Marne : dernière récolte du miel d’été en Champagne, "on va dans le bon sens avec les agriculteurs"

La récolte d’été du miel a commencé il y a quelques jours, après la dernière floraison du châtaignier et de la luzerne dans la Marne, une belle année pour cet apiculteur bio que nous avons rencontré, dimanche 6 septembre, sur la montagne de Reims. 
 
Marc-Antoine Janody avec ses ruches en Montagne de Reims
Marc-Antoine Janody avec ses ruches en Montagne de Reims © Paul-Antoine Boudet, FTV

Des terres propices à la production de miel

Équipé de sa combinaison, muni d’un enfumoir, Marc-Antoine Janody, apiculteur depuis dix ans au cœur de la Montagne de Reims, s’approche précautionneusement de ses ruches en bordure de forêt. "C’est un bel emplacement pour les abeilles ici, le miel d’été ou miel de forêt prend fin avec ce dernier prélèvement, la saison a été sèche mais je suis confiant", explique Marc-Antoine.

Il endort délicatement les ouvrières à l’aide de son enfumoir, cela permet de les calmer, car même en ce début Septembre une forte activité règne dans cette colonie. Il retire avec délicatesse les cadres gorgés de miel en prenant soin de ne pas abimer le précieux nectar de la partie supérieure de chaque ruche.
Les cadres avant la récupération du miel
Les cadres avant la récupération du miel © Paul-Antoine Boudet, FTV

"C’est la deuxième récolte de l’année, et celle-ci promet un beau rendement avec une belle qualité, grâce notamment aux conditions climatiques exceptionnelles que nous avons eu durant l’été, globalement nous avons eu une récolte précoce sur le miel de Printemps avec le colza et l’aubépine, mais il a fallu déplacer les ruches pour se rapprocher des luzernes", précise Marc-Antoine.

L’amour de la nature

Cet apiculteur, converti en apiculture biologique depuis 2016 est un véritable passionné des plantes, de la nature, des animaux, mais aussi de la cuisine, c’est en 2011 qu’il fait l’acquisition de ses premières ruches au sein du Parc Naturel de la Montagne de Reims.

C’est un métier de passion, nous avons beaucoup à apprendre des abeilles.

 Marc-Antoine, apiculteur



C’est au fil de ses balades à travers la Champagne, qu’il trouve de nouveaux emplacements potentiellement mellifères, il disposera ses ruches sur plus de quatorze emplacements entre plaines et vignobles au sein du Parc Naturel de la Montagne de Reims. "Si les emplacements sont bien choisis nous avons un miel de qualité avec un bon rendement, notamment grâce aux châtaigniers fortement présents dans la Montagne de Reims", précise Marc-Antoine.
La reine est marquée par l’apiculteur afin de la repérer rapidement au sein du rucher
La reine est marquée par l’apiculteur afin de la repérer rapidement au sein du rucher © Paul-Antoine Boudet, FTV


Marc-Antoine possède un cheptel de 200 ruches, soit plus de 60 000 abeilles noires de Champagne qui vont évoluer dans une zone de butinage exempte de toute pollution agricole et industrielle dans un rayon de trois kilomètres autour de la ruche. Cette certification bio repose sur un cahier des charges national et européen. "Ca fait sourire quand je dis que mes ruches sont à côté des vignes, les vignes ne sont pas une ressource pour les abeilles, le nectar n’est pas pollué par le raisin", confie Marc Antoine.
L’emplacement des ruches est important pour la récolte du miel.
L’emplacement des ruches est important pour la récolte du miel. © Paul-Antoine Boudet, FTV

En Champagne, l’abeille mellifère est synonyme de biodiversité, et pour produire un kilo de miel il faut environ 4 millions de fleurs, elles peuvent parcourir 150.000 km. Chez Marc-Antoine les abeilles se nourrissent principalement de la luzerne, une des productions importantes dans la Marne qui ne demande aucun traitement chimique, mais aussi de fleurs de châtaigner et de fleurs de ronce présentes en abondance dans les forêts marnaises.

De la ruche au pot de miel

A quelques kilomètres de là se trouve la miellerie ou règne une température ambiante de 25 degrés. Les cadres ont été débarrassés de leurs opercules, avant d’être placés dans une centrifugeuse pendant dix minutes libérant ainsi le nectar. "Les gens préfèrent le miel quand il est crémeux, j’utilise un miel à cristallisation fine pour une belle douceur, il n’y a aucune transformation sur notre miel", explique l'apiculteur.
Les cadres sont déposés dans la centrifugeuse
Les cadres sont déposés dans la centrifugeuse © Paul-Antoine Boudet, FTV

Après l’avoir filtré le miel est directement conditionné en bocaux ou en fûts de grandes capacités. Le miel de luzerne récolté actuellement est clair, sa cristallisation est en générale fine, son goût se rapproche du miel d’acacia et est très apprécié des amateurs de miel. Marc-Antoine mettra ainsi sur cette année plus de huit tonnes de miel en bocaux, une année riche et qualitative.
Le miel extrait s'écoule lentement
Le miel extrait s'écoule lentement © Paul-Antoine Boudet, FTV

Un repos bien mérité pour les abeilles

Durant l’automne et l’hiver, les abeilles vont se reposer et se nourrir dans les ruches. Contrairement à certaines idées reçues une abeille n’hiberne pas, elle continue à évoluer au sein de la ruche et à protéger la reine. Au cœur de la ruche une température chaude doit être maintenue afin d’assurer la survie de la colonie, une abeille a une durée de vie de 30 jours en été.

"Les colonies sont en bonne forme, nous avons eu un beau mois d’Août, nous n'avons quasiment pas eu besoin de les nourrir et ça, c’est un bon signe" Marc-Antoine se dit confiant aussi par raport aux pratiques agricoles. "Nous allons du bon côté des choses avec des traitements de plus en plus raisonnés, il faut travailler avec les agriculteurs sur une concertation globale afin de maintenir un véritable équilibre écologique", rajoute Marc-Antoine.
Cet hiver, elles resteront dans ce champ, au cœur de la forêt
Cet hiver, elles resteront dans ce champ, au cœur de la forêt © Paul-Antoine Boudet, FTV

Les abeilles doivent reconstruire leur stock de miel pour passer l’hiver. En effet, la consommation hivernale mensuelle se situe entre deux et quatre kilos de miel par ruche. Si la nourriture n’est pas suffisante, Marc-Antoine leur donnera les résidus de la production annuelle afin d’assurer leur survie.

Un miel sur les tables des grands chefs étoilés

La vision de notre dessinateur artistique, Thierry Doudoux sur la fin de cette saison
La vision de notre dessinateur artistique, Thierry Doudoux sur la fin de cette saison © Thierry Doudoux

Après une lente décantation, Marc-Antoine sillonera et présentera son miel sur les grandes tables de la région, notamment avec le chef étoilé Arnaud Lallement qui utilise son miel pour la préparation de certains plats dans son restaurant gastronomique. Le miel de Champagne et de la Montagne de Reims se forge une belle réputation pour le plus grand bonheur de nos papilles.








 
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