Jour du dépassement de la Terre : en recul de trois semaines mais pas de quoi se réjouir pour les écologistes alsaciens

Le jour du dépassement de la Terre est fixé au 22 août 2020, date à laquelle les hommes auront épuisé les ressources que la planète peut renouveler en une année. En raison du coronavirus, cette date est en recul de trois semaines. Mais pas de quoi s'emballer pour les écologistes alsaciens.

En 2020, le jour du dépassement planétaire tombe trois semaines plus tard que l'an dernier.
En 2020, le jour du dépassement planétaire tombe trois semaines plus tard que l'an dernier. © Jean-Luc Flémal / Maxppp

La date est tombée. Selon Global Footprint Network, un organisme de recherche international, le jour du dépassement de la Terre aura lieu le 22 août, c'est-à-dire en recul de trois semaines par rapport à l'an passé. Ce recul historique est notamment lié au confinement. Une fausse bonne nouvelle pour les associations écologiques alsaciennes.

 

La crainte de la reprise

Loin d'être en recul l'an dernier, le jour du dépassement de la Terre est tombé le 29 juillet 2019. En 2020, le principal facteur constaté sont les mesures de confinement liées au coronavirus. Mais si les animaux ont repris du terrain et les avions sont restés sur le tarmac pendant plus de deux mois, la reprise des activités est bien en cours. "Pour nous, c’est juste une preuve que c’est un problème structurel. C’est la manière dont l’économie fonctionne aujourd’hui, on a dû passer par des mesures drastiques de confinement pour avoir ce résultat positif sur l’environnement", regrette Clément de l'association Alternatiba ANV-COP21.

 

 

Pas de quoi se réjouir non plus du côté du collectif Youth for climate Mulhouse. "Oui, la date a reculé, mais l’activité reprend, les mauvaises habitudes aussi", constate Shannon. Plus optimiste, Michaël souligne les "trois semaines de gagné. C’est peut-être le moment de partir sur de nouvelles bases parce que là on déconfine mais on repart vers le même mode de système."

Oui, la date a reculé, mais l’activité reprend, les mauvaises habitudes aussi.

- Shannon, membre de Youth for climate Mulhouse.

Pour ces militants, c'est bien le système capitaliste qu'il faut revoir et les bonnes habitudes qu'il faut garder. "Cela montre que ce n’est pas en faisant seulement des éoliennes ou des voitures électriques que ça changera, poursuit Clément, certaines activités économiques devront être abandonnées." Si un nouveau mode de vie a parfois été observé chez certains Alsaciens, ce changement ne concerne souvent qu'une poignée de personnes."Cette crise a permis une prise de conscience chez une partie de la population. Mais ça montre aussi l’extrême de ce qu’il faudrait faire pour en arriver là", déclare Juliette d'Extinction Rebellion (XR) Strasbourg. Pour elle, l'expression galvaudée "revenir à la normale", est surtout synonyme d'un retour au "monde d’avant."

 

 

"Reculer la date n’est pas la solution"

Pour les associations écologiques alsaciennes, la crise du covid19 doit appeller à la prise de décisions fortes de la part des politiques. "Ce qui m’inquiète, c’est au niveau des grandes entreprises avec des projets d’implantation. Je pense à Amazon qui menace des sites agricoles comme à Dambach-la-ville (Bas-Rhin). Il n’y a pas de repli politique par rapport à ce genre de projet et ce n’est pas le modèle qu’il faut développer", poursuit Juliette. Shannon est quant à elle plus radicale : "Reculer la date n’est pas la solution, l’objectif est de la faire disparaître."

 

 

Du jamais vu depuis les années 70

Pour arriver à la date du 22 août, l'organisme a calculé le nombre de jours durant lequels la planète est capable de subvenir à l'empreinte écologique de l'humanité. Sur le site du Global Footprint Network, chacun peut ainsi calculer sa propre empreinte écologique. Depuis les années 1970, la date du jour du dépassement planétaire s'est dégradée.

Et ce jour rime également avec mobilisation militante. "Ça permet d'inscrire cette action dans l’agenda politique", précise Clément d'Alternatiba ANV-COP21. Même son de cloche pour les autres associations et collectifs qui doivent encore réfléchir à leur prochaine action.

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