Mort du petit Tony à Reims : pour Loic Vantal, "l'enfant était un rival, qu'il fallait soumettre et contraindre"

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Écrit par Florence Morel .

C'est avec ces mots que le psychiatre Hugues Collin a qualifié Loic Vantal, accusé d'avoir asséné des coups mortels à Tony en 2016. Revivez les temps forts du troisième jour du procès aux assises de la Marne.

"Tony était un rival, qu'il fallait soumettre et contraindre, indocile qu'il fallait dresser." C'est ainsi Loic Vantal, accusé de "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur un mineur de 15 ans", perçoit le fils de sa compagne Caroline Létoile, selon l'analyse du psychiatre Hugues Collin. Interrogé à la cour d'assises de la Marne, l'expert dresse un portrait peu élogieux de l'accusé. "Vantard", "volage", "obsédé par le sexe", Loic Vantal est dépeint comme un homme qui "n'accepte pas d'être contraint" ou d'être "bridé dans ses besoins d'expression".

Un autre point attire l'attention. "Loïc apparait 'navré' de la mort de l'enfant. Cela me semble être un terme un peu léger", relève la présidente. Ce à quoi le psychiatre répond : "Il était touché d'avoir tué un enfant, il n'est pas insensible, il n'est pas amoral. Mais il était plus touché par l'image que cela renvoyait aux autres. Dans cette affaire, le plus important pour lui c'est qu'il ne peut pas dire que c'est la faute de l'autre." Car jusqu'ici, Vantal avait toujours su expliquer que ses précédentes incarcérations (une pour l'incendie d'un bar rémois et l'autre pour des faits de violence et d'incendie), étaient dues à "de la malchance" ou "la faute des autres". Quant à ses actes sur Tony, le psychiatre le concède, Loïc Vantal "est effrayant quand il me dit qu'il lui met des claques, que le petit tombe par terre, saigne du nez, se relève, et je lui remets deux droites." 

 

 

Caroline Létoile est "immature", "timide", "effacée", selon les expertes de personnalité. Ce sont les mots utilisés par une experte en charge de l'enquête de personnalité de la mère de Tony. Cette dernière est poursuivie pour "non-dénonciation de mauvais traitements" et "non-assistance à personne en danger". A la barre ce mercredi, l'experte décrit la jeune femme : "Elle brille par son absence. Et même quand elle est présente, elle n'est pas vraiment là, en tout cas, c'est ce que disent ses professeurs, analyse-t-elle. Elle ne se présente pas comme victime, mais elle subit. Elle accepte. Elle se laisse vivre." Selon l'experte, Caroline Létoile "a besoin d'avoir un petit ami, elle ne peut pas rester seule. Elle a peur d'être seule dans cet appartement avec son fils. Elle a besoin d'être poussée, soutenue, portée." Quand on lui demande si elle trouve l'accusée immature, la spécialiste répond immédiatement : "Oui. C'est une grande enfant. J'ai une jeune femme en face de moi, ce pourrait être une adolescente." Quant aux violences qu'elle aurait subies de la part de son compagnon, poursuivi pour "violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et "violences répétées sur mineur de 15 ans", l'experte affirme que Caroline Létoile l'a mentionné à "une seule reprise pour Loïc Vantal. Elle aurait pris un seul coup-de-poing, le matin du 26 novembre".

"Je pense qu’il m’appelait à l’aide", témoigne la grand-mère de Tony. C'est un témoignage poignant que livre Mireille Tabary ce mercredi. En septembre de cette année, elle ne constate aucun changement dans le comportement de son petit-fils. Mais fin octobre, quand elle le prend pour les vacances de la Toussaint, Tony n'est plus le même. "Il ne voulait plus que je le lave, il avait peur des hommes, se remémore Mireille Tabary. Son grand-père était alité et avant, Tony jouait beaucoup avec lui. Il prenait une petite moto à côté de son lit. Je me suis demandé pourquoi il n'allait plus avec son grand-père, alors qu'il était alité, Tony n'allait plus vers son père non plus. Il dormait même avec moi, il voulait à tout prix dormir avec moi." Très vite, la grand-mère soupçonne Loïc Vantal d'être violent avec son petit-fils, après une violente altercation entre lui et Anthony Alves. Elle envoie un SMS à Caroline Létoile, en qui elle dit avoir confiance, pour savoir comment Tony allait. "Elle m'a répondu que je ne le verrai plus." Après un échange de SMS, elle se rend au tribunal pour obtenir la garde du petit. Une jurée demande à Mireille Tabary : "Quand vous avez demandé la garde ? Il y a eu des suites ?" "- Non, c'était trop tard, le petit était décédé."

"Je ne vous réponds plus du tout. Vous voulez quoi ? Que je pète un câble ? C'est quoi le but là ?", s'énerve Anthony Alves, le père biologique de Tony. Il se tient droit, face à la présidente du tribunal de Reims. Le père biologique de Tony, battu à mort en novembre 2016, est entendu à la barre des assises de la Marne ce mercredi. Quand la présidente du tribunal, Hélène Langlois, lui demande depuis quand son fils a changé de comportement, Anthony Alves est catégorique : "Depuis qu'il est venu dans sa vie." "- C'est-à-dire ?" "-Depuis qu'elle s'est mise avec Loïc Vantal."

"Je me mettais entre les deux pour pas qu'il le frappe. Le père de Loïc le battait", raconte la mère de l'accusé. Chantal, la mère de Loïc Vantal a comparu tard, mardi 2 février, à la cour d'assises de la Marne. Atteinte d'une pancréatite et victimes de troubles de mémoire, elle s'est montrée très affaiblie. "Comment je peux vous expliquer que je perds la mémoire ?", demande-t-elle à la cour. Déjà, avec tout ça, je suis perturbée". Elle tente de se rappeler quand les "violences ont commencé. Quand il a 14, 15 ans. Loïc devait avoir 12 ans, croit se rappeler la sexagénaire. Quand il faisait du sport, il y avait toujours la troisième mi-temps." Quand la présidente lui demande si son fils était un enfant difficile, elle répond : "Difficile oui, mais violent, plus tard. Il m'a massacré l'intérieur de la maison, il a fracassé les portes quand il a commencé à boire."  Après une longue audition, un membre de la cour lui demande : "Reconnaissez-vous des qualités à votre fils ?" Grand silence. "Je cherche, mais il faut savoir lesquelles", cherche l'ex-ouvrière. Dans son box, son fils fixe le sol. "Avec tout ce qu'il me ment..., marmonne-t-elle. Gentil, on ne peut pas dire gentil. Et puis avec tout ce qu'il me ment. Vraiment, je ne vois pas."

"Quand j'ai appris le drame, je ne savais pas que mon petit-fils vivait ce calvaire. Je ne voyais plus ma fille, plus personne", affirme la mère de Caroline Létoile. "Caroline était réservée, timide, encore maintenant elle ne parle pas beaucoup. Pour se confier, il faut poser des questions", raconte Marie-José J. Elle explique que tout a changé à partir du moment où Loïc Vantal est entré dans la vie de sa fille. "La coupure a été rapide, on se voyait régulièrement et puis d’un seul coup plus rien". Pendant son audition, les avocates de Caroline Létoile apprennent à Marie-José J. que Caroline a été touchée par le compagnon de sa soeur Cassandra, de qui elle est très proche. Agacée, Marie-José J. est sur la défensive. "Je n'étais pas présente." A cette évocation, sa fille fond en larmes. "Je sais pas, on m'a dit qu'ils étaient consentants tous les deux, qu'ils avaient bu, l'alcool...", poursuit Marie-José. "Elle ne boit pas Caroline ! Elle ment ?", attaque l'avocate. "Non", marmonne la mère. "Elle ne boit pas et vous croyez encore qu'elle était consentante ?" "- Je ne sais pas." "- Et vous vous étonnez encore qu'elle se confie peu à vous ?", questionne l'avocate. La mère acquiesce, en silence.

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