Haute-Marne : le CBD s’invite dans les zones rurales comme à Chaumont

Mardi 27 avril 2021, le Green's Café a remonté ses grilles place des arts, à Chaumont en Haute-Marne. Au menu, du café torréfié à Saint-Dizier, du miel du département également et des tisanes de CBD, une molécule du cannabis.

Le CBD trouve une clientèle variée en zone rurale, très souvent composée de septuagénaires, à la recherche d'alternatives aux médicaments.
Le CBD trouve une clientèle variée en zone rurale, très souvent composée de septuagénaires, à la recherche d'alternatives aux médicaments. © Aurore Trespeux

Sur la devanture, les grains de café forment une feuille de cannabis, à l’intérieur l’un des serveurs porte un gilet de costume façon hipster, la salle est très lumineuse grâce à ses grandes baies vitrées, des toiles d’artistes de Haute-Marne sont exposées aux murs et de la Lo-Fi (musique relaxante) se fait entendre en musique de fond. L’ambiance ressemble plus à celle d’un café de Brooklyn qu’à celle des fumoirs de l’imaginaire collectif.


En rentrant, on voit d’abord le café torréfié à Saint-Dizier dans ses distributeurs et c’est seulement si l’on est attentif que l’on peut voir sur le comptoir de petites fioles. Chacune contient des fleurs de chanvre à différentes maturations et aux multiples arômes. Le fameux CBD ou cannabidiol, un cannabinoïde présent dans le cannabis. "Rien à voir avec le THC ou delta-9-tétrahydrocannabinol, l’autre molécule présente dans le chanvre aux effets stupéfiants, provoquant des addictions", explique Pierre Subts, propriétaire du café.

Les fleurs de chanvre sont parfois vendues de façon individuelle pour être consommées comme des tisanes de CBD.
Les fleurs de chanvre sont parfois vendues de façon individuelle pour être consommées comme des tisanes de CBD. © Aurore Trespeux


"Le dosage de ces molécules est précis. Au-dessus de 0,2 % le THC est trop dosé et est donc considéré comme stupéfiant, ça fait planer et c’est addictif. Pour réguler ce pourcentage, on contrôle la pousse de la bouture. Plus la bouture évolue, plus le pourcentage de THC augmente. Je travaille avec de petits producteurs suisses qui font pousser le chanvre sans pesticide, sans fongicide, sans OGM. Ils contrôlent le taux avant envoi et je le contrôle aussi à réception. Si jamais ça ne correspond pas à ce qui est autorisé, je peux perdre mon magasin et je ne veux pas être hors la loi", précise-t-il.

Deux autres cafés comme celui là existent déjà à Saint-Dizier et à Bar-le-Duc dans la Meuse : "J’ai ouvert le premier café à Saint-Dizier en 2019 car je suis bragard et je souhaitais travailler dans ma ville natale. J’avais récupéré l’affaire d’un couple de torréfacteurs et je cherchais un concept pour me démarquer des autres salons de thé et café" explique-t-il.

Avant d’ajouter : "J’avais été initié aux vertus du CBD par des amis, mais surtout par mon grand-père. Atteint de la maladie de Lyme, il avait cherché pendant des années des solutions alternatives aux traitements médicamenteux lourds. Je me suis donc dit qu’il pouvait être intéressant de coupler le CBD avec ma nouvelle activité."

Si le jeune homme évoque son grand-père, ce n’est pas pour rien, parmi les clients fidèles des cafés, il compte beaucoup de septuagénaires voire plus, à la recherche de : "Solutions moins lourdes pour l’organisme que les traitements traditionnels."

Un public varié
 

Pierre Subts précise : "Nous avons un public très diversifié. Pas mal de jeunes qui cherchent à arrêter de fumer du cannabis et qui tentent de passer par la case du CBD. Des trentenaires et quadragénaires plus attirés par l’effet relaxant, et les anciens qui eux préfèrent les huiles et les tisanes à base de chanvre."

Le CBG est un autre cannabinoïde comme le CBD qui peut lui aussi se présenter sous forme de fleur, être fumé ou infusé, conseillé par certains professionnels de santé pour lutter contre l'anxiété.
Le CBG est un autre cannabinoïde comme le CBD qui peut lui aussi se présenter sous forme de fleur, être fumé ou infusé, conseillé par certains professionnels de santé pour lutter contre l'anxiété. © Aurore Trespeux



Pour le jeune homme de Saint Dizier, le CBD a sa place en ruralité : "Le stress est partout, pas uniquement dans les grandes métropoles et les solutions pour y échapper sont multiples. Le CBD fait partie de ces solutions. Pour moi, il est important de donner ces opportunités de détente aussi aux habitants des petites villes de campagne. Je tenais à m’installer en centre-ville aussi pour les dynamiser. C’est important de ne pas les laisser mourir."

J'ai conseillé le CBD à une de nos clientes qui souffre de terreurs nocturnes. 

Céline- Le Green' Café Chaumont



Surtout présent à celui de Saint-Dizier, Pierre Subst a laissé la gérance du café de Chaumont à un couple d’amis Jérémie et Céline, consommateurs, avant d’être vendeurs. "Je prends surtout du CBG qui comme le CBD ne contient pas de substances psychotropes. J’en mets une fleur dans une infusion pour me calmer le soir. C’est ce que j’ai conseillé à une de nos clientes qui souffre de terreurs nocturnes. J’attends son retour sur l’efficacité du mélange", explique Céline.

"L’image du CBD est en train de changer, ça se démocratise" affirment Pierre Subst et ses collègues. Sur les réseaux sociaux Coline, une influenceuse basée dans le Grand Est, pas très loin de Metz, partage d’ailleurs son utilisation du CBD sur Instagram et YouTube.


La jeune femme l’utilise notamment pour apaiser ses migraines hormonales dues au syndrome pré-menstruel, en tisane ou en huile. Deux utilisations conseillées par les différentes enseignes vendant le produit. Une autre boutique a d’ailleurs également ouvert en centre-ville de Chaumont CB D’eau Chaumont, qui elle ne propose que du CBD.

Sur la consommation de CBD, 60 millions de consommateurs met en garde par la voix de Benjamin Douriez, rédacteur en chef adjoint du magazine. "Les fabricants ne disent pas toujours à quelle dose utiliser leur produit ; or, à certaines doses, ces produits peuvent être toxiques ! Et il manque souvent les mises en garde : par exemple sur les risques d’interaction entre le CBD et certains médicaments. Ce sont des manques d’information qui impliquent un défaut de sécurité". 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
économie