Les nappes phréatiques du Grand Est font le plein grâce aux précipitations importantes de janvier

En hiver, les nappes phréatiques font le plein d'eau. De tous les mois de janvier depuis 1959, celui de 2021 est le 7e plus arrosé. L'excédent pluviométrique est d'environ 50% sur la région, une bonne nouvelle après quatre années de sécheresse.

Il a beaucoup plu sur le Grand Est depuis le début de l'hiver.
Il a beaucoup plu sur le Grand Est depuis le début de l'hiver. © Pierre Heckler. MaxPPP.

Les nappes phréatiques du Grand Est sont globalement bien remplie fin janvier 2021. C'est ce que montre le dernier bilan de la Dreal, la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement. Parmi les 27 nappes surveillées, 18 ont un niveau supérieur ou équivalent à la moyenne, sept sont "modérément basses", tandis que deux autres présentent un niveau très bas.

La majorité des nappes phréatiques affichent un niveau satisfaisant.
La majorité des nappes phréatiques affichent un niveau satisfaisant. © Dreal Grand Est.
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"La situation est plus favorable que sur cette carte, au regard des précipations de fin janvier et début février, et des épisodes de crues", précise Xavier Marly, hydrogéologue à la Dreal Grand Est. La plupart des nappes au niveau "modérément bas" (jaune sur la carte) ont bénéficié d'une recharge significative début février.

Mois de janvier remarquable

Le mois de janvier 2021 fait partie des mois de janvier les plus arrosés depuis 1957. "Le cumul de précipitations est supérieur à la moyenne, et excédentaire partout dans la région," explique Xavier Marly. Il a beaucoup plu, notamment dans les 20 derniers jours de janvier.

La vague de froid de février 2021 n'a pas eu un impact particulièrement positif. "Quand les sols sont gelés, l'eau ne s'infiltre pas, et ne rejoint pas les nappes", décrit Xavier Marly.

L'hiver, saison de recharge

En hiver, une nappe phréatique se recharge ; en principe, il fait moins chaud que le reste de l'année, et il pleut davantage. Les arbres et les plantes n'ont pas ou que peu de feuilles : ils ne bloquent pas la pluie. Et la végétation consomme peu d'eau et ne repompe pas une partie de l'eau qui a déjà atteint le sol. Les nappes reçoivent plus d'eau, par ruissellement et infiltration. En un à deux mois de pluie, elles sont remplies.

Deux nappes du Grand Est affichent malgré tout des niveaux inquiétants. La nappe des GTI (Grès du Trias Inférieur), sous les quatre départements de la Lorraine, et la nappe des caillouttis du Sundgau, dans le sud du Haut-Rhin n'ont visiblement pas bénéficié des intempéries des dernières semaines.

Nappes à inertie

Ces deux nappes ont un fonctionnement particulier. "Ce sont des nappes à inertie, elles réagissent moins vite et il faut plus de temps pour voir les effets des précipitations sur leur niveau", explique Xavier Marly. Après quatre années de sécheresse dans la région, ces nappes accusent le coup.

A quoi s'attendre pour les prochains mois ? A Météo France, aucune tendance ne se distingue dans les prévisions climatiques. S'il est probable que le sud de l'Europe connaisse des températures plus chaudes que la normale, pour la France, rien n'est sûr. "Chacun de nos modèles de prévision donne un scénario différent, commente Gabriel Arnould, prévisionniste conseil à Météo France. Cela arrive parfois, et donc on ne sait pas si d'ici avril, il fera plus ou moins chaud, ou s'il y aura plus ou moins de précipitations que la normale."

 

 

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