurs a été voté en assemblée générale. "L'installation sur cette portion de trottoir a été refusée, et pourtant l'un des membres s'est accordé le droit de le faire". Le syndicat de copropriété Arie promotion n'a pas répondu à nos sollicitations malgré plusieurs appels.

La mairie et la police "impuissantes"

Alors que le dialogue est rompu avec ceux qui ne souhaitent pas qu'elle se gare sur cette place, Laetitia Rebord n'a eu d'autre choix que de faire intervenir des personnes extérieures à la résidence. "Nous ne pouvons pas contacter directement le syndicat de copropriété et notre propriétaire ne répond plus". 

Le maire de Kembs, Joël Roudaire, s'est rendu sur place après la pose de la jardinière. Il s'est dit impuissant face à un tel conflit sur un terrain privé. Contacté par France 3 Alsace, il affirme avoir demandé au syndicat de retirer le pot de fleurs pour calmer les esprits. "J'ai eu une fin de non-recevoir, c'est de la bêtise humaine. Je n'ai pas la possibilité de verbaliser, car c'est un parking privatif. Je vais donc rencontrer la direction du syndicat le 19 juillet".

La police, elle aussi sollicitée, n'a pas pu agir. "Ils étaient compréhensifs, mais ne pouvaient rien faire dans cette zone", se rappelle-t-elle. Laetitia Rebord espère que le litige se réglera à l'amiable "pour le bien de tous". Dans le cas contraire, elle envisage une action en justice.

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