Le confinement vu par l'athlète Pascal Martinot-Lagarde : "Nous en sortirons grandis"

Célébrité ou anonyme, aucun Français n’échappe au confinement lié au coronavirus. Mais comment les personnalités originaires de Champagne-Ardenne vivent-elles cette période particulière ? Cet épisode vous emmène chez l'un des plus illustres athlètes du Creps de Reims : Pascal Martinot-Lagarde.

Pascal Martinot-Lagarde, médaille de bronze du 110 mètres haies aux mondiaux d'athlétisme de Doha (2019).
Pascal Martinot-Lagarde, médaille de bronze du 110 mètres haies aux mondiaux d'athlétisme de Doha (2019). © Robert Ghement / MaxPPP
Passer du sport de haut niveau au confinement total. Vu de loin, la transition peut paraître brutale. Pas pour Pascal Martinot-Lagarde. Pensionnaire au Creps de Reims, l’actuel détenteur du record de France de 110 mètres haies, médaille de bronze aux championnats du monde 2019 de Doha, affirme aborder cette situation “de façon positive”. Son entraînement ? “Je m’adapte”, assure-t-il. Le report des Jeux olympiques ? “Je suis soulagé”, confie-t-il. Ajoutez à cela l’amour qu’il porte à son canapé ainsi que la passion qu’il se découvre pour le ménage, et vous obtiendrez un athlète plus flegmatique et décontracté que jamais à l’heure d’affronter le confinement.

France 3 Champagne-Ardenne : Où et avec qui êtes-vous confiné?

Pascal Martinot-Lagarde : Je n’ai pas bougé de ma maison ! Je suis avec ma femme, mes enfants de deux et trois ans, et mes beaux-enfants de douze et treize ans. Nous nous sommes retrouvés à six ! Je suis chez moi, en région parisienne. Le jour de l’allocution d’Emmanuel Macron, je revenais dans le Grand Est pour reprendre mon entraînement après la coupure hivernale. Quand j’ai appris la nouvelle, je suis rentré retrouver ma famille.

Passer ma journée sur mon canapé à jouer à la console et regarder des séries [...] C’est déjà ma vie, en fait !


Comment vivez-vous ce confinement ? À quoi ressemblent vos journées ?

Bah moi, je suis d’un naturel positif ! Je vis cela comme une aventure. J’ai hâte que tout se termine pour que dans quelques années, on puisse raconter cela comme une anecdote, dire à nos enfants que l’on a survécu ! C’est une épreuve, mais je ne me suis pas mis à déprimer, à me dire que c’était la fin du monde. Et il y a un truc qu’il faut savoir : nous, les sportifs de haut niveau, nous nous entraînons, certes, mais nous sommes casaniers ! Après l’entraînement, il faut se reposer un maximum pour récupérer. Donc passer ma journée sur mon canapé à jouer à la console et regarder des séries, ça ne me dérange pas du tout ! C’est déjà ma vie, en fait! Il y a juste la partie liée à l’entraînement qui manque.
 
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Justement, en tant que sportif confiné qui ne peut plus s’exercer normalement, comment vous adaptez-vous ? Et surtout, quel est l’objectif : maintenir le même entraînement avec les moyens du bord, ou bien “limiter la casse” ?

Un peu des deux. Avant l’annonce du report des Jeux olympiques, il était nécessaire que je garde le même entraînement, le “vrai”. Je faisais tous les jours des squats, du gainage, des abdos, de la musculation avec le poids du corps, etc. Pour le cardio, en respectant les règles sécuritaires de sortie, je courais dans ma rue, je faisais du fractionné en sprintant. Si cela avait duré trop longtemps, au bout d’un moment, j’aurais eu besoin de mes pointes, de mes haies, et de tout le matériel pour ne pas être trop pénalisé quand arriverait la compétition. Mais quand j’ai su que les Jeux olympiques étaient reportés, tout de suite, j’ai baissé le régime ! C’est normal, on a une baisse de motivation. Maintenant, je ne suis plus un programme de haut niveau. Je fais du sport “santé”, pour ne pas perdre de masse musculaire, me maintenir en forme et ne pas prendre de poids.

Vous évoquez les Jeux olympiques. Comment avez-vous vécu le flou qui a précédé l’annonce de leur report ?

C’était chiant d’être dans l’inconnu. J’avais l’impression de me préparer dans le vide. Au moins, à présent, on connaît le fin mot de l’histoire. Au-delà de la décision finale, j’avais besoin d’être fixé. Quand le report a été officialisé, je me suis dit : “Pfiou ! Enfin !” Honnêtement, j’étais soulagé  On connaît la période. Parfait ! On a une target ! On y va ! Après, il reste encore une incertitude : les championnats d’Europe, qui sont prévus fin août. Cela va peut-être devenir le seul et dernier objectif de l’année. On verra bien ce qui sera décidé.
 

Qu’est-ce qui vous manque le plus dans votre routine d’entraînement au Creps de Reims ?

Franchement, dès qu’ils vont nous donner le feu vert pour sortir, je vais foncer à la salle et soulever trois tonnes ! Je vais travailler comme un malade pour me défouler ! Tous les jours ! Là, il y a un effet de frustration, même en faisant du sport chez moi… Ce n’est pas pareil.

Je n’ai qu’une hâte : revenir vous en mettre plein les yeux !


Vous publiez énormément de vidéos sur les réseaux sociaux. Vous dispensez notamment des conseils d’entraînement pour garder la forme. Pourquoi est-ce si important pour vous ?

Déjà, moi, le message que j’essaye de mettre en avant, c’est : “Restez chez vous !” Je partage un max d’exercices que les gens peuvent faire en restant à la maison. Vous me connaissez en tant que champion. Mon rôle, d’habitude, c’est de briller à travers mes performances. Là, je suis coincé à la maison comme tout le monde. Mon rôle n’est plus le même : je dois être exemplaire, montrer la voie à suivre. J’encourage. Je montre que l’on peut s’entraîner même quand on n'a rien chez soi, pour que les gens restent confinés un maximum. Quand tout cela sera fini, bah je reviendrai à mon premier job, celui de sportif de haut niveau. Parce que je n’ai qu’une hâte : revenir vous en mettre plein les yeux !
 

Pour beaucoup de célébrités, ce confinement semble avoir été l’opportunité, à travers internet, de se rapprocher des Français. Vous partagez ce sentiment ?

Franchement, je trouve qu’il y a du bon dans la situation que l’on vit ! Internet n’a jamais été aussi créatif. Tous les jours, on voit apparaître de nouvelles mobilisations pour le corps médical. Il y plein d’opérations de solidarité. Nous sommes tous dans le même bâteau. J’aime bien ! Il n’y a pas que du négatif dans ce confinement. Cela va marquer le monde. Je le vis bien. Nous allons en sortir grandis !
 

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