​​​​​​​Mulhouse : Michèle Lutz demande à l'Etat "un effort de décentralisation" au profit de la police municipale

Une tribune parue dans le Journal du Dimanche ce 26 juillet signée par 18 maires de France dont la maire LR de Mulhouse, Michèle Lutz, demande à l'Etat d'étendre les pouvoirs de la police municipale dans les villes volontaires. 
 

La police municipale agit sous l'autorité du maire et remplit des missions de sécurité et d'ordre public
La police municipale agit sous l'autorité du maire et remplit des missions de sécurité et d'ordre public © Sebastien JARRY / MaxPPP
À l'initiative du maire LR de Nice, Christian Estrosi, 18 maires de droite ont lancé un appel dans le Journal du Dimanche, ce 26 juillet, pour demander à l'Etat l'extension des pouvoirs de leurs polices municipales. La maire de Mulhouse, Michèle Lutz, est signataire de cette tribune, tout comme les maires de Metz, François Grosdidier, et de Reims, Arnaud Robinet.

Cette démarche intervient au lendemain des annonces faites par le Premier ministre, Jean Castex, en déplacement à Nice pour présenter plusieurs initiatives de lutte contre l'insécurité, après qu'une fusillade a éclaté dans un quartier sensible de la cité azuréenne, la troisième en un mois.

Le Premier ministre a annoncé samedi l'expérimentation prochaine à Nice de l'élargissement des compétences de la police municipale, l'une des plus importantes de France, avec un peu plus de 500 agents. La maire de Mulhouse salue cette initiative et souhaite qu'elle soit étendue aux autres villes qui le demandent et qui ont la capacité administrative de le faire. 
 

C'était l'une de mes promesses de campagne, d'avoir une police municipale H24 à Mulhouse. Des compétences élargies permettraient de lutter plus efficacement contre les incivilités, mais aussi contre les établissements qui posent des problèmes d'ordre public, ce qui empoisonne la vie quotidienne de nos concitoyens. Nous avons également des problèmes de marchands de sommeil et de squatteurs qui pourraient être mieux résolus.

Michèle Lutz, maire LR de Mulhouse

Les édiles demandent notamment pour leur police l'accès aux fichiers des personnes recherchées et fichées S, le droit de contrôle des identités, ou encore l’autorisation de prononcer des fermetures administratives d'établissements en cas de tapages ou l'expulsion de personnes occupant un terrain public ou privé.


La question de la formation et du salaire en suspens


Ces compétences sont réservées à la police nationale. Selon la maire de Mulhouse, un partage des compétences pourrait compenser le manque d'effectif de la police nationale : "Cela permettrait de les soulager afin que la police nationale puisse se concentrer sur les sujets majeurs", estime-t-elle. 
 

"La priorité, avant de vouloir étendre les compétences des policiers municipaux, c'est de regarder le volet social, rappelle néanmoins Cédric Michel, président du syndicat national de défense des policiers municipaux (SNDPM). Un policier municipal perçoit entre 500 et 1000 euros de moins pour le même travail qu’un gardien de la paix de la police nationale." 

Quant à la question de la légitimité de la police municipale pour effectuer ce type de tâche, Michèle Lutz confirme qu'il faudrait, si l'Etat consent à cette forme d'expérimentation, une formation supplémentaire pour les policiers municipaux. "Ce que nous demandons c'est un effort de décentralisation", précise l'édile.

Certains s'alarment cependant sur les dérives possibles d'une police administrative plus puissante au service du maire, à l'heure où la grande majorité des policiers municipaux français sont armés, d’armes à feu ou d’armes dites "non létales". Le cadre de cette expérimentation devrait être fixé par Gérald Darmanin et Eric Dupond-Moretti, ministres de l'Intérieur et de la Justice.
 
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