"Le tennis n'est plus tout seul", huit comités sportifs veulent recréer des Ligues d'Alsace

Football, tennis, aïkido ou encore rugby... au total, neuf comités sportifs lancent un appel ce 15 juin à la recréation des Ligues d'Alsace, remplacées par la Ligue Grand Est il y a quatre ans. Ils pointent notamment des dysfonctionnements à l'échelle régionale avec une Alsace "mise sous cloche."

Plusieurs comités sportifs alsaciens demandent la recréation des Ligues d'Alsace, supprimées en 2016.
Plusieurs comités sportifs alsaciens demandent la recréation des Ligues d'Alsace, supprimées en 2016. © Jean-Marc LOOS / Maxppp

En Alsace, le monde sportif est en ébullition. Ce 15 juin, neuf présidents de comités sportifs ont signé un appel à la recréation des Ligues d'Alsace. Les présidents des comités de football, de rugby, de handball, d'athlétisme, de savate boxe française et d'aïkido ont rejoint ceux du tennis dans leur volonté de s'émanciper de la Ligue Grand Est, créée en 2016. Au total, 120.000 licenciés sont concernés.

"Le tennis n’est plus tout seul. Ce qu’on ressentait dans notre coin, les autres le ressentait aussi", a réagi Stéphane Thomann, président du CD du Haut-Rhin de tennis et signataire de l'appel. Au mois de janvier, alors que la Ligue d'Alsace de tennis (LAT) venait de renaître, le président de la fédération française de tennis, Gilles Moretton, a mis fin à tous ses espoirs. Alors ce soutien des autres comités sportifs est le bienvenu. Les signataires précisent que ces nouvelles ligues seront créées à l'intérieur de la région Grand Est, sans sortir du cadre de la loi NOTRe, à l'origine des grandes régions. 

"Les clubs veulent plus de proximité"

"On a pris des claques dans le tennis, mais il fallait des précurseurs. On a contacté et mobilisé d'autres disciplines et il y en a une quantité d'autres qui n'ont pas eu le temps de signer", poursuit Stéphane Thomann. Cette fois, il revient en force et veut faire plier la fédération. Car derrière, il y a des centaines de licenciés, 27.000 pour le tennis et 80.000 pour le football. "Les clubs veulent plus de proximité, c'est essentiel, même pour nos bénévoles. Toutes les réunions et les assemblées sont loin, même les petits clubs se plaignent de ne pas voir les présidents, c’est toujours compliqué de contacter quelqu’un quand on a besoin." A l'instar du tennis, l'éloignement est la principale difficulté des footballeurs alsaciens. "De Reims à Mulhouse, il faut dire aux jeunes de partir se former à des kilomètres, ce n'est pas possible. Et cela engendre des coûts pour les clubs", explique Michel Aucourt, le président du District d'Alsace de football. Et d'après une étude économique menée par le District, le retour de la ligue n'entraînerait pas de frais supplémentaires. 

Référendum à la fin du mois de septembre  

Dans le Grand Est, les footballeurs alsaciens représentent 40% des licenciés. L'Alsace domine le terrain mais n'arrive pas à rayonner comme elle l'a fait pendant ses 96 années passé en Ligue. "Ces quatre dernières années ont montré que l'Alsace à la dimension d'une Ligue et pas d'un district. Nous avons un costume trop petit. Nous n'avons plus les mêmes marges de manoeuvre. L'Alsace est une terre d'innovation, un laboratoire. On travaillait aussi beaucoup avec l'Allemagne. Mais depuis, la Ligue Grand Est est comme un plafond de verre au-dessus de nos têtes. L'Alsace est mise sous cloche", poursuit le numéro 1 du foot alsacien, qui aimerait voir l'Alsace s'ajouter aux treize ligues déjà existantes en France. Lors d'un référendum prévu à la fin du mois de septembre, les 530 clubs de foot alsaciens pourront dire s'ils souhaitent ou non sortir de la Ligue du Grand Est.

Appel aux élus

Mais les signataires n'attendent pas seulement la réaction de leur fédération respective. A une semaine du premier tour des élections régionales, ils lancent un appel aux candidats. Quelques heures après la publication de leur tribune, Brigitte Klinkert leur a répondu dans un communiqué : "Brigitte Klinkert a affirmé que, Présidente de Région, elle soutiendrait toutes les initiatives locales des différents comités sportifs et leur garantirait le versement des subventions régionales auxquelles ils ont droit. (...) Ce soutien à l’appel des comités sportifs s’inscrit naturellement dans le programme de choc de décentralisation et de proximité que Brigitte Klinkert veut mener à l’échelle de la Région."

Reste à voir si tous les clubs seront traités de la même manière et auront le soutien de leur fédération. Si les Ligues d'Alsace revoient le jour, la question d'une ligue Lorraine-Champagne-Ardenne devra se poser. 

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