Mort du petit Tony à Reims : "J'ai toujours répondu par la violence", concède Loic Vantal à la barre

La parole est aux deux accusés en ce quatrième jour du procès. Après Caroline Létoile, la mère de Tony, c'est au tour du compagnon de Caroline, Loic Vantal, de passer devant la cour d'assises de Reims ce jeudi. Revivez les moments forts de la quatrième journée de procès.

"Je suis venu ici, depuis lundi, pour rétablir toute la vérité", assène Loic Vantal. "Aujourd'hui, on doit vous croire ?", demande l'avocat général. "Je suis là dans une démarche sincère", répond celui qui est poursuivi pour "violences ayant entraîné la mort sur mineur de moins de 15 ans". Depuis lundi 1er février, cet homme de 28 ans comparait pour les coups mortels qu'il est accusé d'avoir assénés à Tony, "un p'tit bonhomme" de trois ans et demi.

Ce jeudi 4 février, c'est la première fois qu'il est entendu par la cour. "Est-ce que vous pouvez résumer ce que vous avez fait à Tony en quelques mots ?", lui demande l'avocat général. "Je l'ai frappé, je lui ai fait du mal, je l'ai terrorisé. J'ai entraîné sa mort", résume le gaillard d'un bon mètre quatre-vingt. "Je me demandais si vous alliez prononcer ce mot…", enchaîne Matthieu Bourette. "Vous croyez quoi ? Vous pensez que je ne sais pas pourquoi je suis là ?", rétorque le Marnais, un peu agacé. "Il y a quatre ans, vous vous seriez arrêté à quel mot ? Aux coups ? Terrorisé ? A lui avoir fait du mal ?", relance l'avocat général. "Oui c'est ça", acquiesce Vantal. "Est-ce que vous l'avez tué ?" insiste le magistrat. "J'ai entraîné sa mort, je l'ai pas tué. Ce n'était pas intentionnel." 

Une autre question est suspendue aux lèvres de l'auditoire. Comment cet homme, âgé de 24 ans au moment des faits, qui mesure plus d'un mètre quatre-vingt, peut-il exercer une telle violence sur un enfant de trois ans et demi ? "Ça ne vous arrêtait pas de le voir avec des bosses, des contusions ?, s'inquiète un avocat. Le simple fait de le frapper, vous ne vous disiez pas, c'est bon, il a eu sa dose ?" Tête baissée, Loic Vantal répond : "A ce moment-là, non. C'est que le jour du drame que je me suis rendu compte." Il encourt trente ans de réclusion criminelle. 

 

  • "Jamais je n'ai voulu protéger Loic Vantal, je n'ai pas fait ça par amour", affirme Caroline Létoile mercredi. Pourquoi ? C'est la question qui est le plus revenue ce jeudi lors de l'audition de Caroline Létoile. Pourquoi n'est-elle pas intervenue lorsque son compagnon, Loïc Vantal frappait son fils ? "J'ai envie de dire que j'avais peur", répond Caroline Létoile."Pourquoi, quand les violences commencent à dégénérer, pourquoi vous ne prenez pas la porte ?", lui demande un assesseur. "Il a su trouver les mots, il m'a dit qu'il allait changer", balbutie la jeune femme. La veille, un expert psychologue affirmait que si Caroline Létoile n'avait rien fait, c'était pour protéger son compagnon. Ce qu'elle réfute en bloc : "Jamais je n'ai voulu le protéger. Je n'ai pas fait ça par amour, surtout pour lui. Il faut que j'arrive à expliquer cette peur. J'ai beaucoup de mal à trouver les mots." 

 

  • Après les témoins et les experts, place aux accusés. Loïc Vantal et Caroline Létoile, comparaissent devant la cour d'assises de Reims depuis lundi 1er février. La cour est réunie pour lever le voile sur les circonstances de la mort de Tony, âgé de trois ans et demi quand il a succombé aux coups mortels assénés par le compagnon de sa mère. Ce dernier est poursuivi pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur un mineur de moins de quinze ans". Sa mère est accusée de "non-dénonciation de mauvais traitements" et "non-assistance à personne en danger". 

 

  • Les experts décrivent Caroline Létoile comme "immature", "timide" et "effacée". A la barre ce mercredi, Marie-Mathilde Richard, chargée de l'enquête de personnalité de la jeune femme, décrit la mère de Tony : "Elle ne se présente pas comme victime, mais elle subit. Elle accepte. Elle se laisse vivre." Selon l'experte, Caroline Létoile "a besoin d'avoir un petit ami, elle ne peut pas rester seule. Elle a peur d'être seule dans cet appartement avec son fils. Elle a besoin d'être poussée, soutenue, portée." Selon ses avocates, si la mère de Tony n'a pas protégé son fils, c'est qu'elle était sous l'emprise de son compagnon. Mais pour Jean-Luc Ploye, docteur en psychologie, malgré sa timidité, Caroline Létoile "a une faculté d'agir et de réagir par elle-même. Elle peut prendre des initiatives, si elle l'a choisi, si elle l'a décidé." 

 

  • Pour Loic Vantal, Tony "était un rival, qu'il fallait soumettre et contraindre", analysent les experts. C'est ainsi que Loic Vantal perçoit le fils de sa compagne Caroline Létoile, selon l'analyse du psychiatre Hugues Collin. Interrogé par la cour mercredi, l'expert dresse un portrait peu élogieux de l'accusé. "Vantard", "volage""obsédé par le sexe", Loïc Vantal est dépeint comme un homme qui "n'accepte pas d'être contraint" ou d'être "bridé dans ses besoins d'expression". Quant à ses actes sur Tony, le psychiatre le concède, Loïc Vantal "est effrayant quand il me dit qu'il lui met des claques, que le petit tombe par terre, saigne du nez, se relève, et je lui remets deux droites." 
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