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3 raisons de regarder le documentaire “Les enfants des planches” lundi après le Soir 3

© France Télévisions / ViàVosges
© France Télévisions / ViàVosges

Il s'appelait Denko Sissoko. Un jeune homme venu d'un autre pays. Son destin, tragique, a bouleversé le quotidien de ses compagnons de route et a libéré leur parole. Ne manquez pas "Les enfants des planches", un autre regard proposé par Reza Serkanian.

Par Sophie Gueffier

À la mémoire de Denko Sissoko.
C'est un fait-divers tragique qui sert de toile de fond à ce documentaire plein de vie. Le 6 janvier 2017, le jeune homme originaire du Mali se jette du huitième étage d'un immeuble de Châlons-en-Champagne.
L'été qui a suivi le drame, ses compagnons de foyer ont participé à un atelier-théâtre, sous le regard bienveillant de Marie-Pierre, et ont créé un spectacle tiré de leurs témoignages. Fort, drôle et déchirant. 
"Les enfants des planches" c'est à voir lundi 3 juin après le Soir 3. 

1 - Rejoindre une jeunesse sur un parcours qui n'en finit pas

Je ne suis pas un étranger puisque je suis un migrant. Un migrant c'est un voyageur qui va d'un pays à un autre.

Sekou, Maria, Gaye, Salma, Mamadou, Koroba, Emmanuel, Kevin et les autres sont parvenus jusqu'en France, à Châlons-en-Champagne à l'issue d'indicibles odyssées. Ils sont tous mineurs, sont venus seuls, ou accompagnés, de leurs pays natal, le Mali, la Russie, le Nigeria, de Côte d'Ivoire ou d'autre nations africaines. Les raisons de leur exil leurs sont propres, mais souvent il s'agit de fuir une réalité effrayante, une guerre, un massacre perpétué par Boko Haram... Ce qu'ils ont trouvé ici, est loin de l'idée qu'ils s'en faisaient. Leur chemin vers la liberté et la sécurité n'est pas prêt d'être terminé. Pourtant l'un d'eux explique face au rejet dont il est victime: 

On ne vient pas dans l'intention de faire quelque chose de mal. On a quitté une situation qui n'a pas été favorable à notre égard.

Et leur déconvenue vient de leur incompréhension face à ce rejet. 

Je suis venu chercher une vie meilleure, je suis sur le chemin.  Je veux être dans la société, m'intégrer

2 - Apprendre à partager des souvenirs qui font mal

Cela nous paraît évident, à nous, Occidentaux, de parler, de vider son sac. "La parole libère" nous a-t-on appris.
Leur sac est lourd, à tous ces jeunes, leur chemin a été long et semé d'embûches. Pourtant, leurs cultures ne leur ont pas appris à libérer leur parole. Aller chez le psychologue, c'est un peu croire que l'on est fou. Alors il faut trouver d'autres chemins pour que la parole se lâche. L'atelier theâtre servira de vecteur. Les apprentis comédiens doivent apprendre à se faire confiance et pour cela, il doivent se connaître. Pour se connaître ils doivent parvenir à se raconter leurs histoires respectives. À travers, leurs silences, leurs colères, leurs sanglots retenus et même leurs rires, quand Mamadou raconte l'histoire de sa brebis, ils se rencontrent enfin.
Petit à petit, leurs peurs, leurs fatigues et leurs espoirs se dessinent. Et la pièce prend forme

À travers le théâtre tu arrives à faire sortir des choses de toi et ça fait du bien.

3 - Mettre un terme à la souffrance 

Ils savent tous pourquoi ils ont quitté leur pays. Certains d'entre eux s'attendaient à des difficultés, d'autres n'ont rien imaginé. Tous ont été confrontés au pire.

Lorsque tu es en Lybie, dis-toi que tu es déjà mort. Tous ceux qui y sont passés le savent.

Mais l'ultime épreuve de la mer dépassée, ils prétendaient au repos, à l'accueil, et à une vie meilleure. Leur calvaire pourtant se prolonge. Confrontés à la suspicion, au rejet et au racisme, ils n'arrivent pas à retrouver un équilibre.

Ici, on meurt mentalement. On m'a fait passer le test osseux et on m'a dit que tout ce que j'avais dit était mensonges. Ça tue. Plus que tout ce que j'ai fui dans mon pays. 

Un autre explique encore:

Je n'ai plus de parents, ici j'ai perdu ma vie. Je ne suis rien, comme je n'étais rien au pays. Je suis trop fatigué.

Sur scène, ils crient à tour de rôle "Je ne suis pas venu ici pour souffrir. Ok ?"

Leur compagnon d'infortune, Denko en a eu assez de souffrir.

Marie-Pierre, "la bonne femme", Maria, la maman russe, les bénévoles de RESF, de la Cimade, de la Comète et les éducateurs ont choisi d'accompagner tous ces jeunes, de les aider à retrouver le chemin de l'humanité et de fraternité.

À travers leurs exemples et de nombreux autres, la France cherche encore à mériter sa devise. 


 

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