VIDÉO - Mulhouse : un médecin urgentiste recruté par intérim pour 2.200 euros... la journée

Les urgences de Mulhouse, le 30 septembre 2019. / © Géraldine Dreyer, France Télévisions
Les urgences de Mulhouse, le 30 septembre 2019. / © Géraldine Dreyer, France Télévisions

La rémunération d'un médecin urgentiste intérimaire a atteint 2.200 euros pour une journée de garde, au centre hospitalier Émile Muller de Mulhouse (Haut-Rhin). C'était le samedi 28 décembre, et cette somme élevée a suscité la polémique.

Par Vincent Ballester

Une journée de garde à 2.200 euros, c'est ce qui a été proposé à un médecin urgentiste au centre hospitalier Émile Muller de Mulhouse (Haut-Rhin). C'était le samedi 28 décembre 2019. Une coquette somme, révélée par nos collègues de L'Alsace, qui a fait réagir le personnel de l'hôpital : il réclame plus de moyens depuis des mois alors que les urgences sont en crise

Jean-Marc Kelai, secrétaire de la section CFDT du Groupement hospitalier Mulhouse Sud-Alsace (GHRMSA), ne cache pas sa colère : "Il y a quelques semaines, nous avons manifesté parce que la direction voulait impacter une partie de la prime de services des agents. Alors qu'on voit là qu'on arrive à trouver de l'argent pour rémunérer ces médecins intérimaires." 
 

"Mais par contre, poursuit le syndicaliste, pour le personnel non-médical, on est prêt à impacter sur la prime de service. Forcément, ça créé des tensions et les agents sont à bout."

Le centre hospitalier Émile Muller manque de médecins titulaires (et cherche à en attirer). D'où ce recours à l'intérim, très coûteux en période de fêtes.
 

La directrice Corinne Krencker explique ne pas avoir le choix : "On a ouvert le recrutement à l'intérim au mois d'octobre pour les fêtes de fin d'année. Et je n'ai pas eu de candidats. C'est sûr que plus vous êtes en difficulté, plus vous cédez à la surenchère financière. Parce que vous retrouvez, à un moment donné, à ne plus avoir le choix ou à devoir assumer de ne pas avoir de médecin du tout. Et ça, je ne peux pas l'envisager. Je suis contrainte et forcée à payer ces montants-là."

Déjà en 2017, cette situation faisait polémique. Au micro d'Europe 1, le directeur de la Fédération hospitalière française, Frédéric Valletoux, avait dénoncé "la gangrène que représente l'intérim dans le public, car il pénalise les budgets hospitaliers"
 

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