Jour du dépassement : ces Haut-Marnais ont opté pour un mode de vie plus durable

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Ce 28 juillet, on estime que l’humanité a consommé toutes les ressources que la planète peut produire en un an. Pour réduire l’impact sur l’environnement, certains Haut-Marnais proposent des solutions.

On vit désormais à crédit écologique. A partir de ce jeudi 28 juillet 2022, on considère que toutes les ressources que la planète produit en un an ont été consommées.

Comment faire reculer cette date fatidique, qui ne cesse d’avancer depuis les années 70 ? Certains Haut-Marnais proposent des alternatives pour consommer de façon plus durable.

Arrêter les produits avec trois couches d’emballage

Dans les boutiques Le Petit Ecolo de Maxime Lauvergeon, à Langres et à Chaumont, tout est en vrac. Ici, pas d’emballage. On vient avec son propre contenant pour faire ses achats. "Les produits qu’on achète au supermarché sont toujours suremballés : une barquette, entourée de plastique, le tout entouré de carton. Je ne crois pas que ce soit la bonne façon de consommer."

"Faire reculer ce jour du dépassement, c’est le but de ma vie, affirme Maxime Lauvergeon. Pendant le premier confinement, on a vu beaucoup de nouveaux clients. Il y a eu une dynamique inédite où les gens ont voulu revoir totalement leur mode de vie. Malheureusement, ça n’a duré qu’un temps."

En 2020, date de début de la pandémie covid, le jour du dépassement avait été reculé pour la toute première fois de l’histoire : du 29 juillet en 2019, il était passé au 28 août.

"Les courgettes ne sont pas toutes vertes"

Valentin Rondot, jeune maraicher, s’est installé dans le sud de la Haute-Marne en mars dernier. Sur son exploitation, baptisée la ferme de la Fougère, pas question de faire autre chose que du bio. "Je ne fais pas tellement ça pour l’étiquette, explique-t-il, mais parce que les pratiques correspondent vraiment à la vision que j’ai de l’agriculture. C’est primordial de cultiver la terre sans l’abimer, sans bousculer son rythme."

"Ce qui m’intéresse, c’est d’échanger avec les gens, de leur faire découvrir autre chose. Parfois, les gens sont surpris de voir qu’il existe des courgettes jaunes, oranges, violettes, et pas seulement vertes avec un calibre parfait comme on voit sur les étals des supermarchés."

Pédaler pour moins polluer

Il y a tout juste un an, Jonathan Gaschen a lancé Ma Ville à Domicile, un service de livraison à vélo. "Ce n’est pas parce qu’on vit en zone rurale qu’on ne doit pas faire des efforts pour l’environnement, affirme-t-il. J’ai une petite fille de trois ans, j’ai envie de lui laisser une planète vivable. C’est ça qui m’a donné envie de me lancer."

Grace à son vélo électrique, Jonathan propose un service de livraison propre et local. Les particuliers comme les entreprises ont pris l’habitude de faire appel à lui. "Je crois que les gens ont envie de changer leur mode de consommation, confie-t-il. Il y a de plus en plus de gens qui délaisse la voiture pour aller travailler à vélo par exemple. Le coût du carburant y est sûrement pour quelque chose, mais je crois que les gens prennent aussi conscience de l’urgence écologique."

Qu’en pense-t-on dans les rues de Chaumont ?

Morgane l’avoue : l’écologie, ce n’est pas trop son truc. "Je ne fais pas le tri, je laisse parfois les lumières allumées, j’utilise beaucoup ma voiture. Bien sûr, je me rends compte que ça a un impact sur l’environnement, mais ce n’est pas ça qui changera les choses. J’ai l’impression que c’est déjà trop tard, alors à quoi bon changer mes habitudes ?"

Catherine, son mari et sa fille Lison, en revanche, essayent de faire attention. "Ce jour du dépassement, ça nous rappelle vraiment que la planète s’épuise chaque année un peu plus vite, affirme Catherine. Quand on voit ce qu’il se passe en ce moment, le réchauffement, les incendies, c’est vraiment parlant."

"À notre échelle, on essaye de faire ce qu’on peut : acheter local, diminuer le plastique. Mais on sait qu’on pourrait faire encore plus, comme diminuer les trajets en voiture par exemple."