Assemblée Nationale : à la veille du vote sur le traçage StopCovid, des députés forment un dixième groupe

Un dixième groupe voit le jour à l'Assemblée nationale, Agir Ensemble. Se situant résolument dans la majorité, il se veut constructif. Les Marnaises Lise Magnier, députée Agir, et Aïna Kuric, apparentée LREM, l'ont rejoint. Elles seront dans l'hémicycle pour examiner le projet de loi StopCovid.

Aïna Kuric : "je veux porter des projets et non pas une idéologie"
Aïna Kuric : "je veux porter des projets et non pas une idéologie" © Document remis
Les grandes manoeuvres se poursuivent à l'Assemblée Nationale. Quelques jours après la création d'un neuvième groupe qui avait fait perdre la majorité absolue à la majorité LREM, un dixième groupe vient de voir le jour au sein de l'hémicycle. Formé de sept députés En Marche et de dix députés Agir, il ambitionne de soutenir l'action du gouvernement et se veut constructif. Parmi eux, les députées marnaises Lise Magnier (Agir, la droite constructive) et Aïna Kuric (apparentée LREM).


Objectif : soutenir la majorité et porter des projets

Les deux femmes se défendent d'avoir voulu allumer un contre-feu après la création d'un neuvième groupe. Elles expliquent que ce groupe Agir Ensemble existe de manière informelle depuis un an. "Nous voulions le créer après les municipales mais la crise sanitaire nous en a empêché. C'est un groupe de travail, explique Aïna Kuric, députée de la Marne, dans lequel on peut travailler ensemble, mieux que dans un groupe de 300. Nous soutenons la majorité. Notre réussite sera collective, notre échec serait aussi collectif. C'est un soutien agile et vigilant."
 

Elles ont toutes les deux le sentiment qu'elles parviendront mieux à travailler, à faire émerger des idées, à porter des projets, dans un groupe de petite taille. "Les distances se sont creusées entre AGIR, le groupe que nous avions créé en 2017, et l'UDI. Dans ce nouveau groupe, ce sera plus facile de travailler. Chacun pourra trouver sa place", estime Lise Magnier.

Quant à Aïna Kuric, elle s'est déjà engagée dans des dossiers qui lui semblent majeurs pour l'avenir. "Nous avons deux projets principaux, explique-t-elle, le développement d'un revenu universel porté par une députée du groupe, et des objectifs de développement durable à l'horizon 2030; c'est le projet que je porte. J'ai d'ailleurs pris contact avec des parlementaires de tous les pays pour leur demander de prendre en compte 17 objectifs de développement durable. Je suis soutenue par la Banque mondiale. Je veux porter des projets plutôt que de l'idéologie. La démocratie doit reprendre toute sa place."
 
Prise de parole de Lise Magnier à l'Assemblée Nationale
Prise de parole de Lise Magnier à l'Assemblée Nationale © Document remis


Lise Magnier est consciente de certaines divergences de vue sur des dossiers épineux tels que la loi asile et immigration ou la loi anti casseurs que sa collègue avait refusé de voter, mais elle estime que tous les députés du groupe se rejoigent sur l'essentiel. "Nous sommes des hommes et des femmes de droite, humanistes, socio-libéraraux et pro-européen. Nous avons voulu créer un troisième pilier à la majorité présidentielle, aux côtés de LREM et du MODEM. Nous voulons porter ensemble un projet de sociétés même si chacun porte ses propres valeurs."

Cela semble bien parti. Les députées siègeront toutes les deux à l'Assemblée Nationale pour débattre et voter sur le controversé projet de loi de traçage StopCovid. Elles voteront pour, comme leur groupe Agir Ensemble.
 

Le groupe votera pour l'application StopCovid

C'est le gros dossier sur la table des députés. Le StopCovid, cette application destiné à retracer la circulation du virus en identifiant les personnes infectées et toutes les personnes contact. Il avait été retiré in extremis de la prolongation de la loi d'urgence sanitaire.

" Le groupe majoritaire est très divisé sur le StopCovid. Notre groupe va voter pour", annonce Aïna Kuric. Pourtant, Aïna Kuric a fait partie de ceux que demandaient que ce projet donne lieu à des débats et à un vote dédiés, car il pouvait porter atteinte aux libertés individuelles. "J'avais des inquiétudes, traquer les citoyens pouvait porter atteinte aux libertés individuelles. On allait pouvoir savoir où vous étiez, avec qui. Mais j'ai obtenu des réponses qui m'ont rassurée. Il n'y aura pas de géolocalisation, les données seront supprimées après quinze jours, tout se fera en bluetooth."

Aujourd'hui, elle est prête à voter pour ce système de traçage, auquel la CNIL (Commission nationale informatique et libertés), a finalement donné un avis favorable. Elle s'explique: "Je voterai pour. On doit vivre avec le virus. Il ne faut plus de confinement. On a vu les problèmes de décrochage scolaire que cela a provoqué chez certains enfants, les commerces qui vont fermer: on ne peut plus se permettre cela, même si bien sûr le confinement a permis de sauver des vies."

Lise Magnier, quant à elle, est favorable au StopCovid depuis le début: "C'est une application qui peut être utile pour lutter contre le virus. Elle repose sur la base du volontariat. Cet outil va pouvoir aider les "brigades d'anges gardiens" (chargées d'identifier les personnes qui auraient été proches d'un malade ndlr) et éviter les nouveaux foyers de virus".

Si elle est votée par les députés puis par les sénateurs, l'application StopCovid sera disponible dès le week-end prochain.
De leur côté, en créant ce nouveau groupe, les députés accèdent à une certaine autonomie. Cela leur donne également une tribune. Une façon de sortir du lot et de se distinguer pour mieux compter dans la vie publique.
 
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